Quelques images du domaine de Marly
Quelques images du domaine de Marly
Situé à 7 km au Nord-Ouest de Versailles, Marly est l’autre réalisation majeure de Louis XIV après Versailles. Il en fit sa résidence de plaisance. Jules Hardouin-Mansart y témoigna de son double talent d’architecte et de jardinier.
Le Roi-Soleil crée à Marly un chef-d’œuvre de l’architecture et des jardins français du XVIIe siècle, en même temps qu’un lieu de villégiature prisé de la Cour. Il s’agit en effet d’une des créations les plus originales du Grand Siècle. Le parti pris est à l’opposé de celui de Versailles :
La résidence royale est située dans un vallon encaissé. Elle n’est visible qu’une fois franchies les limites du domaine. Elle est dissimulée dans la forêt de Marly et située près du village éponyme. Il ne s’agit pas d’un château mais de pavillons disposés suivant deux grands axes de perspective : un axe majeur nord-sud, composé successivement, de haut en bas, d’une grande cascade, dénommée « Rivière », d’un vaste miroir d’eau entre deux nappes d’eau avec cascades, de bassins latéraux, d’un grand abreuvoir suivi, dans la forêt, d’une allée avec bassin central. L’axe est-ouest consiste, depuis la route de Louveciennes, en une allée pavée qui se fait boisée de l’autre côté du vallon, avec pavillon d’entrée et chapelle d’une part, et communs d’autre part. Le pavillon du roi est le centre de ce dispositif. Au-devant, de part et d’autre du miroir d’eau, sont, à l’instar des planètes autour du soleil, douze petits pavillons disposés symétriquement, avec un côté pour les hommes et un autre pour les femmes. Ils sont reliés par des berceaux de treillages et bordés d’allées jalonnées d’ifs et d’arbres diversement taillés. Communs, écuries et offices sont dissimulés derrière des rideaux d’arbres. Sur le mur aveugle de ces derniers, le roi y fait peindre une fausse colonnade ouvrant sur un jardin qui inspirera celle du Grand Trianon. D’ailleurs tout est trompe-l’œil ici : l’architecture des pavillons, peinte par Le Brun, y est essentiellement feinte !
Comme à Versailles, les jardins disposent de nombreux bosquets. Mais si la statuaire y est plus réduite, l’eau y est en revanche plus abondante. Du fait de la proximité de la Seine, nappes et jets d’eau abondent en effet à Marly, grâce à la fameuse et colossale « machine » disposée sur le fleuve, chef d’œuvre d’ingénierie hydraulique du temps, réalisée en 1681-1684 par le Liégeois Arnold de Ville pour la somme faramineuse de 3 700 000 livres ! La beauté des eaux, jointes à celle des bâtiments et des jardins, font du lieu, aux dires des contemporains, « le plus bel endroit du monde » ! Outre Mansart et Le Brun, les meilleurs sculpteurs participent à l’enchantement, dont les œuvres sont aujourd’hui visibles dans la cour Marly du Louvre. On retiendra les fameux chevaux des frères Coustou à l’abreuvoir, venus remplacer au XVIIIe la Renommée et le Mercure de leur oncle Coysevox, placés à l’entrée des Tuileries. Marly, c’est aussi, dans le pavillon du roi, les scènes de batailles décalées de Van der Meulen et les premières cheminées à la française avec trumeau de glaces au-dessus par Pierre Le Pautre, prémices du décor des salons français du XVIIIe siècle.