Le Grand Commun est un bâtiment méconnu dans lequel subsistent des vestiges du XVIIe siècle. Son histoire est intimement liée à celle du Château, de sa construction sous Louis XIV jusqu’à nos jours où il accueille une partie du personnel de l’Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles.

La construction du Grand Commun

En 1682, Louis XIV installe définitivement sa Cour à Versailles. Les deux ailes de l’avant cour, construites vingt ans plus tôt et dont l’une abrite les offices, ne suffisent plus à accueillir les domestiques. Louis XIV décide alors l’édification d’un important bâtiment pour loger les domestiques et officiers secondaires, à proximité directe du Château.

Dessiné par Jules Hardouin-Mansart, le Grand Commun est achevé en 1684 et reprend l’harmonie de brique et de pierre que Louis le Vau avait choisie pour les premiers agrandissements du Château. Imposant quadrilatère de 82 mètres sur 76 mètres, le nouveau bâtiment a une superficie de 15 000 m2, répartis sur six niveaux et combles.

Coupe du Grand Commun (1756)

©RMN-Grand Palais Château de Versailles/Gérard Blot

L’utilité première du Grand Commun était la préparation de la nourriture des personnes ayant bouche à cour, à l’exception des tables du roi et de la reine préparées à l’intérieur du château pour des questions de sécurité. 

Dans la cour intérieure se dressait une fontaine, source d’approvisionnement en eau. Le rez-de-chaussée, remarquable par son plafond vouté de 6 mètres de hauteur, accueille des cuisines, une chapelle, des salles à manger et des bureaux. Les premiers et deuxième étages sont divisés en appartements, les plus spacieux et confortables étant au premier. Les derniers étages, l’attique et les combles, sont plus bas de plafond ; l’ajout progressif d’entresols crée des espaces toujours plus exigus.

 

La vie au Grand Commun

Les appartements du Grand Commun accueillaient des serviteurs au profil varié, du simple cuisinier à des courtisans tels Le Nôtre ou Colbert. Souvent, ces derniers étaient installés dans les spacieux appartements du premier étage, faute de place dans le Château. S’il était moins prestigieux de résider au Grand Commun, associé au personnel, il avait pour avantage d’être moins surveillé, laissant place à des agrandissements abusifs d’appartements. Entre ces nobles et courtisans, une réelle course au logement s’organisait dès la libération d’un logement au Château, puis pour chaque appartement de meilleure classe.

Le second étage était occupé par des officiers ou des jeunes soldats, et l’attique réservé aux employés de bas niveaux tels que les cuisiniers, les lingers, les portes tables. Si l’aménagement des combles n’était pas prévu à l’origine, L’Etat des logements dressé en 1722 lors du retour de la Cour y fait état de nombreux logements. Plus que rudimentaires, ces chambres posaient un réel problème de sécurité du fait des cheminées et poêles installés sans autorisation.

Le Grand Commun manque rapidement de place. Des cloisons sont montées, des entresols créés, et de 103 appartements en 1684, le bâtiment passe à 220 appartements en 1722. Ainsi, au retour de Louis XV à Versailles, près de 1 500 personnes vivent dans ce bâtiment, sans compter le personnel non-résident qui vient y travailler quotidiennement. Si les appartements des premier et deuxième étages sont divisés, ce sont les conditions de vie de l’attique et des combles qui s’aggravent.

Le Grand Commun restera en l’état jusqu’à la Révolution Française et le départ de la famille royale en 1789.

 

Le Grand Commun depuis la Révolution française

Si l’extérieur du Grand Commun nous est parvenu pratiquement intact, peu de choses demeurent de son aménagement du XVIIe siècle. Après la Révolution Française, le bâtiment reçut plusieurs affectations qui bouleversèrent son plan intérieur.

De 1793 à 1810, il fut occupé par la manufacture d’armes dirigée par Nicolas-Noël Boutet, arquebusier de Napoléon Bonaparte, puis il devint le siège de plusieurs écoles pendant la Restauration. A partir de 1832, le Grand Commun fut transformé en hôpital militaire, désigné par la suite hôpital Dominique Larrey. Il occupera cette fonction jusqu’en 1986.

Carte postale Versailles - Hôpital militaire (1909)

©Archives du château de Versailles

 

Le Grand Commun réintégré au Domaine de Versailles

L’Armée restitue le Grand Commun au domaine national de Versailles en 1996. S’opère alors un immense chantier de restauration et de réaménagement, sous la direction des architectes Frédéric Didier et Bernard Desmoulin. Dans la cour, des fouilles archéologiques sont menées en 2006 et 2007, permettant d’identifier l’emplacement du jeu de paume de Louis XIII ainsi qu’un cimetière du haut Moyen Âge.

L’objectif de ce chantier est de regrouper, sur un site unique, les services administratifs et techniques de l’Etablissement public du château, du musée et domaine national de Versailles, le Centre de Recherches du château de Versailles, les archives, des réserves, et un pôle technique.

Sondages archéologiques menés par l'INRAP en 2006-2007

©Patrick Tournebœuf/Tendance Floue/Oppic

La restauration du Grand Commun a permis de dégager les structures du XVIIe siècle et de retrouver la substance patrimoniale du bâtiment. Outre la restauration des pièces maîtresses de la charpente et la consolidation des plafonds moulurés, la remise en valeur la plus spectaculaire a concerné les six escaliers monumentaux.

Les matériaux modernes, comme le métal et le verre, sont associés aux matériaux d’origine : sol en pierre et terre cuite, murs en pierre de taille. Tout l’enjeu de cette restauration a été de créer un espace de travail fonctionnel dans le respect de ce bâtiment, classé Monument historique depuis 1929.

Aujourd’hui, le Grand Commun accueille une partie du personnel du château de Versailles, retrouvant en un sens sa fonction d’origine. Chaque jour, près de 300 personnes œuvrent à la vie du Domaine dans ce bâtiment dessiné par Jules Hardouin-Mansart et rénové pour être un véritable espace de vie et de travail.

Rejoindre le château de Versailles

En 2018, le Grand Commun a ouvert ses portes au public à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine.

©Patrick Tournebœuf/Tendance Floue/Oppic

©Christian Milet

©Droits réservés

© Château de Versailles / DR

 

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