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Palais princier de Monaco

Palais princier de Monaco Monaco

© Archives du palais princier de Monaco-Loïc Repiquet

Palais princier de Monaco Monaco

Frontière occidentale de la République de Gênes fortifiée au début du XIIIe siècle, la place de Monaco est occupée par les Grimaldi à partir de 1297. Reconnus définitivement comme seigneurs du lieu au milieu du XIVe siècle, ils transforment progressivement la forteresse en un palais de la Renaissance italienne. Vidée de ses collections pendant la période d’annexion qui fait suite à la Révolution française, la résidence princière est restaurée et remeublée à partir de la fin du XIXe siècle.

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Résidence Royale
Palais princier de Monaco

Pays 
Monaco

Période de création des soieries 
1881
Tentures murales : 2012 (tenture officielle)
2019 (tenture privée)

tenture officielle

Salle du trône
© Archives du palais princier de Monaco-Loïc Repiquet

Nom du château et nom de la pièce :
Palais princier de Monaco, Salle du trône

Période de création :
1881
Tentures murales : 2012

Matière et technique :
Trône : garnissage en velours de soie brodé de fils d’argent 
Coupole et baldaquin : velours de Vienne. Frise décorative en velours et broderie d’or 
Armoiries : Satins et velours de soie, soie peinte, lamé argent, broderies au fil de soie, passementeries dorées 
Tentures murales : damas de soie

Rapport de dessin :
Hauteur : 111 cm ; largeur : 85 cm

Détail des armoiries présentes sur le dais du trône
© Archives du palais princier de Monaco-Loïc Repiquet

Le premier trône du palais de Monaco, utilisé sous l’Ancien Régime, fut malheureusement perdu pendant la Révolution française, lorsque les biens du prince, saisis avec l’ensemble du Palais, furent vendus. Alors que son pouvoir est ébranlé par le « Printemps des peuples » et la sécession des villes de Menton et de Roquebrune en 1848, le prince Charles III (1818-1889) décide la réalisation d’un nouveau trône en 1881. Commandé au tapissier Félix Alfred Ternisien, ancien fournisseur de la cour de Napoléon III, le nouvel ensemble mobilier est installé au cours de la 25ème année de son règne au centre de la salle Grimaldi, plus grande pièce publique du Palais, qui deviendra plus tard la « salle du trône ». Il s’inspire de celui conçu pour Napoléon Ier au château de Fontainebleau. L’ensemble est tendu de velours de Vienne en soie de couleur cramoisie. Des broderies en fil d’argent, notamment le monogramme du prince, composé de deux « C » entrelacés et couronnés, du dossier circulaire, orne le fauteuil ainsi que le haut du dais. Ce dernier est surmonté de la couronne fermée en bois doré, rappelant la dignité de celui qui l’utilise. À l’intérieur du manteau, les grandioses armoiries princières faites de fils d’argent et de soie brodée ou peinte, surplombent le trône.

Renforçant la majesté du trône et créant une harmonie avec le pourpre, l’ensemble de la salle du trône est tendu de lampas de soie rouge dès 1863. En 1952, ces tentures sont remplacées par un damas de soie rouge dont le motif est différent du précédent. Soixante ans plus tard, pour pallier les détériorations du temps et de la lumière dans une pièce fréquemment utilisée pour les évènements protocolaires, une nouvelle campagne de restauration des tentures est lancée. La maison Houlès, entreprise familiale parisienne de tissus d’ameublement, est chargée de reproduire à l’identique le damas choisi en 1952.

Personnages associés : 

  • Charles III, prince de Monaco (1818-1889) 

  • Félix Alfred Ternisien, tapissier (1817- ?)

Sources bibliographiques : 

  • Blanchy, Thomas, Politique de souveraineté et sociabilité de cour dans la Principauté de Monaco, du Printemps des peuples à la mort d'Albert Ier (1848-1922), thèse de doctorat soutenue à l’université Paris-Sorbonne le 25 juin 2024, p. 469-479

  • Fouilleron, Thomas (dir.), Princes et princesses de Monaco, catalogue de l’exposition à la Cité interdite de Pékin du 7 septembre au 11 novembre 2018, Monaco, Grimaldi forum de Monaco, 2018, p. 83

tenture privée

La chambre royale, dite d’York 
© Archives du palais princier de Monaco-Loïc Repiquet

Nom du château et nom de la pièce :
Palais princier de Monaco, chambre royale, dite d’York

Période de création :
2019

Matière et technique :
Damas Louis XIV

Rapport de dessin :
Hauteur : 174 cm ; largeur : 53 cm

Lieu de fabrication : 
Lyon, France, manufacture Prelle

La chambre d’York (détail du damas)
© Archives du palais princier de Monaco-Loïc Repiquet

La chambre royale faisait autrefois partie des appartements royaux, quartier du palais construit au XVIIe siècle. Embellie par le prince Antoine Ier (1661-1731), qui obtint le rang de prince étranger à la cour du roi de France Louis XIV, en 1688, à l’occasion de son mariage avec Marie de Lorraine, fille de Monsieur le Grand écuyer, le comte d’Armagnac, elle fut décorée avec faste dans le style de l’époque. Les murs étaient tapissés de bandes de damas de soie rouge et de brocart d’or.

La chambre royale est au cœur des appartements dédiés à l’hébergement des hôtes de haut rang qui séjournaient auprès du Prince. Le duc Édouard-Auguste d’York, frère du roi Georges III d’Angleterre, y fut transporté d’urgence, alors que, malade, il ne pouvait continuer son voyage vers Gênes. Malgré les soins apportés, il mourut quelques jours plus tard dans cette chambre surnommée « chambre d’York » après cet évènement.

Pendant la Révolution française, le Palais fut vidé de ses collections et meubles, vendus comme biens nationaux. Transformé en hôpital, puis en dépôt de mendicité, il fut fortement dégradé. Faute de fonds, les travaux fondamentaux de restauration n’ont pas été effectués avant la deuxième partie du XIXe siècle, entre 1864 et 1865, sous le règne du prince Charles III (1818-1889). Un grand lit à baldaquin et des dorures inspirée de la chambre du roi à Versailles y sont alors installés, des tentures de velours rouges sont choisies.

L’ensemble des Grands Appartements a fait l’objet d’une restauration en 2019. De nouvelles tentures de damas rouge ont été commandées à une manufacture de soie lyonnaise.

Source bibliographique : 

  • Labande, Léon-Honoré, Le palais de Monaco, Paris, Honoré Champion, 1932, p. 192

auteur

Thomas Fouilleron

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