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La Chapelle royale

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La Chapelle royale

Dans la monarchie française, le roi est l’élu de Dieu et par son sacre il devient son « lieutenant » sur terre. Les peintures et les sculptures de la chapelle de Versailles rappellent cette idée dans un cycle qui part de la nef et aboutit à la tribune où se tenait le roi.

Le sol décoré de marbre et l'autel de la Chapelle vus
depuis la tribune royale

Louis XIV n’a connu cette chapelle que durant cinq ans puisqu’elle n’a été achevée qu’en 1710. Celle qu’il a le plus fréquentée, édifiée en 1682 à l’emplacement du salon d’Hercule, s’était vite avérée trop exiguë. Cependant, les guerres avaient retardé le chantier de la Grande Chapelle, ouvert dès 1689 par Hardouin-Mansart. L’architecte n’en vit d’ailleurs pas la fin puisqu’il mourut en 1708. À cette date, son beau-frère Robert de Cotte lui succéda, mais les lignes générales de l’architecture et du décor avaient été arrêtées dès 1699 : un plan avec nef, bas-côtés et déambulatoire, une élévation avec tribunes, une harmonie de blanc et or contrastant avec la polychromie du pavement de marbres et des peintures de la voûte ; le tout aboutit à une œuvre originale où se mêlent réminiscences de l’architecture gothique et esthétique baroque.

Chaque jour, généralement le matin à 10 heures, la Cour assistait à la messe du roi. Celui-ci se tenait à la tribune royale, entouré de sa famille. Les dames de la Cour occupaient les tribunes latérales. Dans la nef se trouvaient les « officiers » et le public. Le roi n’y descendait que pour les grandes fêtes religieuses où il communiait, pour les cérémonies de l’ordre du Saint-Esprit, pour les baptêmes et pour les mariages des Enfants de France qui y furent célébrés de 1710 à 1789. Au-dessus de l’autel, autour de l’orgue de Cliquot tenu par les plus grands maîtres comme François Couperin, la musique de la Chapelle, renommée dans toute l’Europe, chantait quotidiennement des motets tout au long de l’office.

Dans la monarchie française, le roi est l’élu de Dieu et par son sacre il devient son « lieutenant » sur terre. Les peintures et les sculptures de la chapelle de Versailles rappellent cette idée dans un cycle qui part de la nef et aboutit à la tribune où se tenait le roi. En effet, au-dessus des piliers de la nef sont représentés les anges porteurs des instruments de la Passion du Christ qui conduit à sa mort, thème illustré par le grand bas-relief du maître-autel ; au-dessus, le retable exprime l’éclat de la résurrection avec le symbole divin du triangle enfermant le nom de Iahvé écrit en hébreu, au milieu de rayons. À la demi-coupole au-dessus de l’orgue, le Christ apparaît dans la gloire de la Résurrection, puis à la voûte Dieu le père et enfin au-dessus de la tribune, on assiste à la descente du Saint-Esprit, la troisième personne de la Sainte Trinité, symbolisé par une colombe, qui doit inspirer les actions du roi.

Les toits de la Chapelle royale

Restauration extérieure de la Chapelle royale

Les dernières interventions d’envergure pour restaurer l’édifice datent des XIXe et XXe siècles. On constate aujourd’hui un état de conservation précaire de la toiture et du décor sculpté extérieur qui nécessite une action de restauration urgente sur le clos et le couvert. Elle sera menée à partir du 1er trimestre 2017 et portera sur la charpente, les ardoises, les ornements en plomb et la dorure, les façades en pierre de taille, ainsi que la statuaire et les vitraux.

Cette restauration indispensable est rendue possible grâce au mécénat de la Fondation Philantropia :

 

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