Reçu en 1778 par Louis XVI, Benjamin Franklin obtient le soutien militaire de la France. Un soutien qui aboutira à la signature du traité d’indépendance des États-Unis, en 1783, à Versailles.

Depuis le calamiteux traité de Paris en 1763, qui a vu notamment la perte du Canada et des Indes, la France rêve d’une revanche sur l’Angleterre. La guerre d’indépendance  des colonies anglaises d’Amérique lui en fournit l’occasion. Le 4 juillet 1776, elles ont proclamé unilatéralement leur indépendance. Une guerre s’ouvre avec l’Angleterre qui entend mater la rébellion. Malgré leur succès, les insurgés, commandés par le général Washington, ont besoin d’un soutien militaire. Le général La Fayette, arrivé en Amérique en juin 1777 pour soutenir leur cause, va le leur fournir. Devenu l’intime de Washington – ses brillants succès au combat lui ont valu sa confiance – il parvient à convaincre le Congrès américain d’envoyer une délégation à Versailles.

ANECDOTE

Franklin et ses amis ont conquis non seulement la diplomatie française, mais aussi le cœur des Français par leur simplicité. Ils deviennent les idoles de Paris et de Versailles.

Le  3 décembre 1777, arrivent en France les trois plénipotentiaires américains : le célèbre homme d’État et physicien Benjamin Franklin, accompagné des diplomates Silas Deane et Arthur Lee. Quoique reçus officiellement à Versailles le 21 mars 1778, ils ont déjà négocié entre temps avec Vergennes, ministre des Affaires étrangères, un traité d’alliance. Signé le 6 février 1778, ce traité marque l’entrée en guerre de la France contre l’Angleterre. Les trois hommes ont conquis non seulement la diplomatie française, mais aussi le cœur des Français par leur simplicité. Ils deviennent les idoles de Paris et de Versailles.

Après avoir attendu dans le salon de l’Œil-de-Bœuf, Benjamin Franklin et ses amis sont introduits par Vergennes dans la grande chambre du Roi. Louis XVI leur remet un mot d’amitié au Congrès. Le roi a fait envoyer une aide militaire importante : 6 000 hommes commandés par Rochambeau. Cette aide participe à la défaite anglaise de Yorktown le 17 octobre 1781. Le sort de l’Angleterre est scellé. Le traité de paix définitif est signé à Versailles, à l’Hôtel des Affaires étrangères (dans l’actuelle rue de l’Indépendance américaine), le 3 septembre 1783.