Saint-Simon Un mémorialiste à Versailles (1675-1755)

Les écrits de Saint-Simon constituent l’un des témoignages les plus complets du règne de Louis XIV. Installé à la Cour, l’écrivain et historien dépeint le quotidien de Versailles et se passionne également pour les affaires politiques. En 1715, à la mort du roi, il entre au Conseil de régence avant de s’éloigner de la Cour, dans son château de la Ferté-Vidame. Il meurt en 1755.

Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, naît dans l’ombre du Château. Fils de Claude de Saint-Simon, ancien favori de Louis XIII, il est baptisé à Versailles en 1677. Son parrain n’est autre que Louis XIV et sa marraine Marie-Thérèse d’Autriche, l’épouse du roi.

Parti pour faire carrière dans l’armée, il choisit finalement la vie à la Cour et embrasse la carrière d’historien. Plongé dans les intrigues du Château, ami de plusieurs courtisans et ministres dont Pontchartrain et Desmarets, Saint-Simon en devient le meilleur chroniqueur. Peu apprécié du roi, il réussit à rétablir la situation en sa faveur suite à deux entretiens qu’il obtient avec Louis XIV, en 1710. Il réside alors dans un luxueux appartement à Versailles, grâce à sa femme devenue dame d’honneur de la duchesse de Berry. Témoin, Saint-Simon consigne dans ses Mémoires, ses observations et critiques. Aucun protagoniste de Versailles ne lui échappe. Il dépeint, parfois avec férocité, les dessous du Château.

Histoire

Une journée de Louis XIV

Minute après minute

À la mort du Roi, en 1715, le duc d’Orléans, proche de Saint-Simon, devient Régent pendant la minorité de Louis XV. Le temps est venu pour l’écrivain de développer ses théories politiques. En septembre, il entre au Conseil de régence. Mais la mort du duc d’Orléans en 1723, l’écarte définitivement du pouvoir. Cet événement l’éloigne de la Cour. Il choisit de se retirer dans son château de la Ferté-Vidame, à une cinquantaine de kilomètres de Chartres. En 1749, il termine la rédaction de ses Mémoires qui courent jusqu’à la mort du Régent en 1723. Saint-Simon s’éteint le 2 mars 1755, dans son hôtel parisien rue de Grenelle. Ses écrits ne seront publiés dans leur ensemble qu’en 1829, par les héritiers de l’historien. Marcel Proust et Stendhal en seront de fidèles lecteurs.