Derrière son Grand Appartement, la reine disposait de petites pièces réservées à son usage privé et au service de ses femmes de chambre. Marie Leszczynska s’y retirait pour lire, peindre, méditer ou recevoir ses visites les plus intimes. Ornées avec le plus grand soin, ces pièces subirent de nombreuses modifications durant tout le XVIIIe siècle, en fonction de l’évolution du goût des souveraines et de leurs besoins. Malgré tout, ces espaces, qui s’organisent autour de deux petites cours intérieures, n’étaient pas extensibles. Marie‑Antoinette étendit son domaine en faisant aménager de nouvelles pièces à l’étage supérieur (comme un salon de billard)  et alla jusqu’à se constituer un véritable petit appartement d’été au rez-de-chaussée, donnant sur la cour de Marbre, comportant chambre, bibliothèque et salle de bain.

Ces espaces ne sont pas accessibles en visite libre. /!\ Le Grand appartement de la Reine étant actuellement en travaux, les visites guidées permettant de découvrir ces lieux ne sont pour l’instant plus programmées.

Le Cabinet doré

Créée pour Marie Leszczynska en 1735, cette pièce a été modifiée à plusieurs reprises par Marie-Antoinette. Son aspect actuel date de la dernière transformation (1784) que Richard Mique effectua pour la souveraine. Supprimant la soierie qui tendait jusqu’ici la pièce, Mique propose une décoration plus moderne de boiseries réalisées par les frères Rousseau et traitées dans le style antique mis à la mode, entre autres, par la récente découverte des vestiges de Pompéi et d’Herculanum.

La plupart des meubles et objets d’art qui s’y trouvent aujourd’hui ont appartenu à la souveraine : la commode, une des plus belles créations de Riesener, livrée pour sa chambre à Marly ; les vases de Sèvres « à la chinoise », qui la surmontent, provenant de son appartement de Saint-Cloud.

Le cabinet de la Méridienne

La forme particulière de ce boudoir, avec ses pans coupés, permettait au service de la Reine de passer de la grande chambre vers les autres cabinets sans déranger la souveraine qui, à la mi-journée, venait s’y reposer, d’où son nom de Méridienne. C’est en 1781, après que Marie-Antoinette eut enfin donné naissance à un héritier, que la pièce reçut son décor de boiseries définitif dont les motifs, sculptés par les frères Rousseau, ont aussi été prolongés en bronze par Gouthière pour être appliqués sur les portes vitrées. Le vocabulaire allégorique utilisé célèbre le jeune prince (le Dauphin), le couple royal (l’aigle de Jupiter symbolisant le roi et le paon de Junon, la reine) et l’amour conjugal (guirlandes de roses, arc et flèches).

La bibliothèque

Marie-Antoinette eut une bibliothèque importante qui fut transférée à Paris à la Révolution et se trouve aujourd’hui en grande partie conservée à la Bibliothèque nationale de France. Cette pièce fut aménagée pour la reine entre 1779 et 1781 par son architecte Richard Mique. De hautes armoires vitrées règnent tout autour ; à l’intérieur de celles-ci, un système de crémaillères ingénieux permet un réglage aisé de la hauteur des étagères.

L’accroissement des collections de Marie-Antoinette nécessita rapidement l’aménagement d’un supplément de bibliothèque qui fut installé en 1783 dans la pièce adjacente. La reine possédait également une bibliothèque à Trianon, dont les livres sont aujourd’hui en majorité conservés à la Bibliothèque municipale de Versailles.

Le cabinet du Billard

Au second étage, la reine disposait d’autres cabinets. L’un d’eux, dont les soieries ont été restituées et les canapés livrés par Jacob replacés, servait de salle de billard. Les autres pièces, au décor très sobre, abritent aujourd’hui une partie des collections du musée relatives à Marie-Antoinette.

Lieu commenté

Le Petit Trianon

Le château intime de Marie-Antoinette