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Appartements du Dauphin et de la Dauphine

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Appartements du Dauphin et de la Dauphine

Ces appartements de rez-de-chaussée – communiquant directement par plusieurs escaliers avec celui de la reine situé au-dessus – étaient toujours réservés aux premiers membres de la famille royale. L’état actuel correspond à l’époque où ils étaient habités par le fils de Louis XV (Louis, dauphin de France) et par sa seconde épouse Marie-Josèphe de Saxe, c’est-à-dire entre 1747 et 1765. Ils abritaient le petit dauphin, futur Louis XVII et sa sœur Madame Royale lorsque la Révolution éclata.

Bibliothèque du Dauphin

Cette pièce harmonieuse servait de cabinet de retraite et de travail au fils de Louis XV ; elle fut utilisée plus tard par son propre fils, le futur Louis XVI, lorsqu’il habita, étant Dauphin, l’ancien appartement de sa mère.
Ces boiseries  datent de 1755 et les anges musiciens de la corniche rappellent les goûts du fils de Louis XV qui chantait, jouait de l’orgue et faisait régulièrement de la musique de chambre avec ses sœurs. En dessus-de-porte, quatre « marines » peintes par Joseph Vernet.
Sur la commode, exécutée pour cette pièce par Criaerd, est placée une plaque en porcelaine de Sèvres représentant la bataille de Fontenoy (11 mai 1745) à laquelle assista le Dauphin, alors âgé de quinze ans. Le bureau plat a été livré par Gaudreaux en 1744 pour Louis XV et il a servi ensuite à son fils.

Grand cabinet du Dauphin

A l’origine, il y avait ici trois pièces : la chambre et le cabinet de Monsieur, le cabinet de Madame ; elles servirent ensuite à Monseigneur qui les réunit en 1693 pour former la grande salle actuelle. Le décor en fut renouvelé en 1747 pour le fils de Louis XV, mais seules la cheminée et une partie des boiseries sculptées par Verberckt ont subsisté.
Pour orner les dessus-de-porte, le Dauphin avait demandé à Nattier de représenter ses sœurs Elisabeth, Henriette, Adélaïde et Victoire, avec les attributs des Quatre Eléments. Ces tableaux sont aujourd’hui au musée Sao Paolo (Brésil), et sont remplacés ici par des œuvres de Charles-Joseph Natoire provenant d’appartements princiers, maintenant disparus, de Versailles et de Marly. L’admirable bureau plat du Dauphin est l’œuvre de Bernard Van Rysenburgh. Les sièges, par Georges Jacob, proviennent du salon des Jeux de Louis XVI au château de Saint-Cloud. Le globe céleste et terrestre, renfermant un second globe où sont figurés les reliefs émergés et sous-marins, a été exécuté par Mancelle en 1781, à la demande de Louis XVI qui le destinait à l’éducation de son fils.

La chambre du Dauphin

À partir de la cour de Marbre, c’est après avoir traversé une salle des Gardes et deux antichambres que l’on accède à la chambre du Dauphin. La fonction de la pièce, tout comme ses dimensions et son décor, datent de 1747. Auparavant il y avait là un cabinet plus petit, successivement cabinet doré de Monseigneur qui y exposait les tableaux de sa collection, puis cabinet de travail du Régent qui y mourut en 1723. Comme pour tous les travaux de décoration menés au temps où il fut Premier architecte du roi (de 1742 à 1775), Gabriel fournit les dessins pour cette chambre. Selon l’usage, l’alcôve fut tendue de soieries alors que le reste de la pièce était lambrissé de chêne sculpté (ici dans l’atelier de Jacques Verbeckt qui réalisa alors la plupart des boiseries destinées à Versailles) rechampi blanc et or, c’est-à-dire à fond blanc et motifs dorés.
Le lit du Dauphin ayant disparu, il a été remplacé par un lit « à la duchesse » – c’est-à-dire dont l’impériale n’est pas soutenue par des piliers – exécuté vers 1740 pour la marquise de Créquy ; ses étoffes (ci-contre) sont ornées de motifs de rinceaux et de médaillons réalisés au petit point ; celui du dosseret représente Le sommeil du berger Endymion.

Seconde antichambre du Dauphin

Les deux tiers de cette salle correspondent au cabinet des Glaces de Monseigneur, qui était l’une des pièces les plus somptueuses de son appartement : dans le parquet de marqueterie, s’inscrivaient les chiffres entrelacés du prince et de son épouse ; le plafond et les murs étaient entièrement revêtus de miroirs enchâssés dans des encadrements de marqueterie d’ébène, d’étain et de cuivre, où se réfléchissaient les gemmes enrichies de pierres précieuses, les porcelaines et les cristaux de roche, posés sur des consoles de bois doré. En 1747, la pièce fut agrandie et son merveilleux décor disparut pour faire place à de simples boiseries.