Ce lundi 11 mars 2019, débutent les travaux de restauration du cabinet d’angle du Roi - cabinet de travail de Louis XV et Louis XVI – initiés grâce au mécénat de Rolex France qui s’engage pour la première fois aux côtés du château de Versailles afin de redonner à ce lieu son éclat d’origine.

Coup d’envoi des travaux de restauration du cabinet d’angle du Roi. En enfilade de la chambre à coucher et du salon de la Pendule, cette pièce est aujourd’hui la dernière de l’appartement intérieur du Roi à présenter des dorures et des peintures ternies. Devenu indispensable, le projet de restauration, porté par le mécénat de Rolex France, vise donc, à retrouver l’éclat de ce chef-d’œuvre de l’art rocaille. En conservant et, en remettant en valeur avec le plus grand soin, toute son authenticité.

Haut lieu du pouvoir

D’abord salle du Billard, transformée par Jules Hardouin-Mansart en cabinet aux tableaux pour abriter la collection de Louis XIV, l’espace est finalement divisé en trois pièces par Ange-Jacques Gabriel entre 1735 et 1738, afin de créer l’appartement intérieur du Roi. Selon la volonté de Louis XV désireux de disposer d’un lieu de vie plus confortable et intime, conformément au goût de l’époque. Le cabinet d’angle devient, dès lors, le lieu de travail du souverain qui a coutume de s’y retirer, soit seul, soit avec l’un ou l’autre de ses ministres. Louis XVI conserve l’usage de ce cabinet qui demeure le lieu où le Roi règle ses affaires personnelles.

« En continuant la visite des appartements du côté des cours du Château, on tombait dans cette série de cabinets où le roi passait sa vie et travaillait sans cesse. Les meubles les plus rares y étaient entassés ainsi qu’une foule de curiosités », témoigne d’ailleurs un page de la cour de Louis XVI (d’après un texte publié en 1873, par Charles-Robert-Marie-Guillaume de France d’Hézecques).

Sous le règne de Louis XVI, le cabinet d’angle est notamment le théâtre des négociations entre la France et les représentants des futurs États-Unis d’Amérique. Avec la visite en 1778, de Benjamin Franklin afin de sceller une alliance. En témoigne le riche candélabre dit « de l’Indépendance américaine » – commandé par Louis XVI à Pierre-Philippe Thomire –livré et installé dans cette même pièce en 1785. Il célèbre, non seulement l'une des plus importantes actions militaires et diplomatiques de son règne, mais surtout le lien d’amitié indéfectible entre l’Amérique et la France contre l’Angleterre.

Décor somptueux

Cet espace dédié au travail du roi reste tendu de tapisseries de damas jusqu’aux interventions successives de 1753 et 1760 pour en harmoniser le décor avec celui du reste de l’appartement, constitué de boiseries toute hauteur rehaussées de dorures. Chef d’œuvre de Jacques Verberckt, le décor du cabinet d’angle est depuis, considéré comme l’un des plus beaux décors rocaille du Château.

Les glaces sont encadrées de tiges de palmiers enguirlandées et de montants où la fleur de lys à mi-hauteur est surmontée de petits trophées pacifiques, tambourins, chalumeaux, carquois et torches, attributs de chasse et scènes champêtres. Tous ces motifs s'équilibrent sans se répéter ; le haut des montants supporte des enfants tenant des guirlandes dans des attitudes variées. Les enfants constituent l'objet général de la décoration. Ils se retrouvent dans les sept médaillons, placés au centre des panneaux et dont neuf sont d'importants bas-reliefs ; figurés en train de jouer à la bascule, aux bulles de savon, de faire des guirlandes, les vendanges, ou encore de s'amuser avec des animaux tel qu’un dauphin et un petit chien. Une des plus jolies scènes reprenant de façon originale, le motif classique du « bouc aux enfants ».

Cette modification du décor marque un tournant dans l’importance et le rayonnement de cette pièce. Louis XV y installe ainsi, des meubles remarquables, de par l’élégance de leur forme, la qualité de leur marqueterie et la magnificence de leurs bronzes. Cet ensemble toujours exposé, se compose de la commode-médaillier d’Antoine-Robert Gaudreaus, livrée en 1738, des encoignures fournies par Gilles Joubert en 1755, et surtout du secrétaire à cylindre réalisé par Jean-François Œben et achevé par Jean-Henri Riesener de 1760 à 1769, sans doute l’un des meubles les plus célèbres au monde.

 Le bureau du roi 

 Ce secrétaire à cylindre a été commandé à l’ébéniste Œben en 1760. À sa mort en 1763 le meuble n’était pas achevé. Riesener en reprend la réalisation et livre le meuble à Versailles en 1769. Il est alors placé dans le cabinet intérieur du Roi.

Ce chef-d’œuvre du mobilier français du XVIIIe siècle est un tour de force esthétique et technique : marqueterie, placage, bronzes, mécanique, dorure, horlogerie, essences de bois précieux… le plus haut raffinement est recherché pour le service du Roi.

Le décor du meuble développe des motifs célébrant le roi, les lettres, les sciences et le commerce. Les grands tableaux de marqueterie, peut-être dessinés par Riesener, représentent les attributs de l’Ecriture, de la Poésie dramatique et de la Poésie lyrique, de l’Astronomie et des Mathématiques, de la Marine et de la Guerre. Figurent également les produits de la mer et ceux de la terre que le chiffre du roi séparait en deux parties, alors que les attributs de la monarchie ornaient le centre du cylindre.

Le décor de bronze, modelé par Jean Claude Duplessis, ciselé par Hervieu, est emprunté à l’Antiquité : Apollon et Calliope, muse de la Poésie épique et de l’Éloquence, soutiennent les girandoles de part et d’autre du cylindre, Minerve est glorifiée sur le bas-relief occupant le centre du revers, tandis que massues et dépouilles de lion d’Hercule décorent les angles.

Au cours de la Révolution, les emblèmes monarchiques du bureau ont été remplacés, avec la collaboration de Riesener (les attributs de la monarchie sur le cylindre, par un trophée scientifique ; les chiffres du roi par deux plaques en biscuit de Sèvres bleu et blanc), ou ont tout simplement disparus, comme le médaillon du roi.

Le projet de restauration

Les interventions de restauration – à l’identique – porteront essentiellement sur le décor de boiseries, les peintures, les dorures, le parquet, la gypserie et la marbrerie de la cheminée. La dépose complète des lambris et du parquet permettra d’effectuer les consolidations structurelles nécessaires et de dissimuler tous les réseaux d’éclairage et de sécurité. L’ensemble du décor de boiseries, tout comme la cheminée, seront traités en atelier ; à l’exception des panneaux d’ébrasement vers le cabinet de la Pendule, traités sur place. Les lacunes des parties sculptées seront restituées ou remises en place d’après les éléments que les services de la Conservation pourront mettre à disposition.

La dorure ancienne sera nettoyée et complétée, et la peinture à la colle en « blanc de Roi » reprise à l’identique selon les techniques du XVIIe siècle. Afin d’améliorer sa présentation au public, l’éclairage des luminaires anciens, lustres, girandoles et bras de lumière sera repensé afin de restituer l’atmosphère intime de la pièce. Le projet prévoit également des interventions de maçonnerie plâtrerie et de charpente sur des ouvrages non visibles.

Par ailleurs, le secrétaire à cylindre sera confié au Centre de recherche et de restauration des musées de France qui effectuera un nettoyage et un recollage des placages en bois satiné et des marqueteries soulevées. Une campagne globale de nettoyage des bronzes de ce bureau et des médailliers de Gaudreaus et Joubert sera également menée.

Rolex au service des arts et de la culture

Depuis sa création en 1905, Rolex, manufacture horlogère suisse établie à Genève, est réputée dans le monde entier pour son savoir-faire et la qualité de ses produits. Une valeur d’excellence qui se traduit par un attachement indéfectible à la beauté, à la créativité et à la longévité. Et se reflète dans son engagement de longue date en faveur des arts et de la culture. Qu’il s’agisse de musique, d’architecture, de cinéma, de littérature, ou de toute autre forme de créativité, Rolex œuvre en coulisses pour contribuer à préserver les trésors culturels et partager les connaissances « pour bâtir un monde meilleur pour les générations futures ». Bien plus qu’un simple mot sur le cadran de leurs montres, « Perpetual » est donc une véritable philosophie inspirée par la vision du fondateur de Rolex, Hans Wilsdorf.

C’est animé de cette volonté de contribuer à la préservation et à la transmission d’un patrimoine culturel unique inscrit dans l’histoire, que Rolex France s’engage pour la première fois au côté du château de Versailles, pour la restauration du cabinet d’angle du Roi. En permettant de redonner toute sa superbe à cet écrin, ses boiseries, ses objets d'art emblématiques… et par là-même offrir un nouveau rayonnement à ce lieu d’exception.