tenture officielle

© Grand Palais Rmn (Domaine de Compiègne), Thierry Le Mage
Nom du château et nom de la pièce :
Château de Compiègne, salon des Jeux de la Reine
Période de création :
1786
Date du retissage :
1952-1956
Matière et technique :
Taffetas chiné à la branche
Rapport de dessin :
Hauteur : 297 cm ; largeur : 68 cm
Lieu de fabrication :
France, Lyon, Camille Pernon

© GrandPalaisRmn (Domaine de Compiègne) / Adrien Didierjean
La création d’un nouvel appartement pour la Reine à Compiègne s’accompagne d’importantes commandes textiles. Précédant sa chambre à coucher, le grand cabinet ou salon des jeux reçoit un décor mural qui associe boiseries sculptées peintes en blanc et tentures aux motifs floraux traités de manière naturaliste. L’inventaire de 1791 décrit un dessin « à berceaux et arbres en verdure, aux pieds desquels sont des plans de roses trémières ». Outre l’adéquation de la thématique végétale avec le statut de cette résidence dédiée à la chasse et aux plaisirs estivaux, le dessin témoigne de l’attrait grandissant de la souveraine pour les fleurs et les décors champêtres. Le semé de fleurettes qui orne le textile des sièges, de l’écran et du paravent parachève l’impression de se trouver dans une pergola qui prolonge le jardin voisin. L’effet chiné est également caractéristique des goûts du XVIIIe siècle. Il était obtenu par teinture partielle, avant tissage, des fils de chaîne par petits groupes appelés « branches ». Livré en 1786, ce taffetas sera également utilisé pour le meuble de la pièce des Nobles de l’appartement de la Reine au château de Saint-Cloud. Reconstitué grâce à un fragment de rideaux conservé par le Mobilier national (GMT.495), le textile a été retissé à Lyon par les ateliers Volay de 1952 à 1956. Il s’agit de la première restitution d’un textile historique réalisée dans les châteaux-musées français.
Personnages associés :
Marie-Antoinette, Reine de France (1755-1793)
Thierry de Ville d’Avray, intendant du Garde-Meuble (1732-1792)
Camille Pernon, soyeux (1753-1808)
Claude François Capin, tapissier (1727-1789)
Sources bibliographiques :
Gastinel-Coural, Chantal, « Notes et documents », dans Soieries de Lyon, commandes royales au XVIIIe s., (1730-1800), catalogue d’exposition, Lyon, musée historique des tissus, décembre 1988 - mars 1989, imprimerie Sézanne, Lyon, p. 74, n°47, p. 122
Verlet, Pierre, Le Mobilier royal français. Meubles de la Couronne conservés en France, 2e édition, t.I, Paris, 1990, p. 84-87
Privat-Savigny, Maria-Anne, Louis XVI et Marie-Antoinette à Compiègne, catalogue d’exposition, Compiègne, musée national du château, 25 octobre 2006 - 29 janvier 2007, p. 180
tenture privée

© Grand Palais Rmn (Domaine de Compiègne), Jean-Pierre Lagiewski
Nom du château et nom de la pièce :
Château de Compiègne, deuxième salon de l’appartement double du prince
Période de création :
1802
Date du retissage :
1988
Matière et technique :
Damas
Rapport de dessin :
Hauteur : 8 cm ; largeur : 54 cm
Lieu de fabrication :
France, Lyon, Camille Pernon

© Grand Palais Rmn (Domaine de Compiègne), Stéphane Maréchalle
Lorsque Napoléon décide de réinvestir la résidence de Compiègne après la période révolutionnaire, il est décidé de puiser dans les réserves du Garde-Meuble pour réaménager rapidement ce nouveau palais de l’Empire. Ainsi le deuxième salon de l’appartement destiné à un couple de princes reçoit un meuble initialement prévu pour le petit salon de Joséphine Bonaparte au château de Saint-Cloud. Commandé en 1802 par le général Duroc, il est livré au Garde-Meuble entre 1804 et 1807, sans être installé dans ce palais. C’est donc à Compiègne qu’il trouve place à partir de 1808. Sur un fond d’or, la juxtaposition d’un décor de losanges et de feuilles d’acanthe alternés avec une rangée verticale de feuilles de laurier est mise en relief par un effet ombré de la teinte du damas. L’impression de volume donné au textile tendu est renforcée par la première frise de grecque disposée en forme d’arceau. Le traitement naturaliste des motifs de la seconde frise contraste avec la régularité des ornements stylisés et des rayures de l’étoffe. Le parti est particulièrement audacieux tant par cet effet de trompe-l’œil que par l’association des teintes beiges et violettes, qui contraste avec le bois sombre des sièges en acajou, confère une grande luminosité à cette pièce de petites dimensions et éclairée par une seule fenêtre.
Personnages associés :
Joséphine Bonaparte, Impératrice (1763-1814)
Géraud Christophe Michel Duroc, duc de Frioul, commanditaire (1772-1813)
Camille Pernon, soyeux (1753-1808)
Jean-René Flamand, tapissier (1760-1829)
Source bibliographique :
Coural, Jean, Gastinel-Coural, Chantal et Müntz de Raïssac, Muriel, Paris, Mobilier national, Soieries Empire, Paris, Réunion des musées nationaux, coll. « Inventaire des collections publiques françaises », n°25, 1980, p. 272-275
auteur
Etienne Guibert
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