Madame Palatine L’épistolière de la Cour (1652-1722)

Seconde épouse de Monsieur, frère du roi Louis XIV, Madame Palatine est restée, à l’égal de Saint-Simon, un témoin privilégié de la Cour de Versailles. Elle laisse à sa mort, en 1722, quelque 90 000 lettres. Mœurs des courtisans, grands événements de l’année, anecdotes, elle dépeint au gré de ses humeurs la vie quotidienne du Château. Mère du futur régent, la Palatine épargne dans ses écrits Louis XIV, qu’elle admire.

Élisabeth-Charlotte de Bavière, surnommée « Liselotte » mais aussi « La Palatine », est une princesse allemande élevée dans la religion réformée. Mariée en 1671 à Monsieur, frère du roi, et convertie par obligation au catholicisme, elle s’installe à la Cour et en devient une observatrice attentive.

ANECDOTE

Ses écrits sont en particulier connus pour la haine qu’elle voue à Mme de Maintenon, qu’elle traite d’« ordure du roi », et pour son admiration, voire son amour, envers Louis XIV.

Épistolière, elle consigne dans sa correspondance les grands événements comme le simple quotidien de la Cour. Depuis son bureau du Palais-Royal, de son château de Saint-Cloud ou de Versailles, elle dépeint férocement, fidèle à son fort caractère, les protagonistes du Château. Ses courriers, très surveillés par Monsieur de Torcy, surintendant des postes, diffusent en Europe une image peu reluisante de la Cour du roi.

En 1674 et 1676, malgré les goûts de son mari pour la gent masculine, elle donne naissance à trois enfants dont Philippe d’Orléans, futur régent du royaume pendant la minorité de Louis XV.

Sa correspondance en allemand et en français, dont une infime partie est conservée, est considérée comme l’une des meilleures chroniques du Grand Siècle. Elle meurt à Saint-Cloud en décembre 1722.