Depuis la création des galeries historiques de Versailles inaugurées en 1837, la politique d'acquisition du château de Versailles a évolué et se concentre sur plusieurs catégories d'objets. En premier lieu, l’acquisition d’objets (meubles, bronzes, porcelaines, tableaux, dessins, sculptures ou manuscrits) présents autrefois à Versailles permet de mieux évoquer l'aspect que pouvait avoir le Château du temps où il était habité ainsi que la vie à la Cour. En parallèle, l'entrée de documents peints, dessinés, photographiés ou écrits vient régulièrement compléter les connaissances sur le Château, le Domaine et leur évolution. Enfin, le fonds iconographique constitué depuis Louis-Philippe est enrichi par de nouvelles œuvres destinées à représenter les personnages ou illustrer les périodes de l'histoire de France que l'on retrouve dans les galeries du château.

Les acquisitions de 2016

 

Les acquisitions par année

Retrouvez les acquisitions du Château de Versailles sur le site des Collections :

 

Sélection d'oeuvres 

2015

 

Bureau de Louis XIV réalisé par Alexandre-Jean Oppenordt (1639-1715)

Novembre 2015

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Après 264 années d'absence, le bureau du roi Louis XIV retrouve le château de Versailles. Classé Trésor National, il a été préempté par l’Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles en novembre 2015.

Ce bureau brisé, livré en 1685, est en chêne, placage d’ébène et palissandre de Rio. Le chiffre du roi est omniprésent dans la marqueterie de laiton et d’écaille rouge gravée. Le bureau fait partie d’une paire commandée par les Bâtiments du roi pour le Cabinet où le roi écrit, cabinet privé en arrière de la galerie des Glaces à l’emplacement de l’actuelle pièce des bains de Louis XVI. Son pendant est actuellement conservé au Metropolitan Museum de New York.   

Un certain nombre de documents révèlent le nom des artisans qui sont intervenus sur ce meuble et notamment Alexandre-Jean Oppenordt, ébéniste ordinaire du roi. L’exubérance des arabesques du plateau rappelle fortement les compositions du dessinateur de la Chambre du roi, Jean Ier Bérain. Jugé démodé et vendu en 1751, il se retrouve en Angleterre au XIXe siècle dans les collections du baron Ferdinand James Anselm de Rothschild (1839-1898). Il est alors transformé en secrétaire à pente. 

L’acquisition de ce meuble, grâce, notamment, au concours de la Société des Amis de Versailles, l’une des rarissimes pièces d’ébénisterie réalisée pour Louis XIV et de surcroît pour Versailles, constitue un enrichissement considérable pour les collections du musée. Après sa restauration, il sera présenté dans le salon de l’Abondance auprès du cabinet des Médailles.

Avant de le présenter au public, une restauration de ce meuble prestigieux est nécessaire. Il est prévu qu’il soit restitué dans sa forme originelle de bureau brisé. Un comité scientifique est constitué pour l’occasion.

 

Portrait de Christoph Willibald, chevalier von Gluck (1714-1787)

Signé et daté en bas à gauche J.S.Duplessis/pinx parisis 1775 
Huile sur toile - H.101 ; l.85 cm 
Achat en vente publique avec préemption, lot n°46, vente Sotheby's Paris du 17 juin 2015

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Le château de Versailles a acquis aux enchères un portrait du musicien allemand Gluck. Il s'agit selon toute vraisemblance d'une copie autographe de l'oeuvre de Duplessis présentée au Salon de 1775 et conservée aujourd'hui au Kunsthistorisches Museum.

Professeur de chant de Marie-Antoinette à Vienne, le musicien connait une carrière européenne. En 1774-1775, il jouit d'une reconnaissance sans précédent. C'est alors que le sculpteur Jean-Antoine Houdon modèle une effigie du musicien et que Duplessis peint son portrait dans lequel il le représente assis, mains sur son clavecin, le visage tourné vers le ciel et le regard portant au loin. 

Ce portrait de Gluck sera présenté au sein du nouveau parcours consacré à Marie-Antoinette dans l'appartement du Capitaine des gardes, aux côtés des effigies de Grétry et Paisiello peintes par Madame Vigée Le Brun, complétant ainsi la galerie des portraits des "artistes de la reine". 

 

Plateau de terrine du service "à frise riche en couleurs et riche en or" de la reine Marie-Antoinette

Manufacture royale de porcelaine de Sèvres 
1784 - Porcelaine tendre - L.42,5 cm  - Marqué en bleu: LL entrelacés; lettre date gg (1784); Y (pour Edmé-François Bouillat)
Achat en vente publique avec préemption, lot n° 227, vente AGUTTES du 28 mai 2015 

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Le château de Versailles acquiert régulièrement depuis 1990 des pièces du service "à frise riche en couleurs et riche en or" commandé au début de l'année 1784 par la reine Marie-Antoinette. Avec cette récente acquisition, les collections comptent désormais 53 pièces qui sont présentées dans les buffets d’angle des Cabinets de la Reine au deuxième étage du château. 

Ce plateau, sensiblement de la même taille que celui d'un pot à oille, offre dans son médaillon central un bouquet de roses épanouies entouré d'une frise de perles sur fond bleu. Sa forme aux extrémités chantournées et dorées met en valeur la frise de roses et barbeaux sur fond lie-de-vin encadrée de perles d'or et de guirlandes de laurier. Seule l'interrompt l'alternance heureuse des cartouches à décor de pensées.   

 

La Fondation de l'hôtel des Invalides en 1674

Pierre Dulin (Paris, 1669-1748) 
Huile sur toile 
H. 48 cm ; L.74 cm 
Achat en vente publique par voie de préemption, lot n°45, RIEUNIER-de MUIZON, 30 mars 2015

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Ce tableau peint par Pierre Dulin est une esquisse pour le carton de tapisserie de La Fondation de l'hôtel des Invalides en 1674, commandé en 1710 pour compléter la tenture de l'Histoire du Roi.

L’épisode retenu s’est déroulé plus de trente ans auparavant : en 1670, Louis XIV décide de la construction de l’hôtel des Invalides. Cette institution est destinée à loger et à soigner les soldats malades et les vétérans. Dulin met en scène ici des faits chronologiquement distincts comme la fondation et l'approbation des plans (1670-1674), la construction de l'Hôtel (1671-1678) et l'achèvement du dôme (1706).Au centre du tableau figure Louvois, ministre de la guerre, accompagné de Minerve (déesse de la Sagesse et de la Guerre) et de l'Architecture, agenouillée. Le ministre présente au roi le plan des bâtiments dont la construction est en cours à l'arrière-plan. Parmi les protagonistes, on reconnaît les deux architectes de l'édifice, Libéral Bruant et Jules Hardouin-Mansart, le Roi et Louvois. A droite, la Gloire conduit vers le roi un groupe de soldats invalides. Dans le ciel, la Renommée, tenant une oriflamme, sonne de sa trompette.  

Cette esquisse de La fondation de l'hôtel des Invalides vient compléter l’ensemble des esquisses préparatoires à des tapisseries, déjà conservées au Château. Elle sera présentée dans les salles Louis XIV aux côtés de celles de François Marot et de Claude-Guillaume Hallé représentant La première promotion des chevaliers de Saint Louis le 10 mai 1693 (MV 2149) et La réparation faite par le doge de Gênes le 15 mai 1685 (MV 2107). 

 

Seau à verre du service "à perles et barbeaux"

Manufacture royale de porcelaine de Sèvres - 1781
Porcelaine tendre - H.10,5 cm - Marques peintes en bleu: marque de la Manufacture aux deux L entrelacés ; lettres-dates DD pour 1781
Achat en vente publique avec exercice du droit de préemption, lot n°44, SVV PESCHETEAU-BADIN, 16 mars 2015 avec la participation du Forum Connaissance de Versailles par l'intermédiaire de la Société des Amis de Versailles 

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Commandé en juillet 1781 pour le Petit Trianon, le service "à perles et barbeaux" fut livré à la reine Marie-Antoinette le 2 janvier 1782 pour la somme totale de 12420 livres.

Avec cette nouvelle acquisition, les collections du château de Versailles conservent aujourd'hui treize pièces de ce service composé initialement de 295 pièces. 
  

Portrait de Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d’Artois

Février 2015

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Le château de Versailles vient d’acquérir, lors de la vente aux enchères organisée chez Sotheby’s à Paris le 11/02/2015, dans le cadre de la dispersion des collections du château du Réveillon (Bourgogne), propriété des ducs de Mortemart, un Portrait de la comtesse d’Artois (1756-1805), daté vers 1775 par François-Hubert Drouais (1727-1775).

L’achat de cette huile sur toile permet d’enrichir de façon significative la collection des peintures du XVIIIe siècle. Il complète en effet la suite de portraits de la famille royale peints par l'artiste après sa nomination comme Premier peintre du comte de Provence en 1771 : le Comte de Provence, la Comtesse de Provence, Madame Clotilde, Louis XV, le Comte de Clermont.

Le château possédait déjà un portrait de la comtesse par Gautier-Dagoty, un autre par Leclercq, ainsi qu’un pastel de Boze la représentant vers 1785, mais aucune effigie de la qualité de cette œuvre de Drouais.

L’union de la princesse Marie-Thérèse de Savoie (1756-1805), fille de Victor-Amédée III de Sardaigne, avec Charles-Philippe, comte d’Artois fut célébrée à Versailles le 15 novembre 1773.

 

Portrait allégorique de Madame Louise

Février 2015

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Lors de la vente aux enchères organisée à Versailles, chez Me Eric Pillon, le 08/02/2015, le château de Versailles a acquis un Portrait allégorique de Madame Louise, fille de Louis XV.

La princesse est représentée en habit de cour, avant son entrée au Carmel en 1770. Ce type de portrait d’une princesse royale sur le mode allégorique enrichit la collection versaillaise d’une iconographie rare dans les collections nationales.

 

2013 - 2014

 

Fouet de cocher du carrosse du Sacre de Charles X

Novembre 2013

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Ce fouet de grand attelage à la française a été utilisé lors des cérémonies du sacre de Charles X, à Reims, le 29 mai 1825. Le carrosse de Charles X était attelé à huit chevaux ; privilège royal, les deux de tête étaient conduits par le postillon monté sur le cheval de gauche et les six autres tenus en guide par le cocher. Ce dernier tenait le fouet dans la main droite, au tiers de la poignée, le coude au corps.

Ce fouet est constitué d’un manche en bois doré et vernis, souple et effilé par le haut, orné de six bagues au décor alterné. La monture, absente ici, était montée sur la ganse que l’on distingue au bout du manche. En cuir découpé de fins lacets tressés, elle se terminait par une mèche, petite tresse de corde ou de ficelle nouée qui touchait les épaules du cheval. A la base du manche, la poignée est recouverte de velours de soie cramoisi orné en haut et en bas de bouillons de fils d’or. A son extrémité, le culot est en or, gravé de la fleur de lys avec cette inscription « Charles X, Sacré le 29 Mai 1825 ». La garniture assortie au carrosse du Corps, les dimensions tout à fait exceptionnelles de ce fouet, la préciosité de l’objet et l’inscription sur le culot en or étaient l’hypothèse que ce fouet était bien celui utilisé par le cocher du carrosse du corps lors du sacre de Charles X, et pourraient indiquer qu’à la suite des cérémonies, l’objet a été remis en cadeau honorifique à un dignitaire qui l’a ensuite fait graver en souvenir de l’évènement. L’inscription même sur un objet courant à valeur d’usage démontre l’importance et la valeur symbolique jouée par ce fouet lors de la cérémonie.

Cette œuvre originale vient compléter les collections du musée des carrosses du château de Versailles.

 

Vase-pendule de Louis XVI

Juillet 2013

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Daté de 1775, ce vase-pendule à fond beau-bleu dont le cadran est signé de Roque à Paris a été acquis par Louis XVI à la Manufacture royale de porcelaine de Sèvres au cours de l’année 1777. Il était destiné à orner la cheminée de son cabinet des Bains, tout nouvellement aménagé dans les cabinets du premier étage. Envoyé aux Tuileries en janvier 1792, il a probablement été vendu pendant la Révolution ; on perd ensuite sa trace jusqu’en 1927, date à laquelle il apparaît dans la vente des collections d’Anthony de Rothschild doté, vraisemblablement au cours du XIXe siècle, d’un piètement quadrangulaire, comme ce fut le cas pour de nombreuses pièces de Sèvres du siècle précédent.

L’acquisition de ce vase-pendule, d’une forme extrêmement rare et de provenance royale, est d’une très grande importance pour l’enrichissement des collections du château de Versailles. Elle s’inscrit dans une politique menée depuis plusieurs décennies, politique d’achat systématique des pièces royales de porcelaine de Vincennes-Sèvres ayant figuré à Versailles dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Ces pièces sont identifiées grâce aux inventaires du Château dressés au début de la Révolution et aux registres des ventes de la Manufacture. L’acquisition de la pendule permet de compléter ce que nous savons déjà du goût très sincère de Louis XVI pour les productions de la Manufacture royale fondée à Vincennes en 1740, sous le règne de son grand-père.

 

Portraits du duc de Berry et du duc de Bourgogne par Fredou

Juin 2013

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Entre 1760 et 1762, Jean-Martial Fredou réalisa onze portraits des enfants du dauphin, fils de Louis XV, et de Marie-Josèphe de Saxe. Le portrait au pastel du duc de Bourgogne achevé le 15 mars 1760 et conservé dans les collections du château de Versailles (INV.DESS 726) est la source de plusieurs autres versions peintes à l’huile par Fredou. L’une d’elles fut offerte par le dauphin au marquis de Sinety. Celui-ci avait été nommé en 1760 sous-gouverneur du duc de Berry et en 1762 sous-gouverneur du comte de Provence. Le portrait du duc de Berry (futur Louis XVI) fut également dessiné par Fredou lors de la commande de 1760-1762. Le portrait peint en pendant de celui du duc de Bourgogne et également offert au marquis de Sinety est vraisemblablement une variante de ce dessin, encore inconnu. Les cadres identiques et probablement d’origine confirment que ces deux portraits ont été conçus en pendants.

Le château de Versailles ne possédait aucun portrait peint à l’huile du duc de Bourgogne et aucun portrait du duc de Berry enfants. Cette acquisition comble ainsi une lacune iconographique importante.

 

Visite de la reine Victoria au hameau de la Reine au Petit Trianon, le 21 août 1855 de Karl Girardet

Avril 2013

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Ce petit tableau de Karl Girardet est la première pensée pour une aquarelle commandée par la reine Victoria en 1855 et qui se trouve encore dans les collections royales britanniques. Elle commémore la visite de la reine et du prince Albert, accompagnés du couple impérial, à Trianon, le mardi 21 août 1855, lors du séjour de la souveraine britannique à Paris.

On identifie bien les deux souveraines dans une voiture découverte, arrêtée devant la maison de la Reine, et l’empereur et le prince consort à cheval de part et d’autre. L’escorte comprend des Cent-Gardes et des postillons de la Maison de l’Empereur en grande tenue. Sous la galerie reliant la maison de la Reine à celle du Billard se tient la musique des Guides de la Garde impériale, qui animera le déjeuner pris par les deux couples.

Rares sont les représentations anciennes peintes du Hameau de Trianon. Le château de Versailles conservait deux vues du Moulin et de la Maison de la Reine avec la tour de Marlborough, de l’atelier de Guérard et de Wallaert, datées de la Restauration, une vue de l’Intérieur du théâtre de la Reine sous la Monarchie de Juillet, par Mme Asselineau, mais aucune du Second Empire, époque de la renaissance de Trianon, sous l’impulsion de l’impératrice Eugénie. Cette acquisition vient combler cette lacune avec une œuvre qui trouvera place à l’attique du Petit Trianon, dans l’espace consacré au Second Empire et à l’impératrice.

 

Trois vases de Madame Victoire

Mars 2013

 

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En 1772, Madame Victoire, une des filles de Louis XV, a fait l’acquisition de ces trois vases pour sa chambre à coucher au château de Versailles. Madame Victoire avait en fait acheté à la Manufacture royale de porcelaine de Sèvres une garniture composée de cinq vases à fond vert. Les deux autres vases de la garniture sont aujourd’hui conservés aux Metropolitan Museum of Art.

Ces trois vases sont exceptionnels du fait de leur décor peint et de leur forme. Les cartouches sont l’œuvre de Charles-Nicolas Dodin, un des meilleurs peintres de figures de la Manufacture au XVIIIe siècle, auquel le château de Versailles a consacré une exposition en 2012. Quant aux formes, elles n’étaient pas encore représentées dans les collections nationales. Le vase central « à baguettes » porte un cartouche peint d’après un tableau exécuté en 1737 pour Louis XV, les Charmes de la vie champêtre. Sur les deux vases « à feuilles de lauriers », nous trouvons Les amants surpris, peints d’après une gravure de Gilles Demarteau, et Le Printemps, inspiré d’un des tableaux des Saisons peints en 1755 pour Madame de Pompadour.

Ces vases retrouvent aujourd’hui leur emplacement d’origine, sur la cheminée de la chambre à coucher de Madame Victoire.

Ces vases ont été acquis grâce au mécénat de la société LVMH. Cet ensemble a été reconnu "œuvre d’intérêt patrimonial majeur".

 

Marie-Josèphe de Saxe en marmotte de Jean-Marc Nattier

Janvier 2013

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En 1751, Jean-Marc Nattier exécute ce portrait ovale de la dauphine Marie-Josèphe de Saxe. Offert à la duchesse de Brancas, dame d’honneur de la Dauphine jusqu’en 1762, il reprend exactement le visage peint par Nattier pour le grand portrait de la dauphine en habit de cour.

Le costume en revanche est tout autre : la jeune dauphine est « en marmotte » c’est-à-dire qu’elle porte un fichu noué sous le menton. Cette coiffure appartient à l’iconographie des Savoyardes parisiennes, telle qu’elle se développe dans les années 1740-1750. Apparaissant d’abord comme un emblème d’une pauvreté vertueuse, la figure de la Savoyarde se teinte peu à peu d’une dimension plus polissonne. A partir des années 1760, cette figure est ambivalente : vertueuse montagnarde ou polissonne citadine, la Savoyarde peut aussi être une femme qui mendie et qu’on soupçonne, surtout si elle est jolie, d’offrir autre chose que ses chansons.

Le portrait de la dauphine en marmotte est iconographiquement unique, puisqu’on ne connaît aucun portrait de dames de la famille royale « en marmotte ». La dauphine aurait donc sacrifié à cette mode. Rappelons que ce portrait a vraisemblablement été exécuté alors qu’elle était enceinte de son troisième fils. Le costume de marmotte évoquerait ainsi une fécondité vertueuse, bien que ce type de représentation pouvait choquer. Offert à une dame d’honneur, ce petit portrait échappe aux représentations officielles et témoigne des liens entre la dauphine et les dames de sa maison. 

 

Saint Jean-Baptiste baisant la main de l’enfant Jésus attribué à Jacopo Amigoni

Janvier 2013

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Provenant vraisemblablement de la cour de Saxe, ce Saint Jean-Baptiste baisant la main de l’enfant Jésus a sans doute été apporté au château de Versailles par la Dauphine Marie-Josèphe de Saxe, la mère de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X, lors de son mariage avec le Dauphin en 1747.

Cette toile s’inscrit dans le goût de la Dauphine pour les scènes religieuses, dont Versailles conserve déjà deux témoignages par Charles-Antoine Coypel (Sainte Piame, MV 8610, et Sainte Landrade, MV 8624). Exécutée par le Vénitien Jacopo Amigoni, elle est empreinte de la tendresse et de la délicatesse caractéristiques de la peinture bolonaise du siècle précédent.

A sa mort, en 1767, la Dauphine a légué ce tableau à son premier aumônier, Aymar de Nicolaï, qui l’avait soutenue dans les moments les plus pénibles de son existence, comme la mort de son fils Louis-Ferdinand en 1765. De retour au château de Versailles, elle permet d’évoquer le décor des appartements de la Dauphine.

 

2012

Le Rocher et le Belvédère à Versailles par Claude-Louis Chatelet

Mai 2012

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Le Belvédère et le Rocher du jardin anglais du Petit Trianon sont ici fidèlement représentés par Claude-Louis Chatelet. Le peintre a toutefois ajouté un pont avec pergola à colonnes entre le pavillon et le rocher alors qu’il n’y avait en réalité qu’une passerelle en bois. Cette huile sur toile reprend une aquarelle peinte par Chatelet pour le recueil de plans et vues du Petit Trianon offert en 1786 par Marie-Antoinette à l’un de ses frères, l’archiduc Ferdinand, duc de Brigsau, gouverneur de Lombardie, lors de sa venue à Trianon (Modène, Biblioteca Estense).

Le tableau, présentant une vue de jour, est très proche de l’Illumination du Belvédère et du rocher du Petit Trianon en 1781 en l’honneur du comte de Provence, frère du roi, ou de l’empereur d’Autriche Joseph II (MV 7796), également par Chatelet, daté de 1781 et conservé à Versailles. La pergola en est absente, tandis que la passerelle de bois y apparaît nettement.

Le Rocher et le Belvédère va rejoindre la Fête de nuit (MV 8384, don de la baronne Liliane de Rothschild) et l’Illumination, accrochées au second étage du Petit Trianon, d’où on y aperçoit justement le Belvédère.

 

Le Char de Jupiter entre la Justice et la Piété par Noël Coypel

Janvier 2012

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Cette esquisse de Noël Coypel prépare la peinture du panneau central de la salle des Gardes de la Reine. Elle date vraisemblablement de 1671, lorsque le chantier du décor des Grands Appartements débute et lorsque les esquisses sont soumises à Louis XIV et à Colbert pour approbation.

Le sujet est le char de Jupiter entouré des allégories de la Justice et de la Piété. Au premier plan, on aperçoit une personnification de la planète elle-même sous l’aspect d’une jeune femme qui retient par une guirlande de fleurs quatre enfants symbolisant les quatre satellites de la planète découverts par Galilée en 1609.

L’esquisse présente plusieurs différences avec la peinture réalisée ; la plus importante est le geste de Jupiter tendant le sceptre qui n’apparaît plus dans le plafond. Cette esquisse témoigne donc de modifications ultimes avant la réalisation du décor et constitue un pendant avec l’autre esquisse de Noël Coypel, Le char de Saturne entre la Prévoyance et le Secret, qui a été acquise en 1994.

 

Jatte à punch du service à fond bleu céleste de Louis XV

Janvier 2012

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Cette jatte à punch fait partie du grand service de table dit « à fond bleu céleste » exécuté pour Louis XV entre 1753 et  1755 à la Manufacture royale, alors installée dans l’enceinte du château de Vincennes. Il est composé de  1749 pièces de porcelaine tendre et porte un décor de fleurs et de fruits, inscrit dans des cartouches soulignés d’or. Le fond bleu céleste utilisé a été créé par le chimiste Hellot spécialement à l’occasion de cette commande. Une fois livré, ce service a été utilisé par la famille royale jusqu’à la fin de l’Ancien Régime.

 Exceptionnelle par son décor et par l’ampleur du service de table auquel elle appartient, cette jatte à punch l’est aussi par son excellent état de conservation et par son caractère nouveau au moment de sa commande : sa forme a été suscitée par l’engouement venu d’Angleterre pour une boisson nouvelle, le punch,  servi à la fin du repas lors du service du dessert. Elle rejoint les sept pièces appartenant au même service déjà présentes au château de Versailles, dans la salle à manger dite aux porcelaines.

 Cette acquisition a été rendue possible grâce au mécénat de KPMG.

2011

 

Portrait de Madame de Lamballe par Elisabeth-Louise Vigée-Le Brun

Novembre 2011

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La princesse de Lamballe et Marie-Antoinette vécurent une amitié profonde depuis leur rencontre à l’occasion du mariage de la princesse autrichienne avec le futur Louis XVI en 1770 jusqu’à la mort de Madame de Lamballe lors des massacres de septembre 1792. Le château de Versailles ne possédait pourtant aucun portrait de la princesse de Lamballe datant de cette période.

Lorsqu’en 1782 Elisabeth-Louise Vigée-Le Brun peignit le portrait de la princesse de Lamballe celle-ci était âgée de trente-trois ans. Vigée-Le Brun reprit une formule qui lui était chère et qu’elle utilisa plusieurs fois pour différents modèles, dont la reine : la favorite porte une simple robe de mousseline dite en gaulle et un chapeau de paille. Ce portrait est proche de ceux des femmes de l’entourage de la reine peints par Vigée-Lebrun déjà conservés au château de Versailles, notamment celui de l’autre grande amie de Marie-Antoinette, la duchesse de Polignac.

 

Portrait de la comtesse Du Barry en Flore par François-Hubert Drouais

Mai 2011

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Peintre attitré de Madame Du Barry, François-Hubert Drouais (1727-1775) l’a représentée à de multiples reprises. Il a en particulier exposé au Salon de 1769 deux portraits la montrant en Flore et en costume de chasse. Entre 1770 et 1774, le portrait en Flore a fait l’objet, à la demande de Madame Du Barry, de sept à huit répliques ou copies, chacune légèrement différente, destinées à son entourage. C’est vraisemblablement la première version de ce portrait, celle qui a été exposée au Salon de 1769, dont le château de Versailles a fait l’acquisition.

Cette œuvre vient enrichir les collections du château de Versailles à plus d’un titre. Elle rejoint en effet le bel ensemble de portraits réalisés par  François-Hubert Drouais déjà conservé au château de Versailles. Surtout, à la date de l’acquisition, le château de Versailles ne possédait plus aucune représentation peinte de Madame Du Barry, qui a pourtant été une figure majeure des dernières années du règne de Louis XV.

L’acquisition de ce portrait a été rendue possible grâce au soutien de la Société des Amis de Versailles

 

Portrait au pastel de la comtesse d’Artois par Joseph Boze

Mai 2011

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Joseph Boze, meilleur pastelliste que peintre, se fit une spécialité du portrait ovale au pastel. Installé à Versailles en 1785, il reçut la même année d’importantes commandes de portraits pour la famille royale. Marie-Thérèse de Savoie, belle-sœur de Louis XVI, alors âgée de vingt-neuf ans, est peinte dans une tonalité gris bleu qui accentue son air mélancolique. Alors que le traitement des étoffes séduit par son aspect précis et illusionniste, la technique du pastel confère un aspect doux à son visage, pourtant décrit comme ingrat par ses contemporains. La comtesse d’Artois sembla satisfaite de son portrait et en commanda deux copies qu’elle offrit à des dames de son entourage.

Ce portrait est désormais à Versailles la représentation la plus tardive de la comtesse d’Artois mais également la plus fidèle et précise de son visage. Il complète le bel ensemble de pastels par Boze déjà conservés au château de Versailles.

2010 - 2009

Fauteuil de bureau provenant du garde-meuble de la couronne

Juillet 2010

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Ce fauteuil est aujourd’hui le seul fauteuil de bureau identifié provenant des livraisons faites au Garde-Meuble royal au milieu du XVIIIe siècle. Il constitue de ce fait un élément de référence unique qui permettra, à l’avenir, d’identifier d’autres fauteuils de bureau du mobilier royal. Caractéristique des productions parisiennes à l’époque où le rocaille connaît son apogée, ce siège présente des proportions légèrement différentes de celles d’un fauteuil de salon, notamment dans l’abaissement du dossier. La sculpture, de belle qualité, souligne les éléments structurants du siège. Son acquisition vient combler une lacune dans la typologie des meubles du Garde-Meuble de la Couronne conservés à Versailles. C’est de plus, l’un des rares sièges identifiés de l’époque rocaille provenant du Garde-Meuble de la Couronne. Il vient rejoindre le bureau plat qui fit partie de la même livraison pour Fontainebleau en 1745 et qui vient d’être déposé par le Mobilier National.

Ce fauteuil est restauré avec la participation de la société Kinnarps

 

Clef de la Chapelle Royale

2009

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La grande porte de la Chapelle Royale de Versailles en fait communiquer la nef avec le vestibule bas. Il est vraisemblable que sa magnifique clef n’ait servi qu’en de rares occasions, voire qu’elle n’ait eu qu’une fonction purement symbolique.

Le modèle de cette clef a été élaboré par Grettepin vers 1710. Probablement appelé à Versailles par Jules Hardouin-Mansart, il devait réaliser de nombreuses sculptures pour la Chapelle. C’est à lui que Robert de Cotte, maître d’œuvre du chantier après 1708, s’est adressé pour en concevoir la clef. C’est probablement d’après son modèle, en cire ou en terre, que le fondeur Jacques Desjardins, auteur des éléments de serrurerie de cette porte, en a réalisé la version définitive en bronze doré.

Outre le panneton et la tige cannelée, l’essentiel du décor de la clef est concentré sur l’anneau : formé de deux élégantes consoles à volutes encadrant un motif du chiffre royal formé de deux L entrelacés, qui représente un véritable travail d’orfèvrerie, il est surmonté d’une couronne royale à fleurs de lys.

Don de Madame Nelly Munthe, en souvenir de Liliane de Rothschild, par l'intermédiaire de la Société des Amis de Versailles, 2010.

 

Acquisition du Tapis de la Savonnerie provenant de la chapelle royale de Versailles

Juillet 2009

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Ce tapis correspond au compartiment central d'un des cinq tapis formant le grand tapis de la nef de la chapelle de Versailles bénie en juin 1710. Louis XIV avait commandé des tapis à la manufacture de la Savonnerie. Les trois premiers de la nef sont livrés en 1726 et les deux suivants en 1728. Chacun de ces tapis d'une longueur de 9m30 était composé de trois compartiments à peu près carrés. La hauteur totale des cinq tapis atteignait un peu plus de vingt-deux mètres. Le présent tapis présente en son centre un cartouche aux armes de France entouré des colliers des ordres de St Michel et du St Esprit, surmonté de la couronne royale fermée, et flanqués de deux ailes éployées, les bâtons royaux la main de justice et le sceptre disposés en sautoir. Le cartouche se détache sur un fond blanc jonquille, les cotés agrémentés de guirlandes de fleurs et de fruits au naturel. Cet exceptionnel tapis par sa qualité comme son parfait état de conservation, fut probablement vendu par le Directoire puis on le retrouve dans les collections de la famille Rothschild à Vienne dans les années 1860.

L'acquisition de ce tapis classé  « œuvre d'intéret patrimonial majeur » a été rendue possible grâce au mécénat de Total.

 

Paire de seaux à verre du service "aux amours" de Madame Du Barry

Février 2009

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Ces deux seaux portent un décor qui correspond à celui d’un petit service de 37 pièces comportant 12 assiettes que Mme Du Barry avait commandé dès 1770 et qui lui fut livré le 1er septembre 1770. C’est un décor d’amours et attributs dans des paysages dans des réserves qu’entoure une guirlande de myrte se détachant sur du blanc avec un fond Taillandier.
Le service comportait 2 manches de couteaux qui laissent penser qu’il avait été commandé pour 2 convives : Louis XV et Mme Du Barry. Outre les 12 assiettes il se composait notamment de 6 compotiers dont 2 ronds, 2 carrés et 2 à coquille, 1 plateau triangle, 5 tasses à glace, 1 sucrier et un moutardier avec leurs plateau adhérent, 1 salière en corbeille, 1 corbeille ovale, 3 seaux à bouteilles, 2 seaux à demi-bouteille, 2 seaux à topette de 192 livres chacun et 2 seaux à verre et 144 livres chacun.

Cette paire de seaux à verre viennent compléter le fameux service pour deux convives et ont été acquis par l’EPV avec la Société des Amis de Versailles