tenture officielle

© Madrid, Patrimonio Nacional
Nom du château et nom de la pièce :
Palais royal de Madrid, Salon Gasparini
Palacio Real de Madrid, Salón Gasparini
Période de création :
1763-1791
Date du retissage :
1991-1992
Matière et technique :
Satin de soie N° 8 brodé de soies colorées et de fils d'argent doré
Lieu de fabrication :
Espagne, Madrid, Atelier de broderie du Palais royal de Madrid (pour le tissu d’origine)
France, Lyon, Tassinari & Chatel (pour le tissu retissé)
Espagne, Séville, Brenes, Atelier de Fernández et Enríquez (restauration dirigée par Patrimonio Nacional)

© Madrid, Patrimonio Nacional
Charles III, devenu roi d'Espagne en 1759, chargea le peintre vénitien Mattia Gasparini de concevoir la décoration de la garde-robe du Nouveau Palais royal de Madrid. Trois ateliers furent créés pour réaliser les tentures et le mobilier de cette pièce, la plus importante des appartements privés du souverain : l'Atelier royal d'ébénisterie, l'Atelier royal de bronze et l'Atelier de broderie. Ce dernier fut d'abord dirigé par l'épouse de Gasparini, María Luisa Bergonzini, puis par leur fils Antonio.
La complexité des broderies sur les tentures, qui comprenaient des tentures murales, des rideaux et des garnitures de sièges, retarda tellement leur achèvement que les textiles ne furent installés dans la pièce qu'en 1815, sous le règne de Ferdinand VII. Les rideaux furent retirés de la pièce dans la seconde moitié du XIXe siècle ; les garnitures, qui n’avaient pas encore été posées, furent installées sous le règne d’Alphonse XII sur les sièges d’origine nouvellement restaurés, œuvre de Gasparini et de José Canops, qui remplacèrent le mobilier de style Empire espagnol qui avait décoré la pièce jusqu’alors.
Les motifs décoratifs choisis par Gasparini pour cet espace, que l'on retrouve également sur le sol en marbre et le spectaculaire plafond voûté en plâtre, reflètent le goût pour la chinoiserie qui prévalait dans les intérieurs des palais royaux espagnols sous le règne de Charles III. Volutes, feuillages, fleurs et fruits s'entremêlent pour créer un ensemble rococo unique dans lequel, comme il est d'usage dans les créations de Gasparini, le rocaille est absent.
L'état de la tenture au XXe siècle a rendu nécessaire une restauration. La broderie d'origine a été retirée de la base en satin et placée sur un nouveau support similaire en termes de technique et de couleur. Ce travail a été réalisé dans l'atelier sévillan de Fernández y Enríquez, sous la direction de María Lourdes de Luis Sierra, de Patrimonio Nacional.
Personnages associés :
Charles III, roi d’Espagne (1716-1788) ;
Mattia Gasparini, créateur ;
Maria Luisa Bergonzini, directrice de l’atelier royal de broderie
Antonio Gasparini, directeur de l’atelier royal de broderie
Sources bibliographiques :
Barreno Sevillano, M.ª Luisa, “Salón Gasparini o Pieza de Parada. Palacio de Oriente”, Reales Sitios, 12, 43 (Patrimonio Nacional, 1975) : 61-72
Cabeza Gil-Casares, Carmen, “Bordados del Salón Gasparini”, Reales Sitios, 114 (Patrimonio Nacional, 1992) : 10-28
Mateos Martín, Mario, "Lo que Gasparini no imaginó para la Cámara de Carlos III en el Palacio Real de Madrid", librosdelacorte.es, 25 (2022) : 120-151
tenture privée
© Patrimonio Nacional, Antonio Úbeda
Nom du château et nom de la pièce :
Casa del Labrador, Domaine royal d’Aranjuez, salon de compagnie de María Luisa
Casa del Labrador, Real Sitio de Aranjuez, salón de recepción de María Luisa
Période de création :
1802-1803
Matière et technique :
Soie, lampas brochés et peints, brodés
Rapport de dessin :
Tenture murale : Hauteur : 63 cm ; largeur : 60 cm
Lieu de fabrication :
France, Lyon, Atelier de Camille Pernon

© Patrimonio Nacional, Héctor Pérez
La Casa del Labrador, située dans le domaine royal d'Aranjuez, tout comme celles d'El Pardo et de l'Escorial, est un petit palais dont la construction, destinée à servir de lieu de loisirs, fut encouragée par Charles IV alors qu'il était prince. Le bâtiment fut achevé en 1803, alors qu’il était déjà roi, et les travaux de décoration intérieure durent être interrompus brusquement en 1808, à la veille de la guerre d’indépendance contre la France (1808-1814).
La tenture du salon de María Luisa, également connue sous le nom de « salon de compagnie » car c'était l'espace où l'on recevait les dignitaires de haut rang, a été tissée sur un fond blanc imitant le marbre, décorée de trophées d'armes de couleur bronze et or et d'octogones brodés de paysages inspirés de gravures. Il convient également de mentionner les rideaux des portes et des fenêtres, en soie blanche ornés de doubles palmettes et d’une bordure rose brodée d’or, identiques à ceux des murs avec des coins ou « écussons » aux angles, ainsi que les quatre cantonnières de fenêtres et de portes, toutes également brodées.
La commande, provenant de la manufacture de Camille Pernon à Lyon, est arrivée par plusieurs livraisons entre mai 1802 et octobre 1803. Sa complexité a nécessité de distinguer chaque élément de la tenture selon un plan préétabli – qui devait être envoyé depuis l'Espagne – pour chaque mur de la pièce, afin qu'elle puisse être assemblée correctement. La manufacture de tissage de soie de Pernon à Lyon était la plus prestigieuse de l'Europe du XVIIIe siècle, et la qualité et la quantité des commandes qui lui étaient passées par la Maison royale d'Espagne étaient sans pareilles. La proposition de produire ces textiles parvint au tisserand français par l’intermédiaire de Juan Antonio Miquel, fabricant et marchand de tissus de soie venant de Valence, mais né à Lyon, qui entretenait des contacts étroits avec la manufacture Pernon. Le mobilier de cette pièce, qui comprend également des tissus d’ameublement, se compose de tabourets et d’un paravent de cheminée, également faits par Pernon.
Personnages associés :
Charles IV, roi d’Espagne (1748-1819) ;
Jean-Démosthène Dugourc, dessinateur (1749-1825) ;
Camille Pernon, soyeux (1753-1808)
Sources bibliographiques :
Arizzoli-Clémentel, Pierre et Gastinel-Coural, Chantal, Soieries de Lyon. Commandes royales au XVIIIe siècle. (1730-1800), p. 131, nº 84
Benito García, Pilar, Las colgaduras de seda del Salón de María Luisa en la Casa del Labrador, Madrid, 1997, Archivo Español de Arte, n.º cclxxx, p. 449-453
Jordán de Urríes y de la Colina, Javier, La Real Casa del Labrador de Aranjuez, Madrid, 2009, p. 151-158
auteur
Pilar Benito García
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