Conservateur au château de Versailles
1859-1936

Conservateur du musée du château de Versailles entre 1892 et 1920, Pierre de Nolhac est l'une des grandes figures du musée. Membre de l'Académie française en 1922, Nolhac entreprend une métamorphose du château de Versailles, à rebours du musée de Louis-Philippe du siècle précédent. Pragmatique, il s'attelle à la recherche d'œuvres originales, laissant de côté les copies et œuvres d'imagination. Depuis, ce choix muséographique est maintenu au château de Versailles.

Nom complet
Pierre Girauld de Nolhac

Dates
1859 - 1936

Statut
Conservateur du château de Versailles entre 1892 et 1920

Membre de l'Académie française (1922)

Successeur
André Pératé

 

Contexte historique

 

La Révolution française a marqué la fin de la monarchie et le départ de la famille royale du château de Versailles. Ancienne demeure des rois de France, le Château devient un musée dédié "à toutes les gloires de la France" sous le règne de Louis-Philippe, qui choisit de célébrer l'histoire de France victorieuse à travers de nouvelles galeries historiques, dont l'imposante Galerie des Batailles. L'abdication de Louis-Philippe en 1848 a marqué un nouveau tournant dans l'histoire du château de Versailles ; la Guerre de 1870 et la défaite de la France en 1871 sont un coup de grâce dans l'histoire contemporaine du Château.

C'est dans ce contexte particulier que Pierre de Nolhac arrive au Château, en 1878. D'abord nommé attaché de conservation au musée de Versailles sous les ordres de son chef Charles Gosselin, il devient en 1892 consevateur au château de Versailles. À cette époque, le Château, bien qu'accessible, est délaissé par le public depuis des années. Nolhac prend rapidement conscience de l'ampleur des actions à mener ; pragmatique, il imagine de rompre avec la vision louis-philippienne du Château - un musée - et de restituer à la demeure royale ses collections : de rendre au Château son aspect intérieur de la fin de l'Ancien Régime. Conscient qu'il ne peut revenir sur les importants travaux entrepris par Louis-Philippe (transformation des appartements des princes en Galerie des Batailles, création des Salles d'Afrique et de Crimée, ...), Nolhac préfère sauver ce qui peut encore l'être. Son implication lui permet de reconstituer le décor des appartements du corps central, tandis que les ailes demeurent dans leur état imaginé par Louis-Philippe.

Le Versailles de Nolhac

L'arrivée

En arrivant à Versailles, Pierre de Nolhac découvre un château tombé dans l'oubli. Dès sa prise de fonction, Nolhac entreprend des travaux de modernisation et de restitution du décor des appartements, à rebours de l'empreinte laissée par le roi des Français. Il initie un vaste travail de recherche iconograhique que ses successeurs poursuivront, en faisant disparaître, salle après salle, œuvre après œuvre, le musée historique de Louis-Philippe, préférant une évocation plus claire du palais de l'Ancien Régime.

Pierre de Nolhac est également à l'origine de la naissance de la Société des Amis de Versailles, en 1907, grâce à laquelle le château de Versailles continue aujourd'hui encore d'acquérir un grand nombre d'œuvres et mobiliers historiques. Le travail du conservateur a permis la transformation du musée d'histoire nationale riche de collections authentiques : Nolhac remet Versailles au goût du jour, et ouvre les portes du Château à un public curieux de découvrir ses collections désormais largement mises en valeur.

« Je revois encore la foule élégante qui se pressait sur l'escalier de l'attique Chimay, dont la première salle venait d'etre consacrée à une exposition provisoire de nos Nattier. (...) À partir de ce moment, le nouveau musée était "lancé" ; nous prîmes l'habitude d'offrir chaque année à la curiosité sympathique qui se formait autour de nous des présentations nouvelles ; et le public répondait avec un empressement toujours croissant à cette entreprise dont le sens peu à peu se dévoilait.»

– Pierre de Nolhac (La résurrection de Versailles)
 

Réception du roi de Norvège à Paris (29 mai 1907) - Visite des Trianons

© Château de Versailles, Dist.RMN / © Christophe Fouin

Le lien vers le site collection

La résurrection de Versailles

Tout au long de sa carrière de conservateur du musée de Versailles, Nolhac fut sollicité pour organiser des visites de personnalités politiques internationales de premier rang, ce qui contribua à renforcer la renommée mondiale du Château. Vinrent la princesse Mathilde Bonaparte, l'Impératrice Eugénie, Ferdinand Ier de Bulgarie, le tsar Nicolas II, ou encore le roi de Norvège, Haakon VII.

La Première Guerre mondiale

Durant la Première Guerre mondiale, Nolhac s'engage dans la protection des œuvres du Château, organisant le départ de certaines d'entre elles loin des combats, et loin de Versailles. Il assiste, impuissant, au départ pour le front d'une majorité des gardiens, fontainiers et jardiniers. Son rôle de conservateur se réduit peu à peu, mais il reste sollicité pour organiser des visites du Château pour les visiteurs alliés et commissions militaires. Il joue cependant un rôle primordial dans la préparation du Château en vue de la signature, le 28 juin 1919, du Traité de Versailles. Avec l'aide de l'architecte en chef du Château, Benjamin Chaussemiche, il coordonne en effet la remise en état des salles destinées à accueillir les signataires alliés et allemands. Il reçoit du Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts l'ordre de fermer le Château durant le temps des travaux ; mais soucieux de ne pas priver les visiteurs, Nolhac parvient à obtenir du Ministre une fermeture partielle. Conscient d'assister à un événement majeur de l'histoire du XXe siècle, il accepte également la demande formulée par Henri Simon, maire de Versailles, de laisser en place quelques jours durant les installations prévue pour la signature, afin de permettre au public de les voir.

À Versailles, dans le parc : M.Clemenceau, M.Wilson, M.Sonnino et M.Balfour (Pierre de Nolhac à droite), Traité de Versailles (1919)

© BnF Gallica

L'héritage de Nolhac

« Aucun devoir ne me liait plus : l'avenir de notre musée était assuré. J'avais accompli l'essentiel de l'œuvre entreprise en pleine jeunesse, et je laissais le soin de la terminer, suivant nos plans communs, à des collaborateurs qui ne manqueraient point à la tâche (...). Versailles avait repris sa place dans la culture générale de notre pays, et l'on pouvait être certain qu'il ne la perdrait plus.»

– Pierre de Nolhac (La résurrection de Versailles)

Pierre de Nolhac quitte son poste en 1920, après vingt-sept années passées au service du château de Versailles. Ses années de travail au sein de l'ancienne demeure royale ont permis au château de Versailles de retrouver ses lettres de noblesse. De lieu menaçant ruine depuis la fin de la Monarchie de Juillet et l'abdication de Louis-Philippe en 1848, le château-musée se mue, sous son impulsion, en un monument historique authentique, fort de ses œuvres et de ses premiers meubles historiques retrouvés, réinstallés à son emplacement d'origine. Pierre de Nolhac réussit le pari de dépoussiérer Versailles, et celui d'attirer la curiosité des visiteurs français et internationaux. Il quitte ce château, sûr de son travail accompli.
Le nom de Pierre de Nolhac reste, depuis, intimement lié à la renaissance du Versailles royal au début de la Troisième République.

« Quand le printemps enchante pour d'autres le ciel de Paris, c'est dans Versailles que ma rêverie va le chercher.»

– Pierre de Nolhac (La résurrection de Versailles) 

 

 

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