Frédéric Nepveu Architecte des palais de Versailles et de Compiègne (1777-1862)

Architecte des salles historiques du musée de Louis-Philippe, on lui doit la célèbre galerie des Batailles.

Architecte de Versailles depuis 1832, Nepveu connaît son heure de gloire lorsque Louis-Philippe, roi des Français, lui confie la réalisation de son musée « dédié à toutes les gloires de la France » en 1833, inauguré en 1837 et poursuivi jusqu’en 1848. Cette réalisation est placée sous la direction de Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853), ancien architecte de Napoléon et de Louis XVIII, devenu celui de Louis-Philippe à son arrivée sur le trône en 1830. Les deux hommes conçoivent la galerie des Batailles dans l’aile sud du Château, à l’emplacement des anciens appartements des Princes, sur le modèle de la Grande galerie du Louvre. 

Conformément à l’esprit du musée, dédié « à toutes les gloires de la France », la galerie présente en trente-trois tableaux les grandes batailles de l’histoire de France, de Tolbiac en 496 à Wagram en 1809.

Longue de 120 mètres sur 13 de large, elle fut ornée de quatre-vingt-deux bustes des plus célèbres militaires français et de seize tables de bronze de tous ceux ayant contribué à la grandeur militaire de la France.

Dans le même esprit, Nepveu aménage dans l’aile nord, au rez-de-chaussée et dans les Grands Appartements du corps central, une série de salles historiques figurant les grands personnages et les principaux événements de l’histoire de France. Il prit soin préalablement de relever les états existants, lesquels servirent en partie à la restitution de certains espaces à la fin du XIXe siècle et au XXe siècle. Si la galerie des Batailles entraina la destruction irrémédiable des appartements de l’aile du Midi, on put rétablir en revanche les Grands Appartements dans leur état du XVIIIesiècle. Il en fut de même, entre 1980 et 1986, pour les appartements du Dauphin, de la Dauphine et de Mesdames, filles de Louis XV, au rez-de-chaussée. Pierre de Nolhac, conservateur du musée de 1892 à 1919, farouche adversaire de ce musée monotone, fut le grand initiateur de ce retour aux états historiques.

Élève des architectes Antoine-François Peyre et Charles Percier, Nepveu n’est guère connu en dehors de son activité à Versailles et Compiègne. Décoré en 1834 de la Légion d’honneur, il conçoit en 1814 et 1819 deux projets de bibliothèque publique pour Paris puis, en 1852, celui de réunion du Louvre et des Tuileries, suivant le grand dessein de Napoléon III, projets restés sans lendemain.