versailles et l'indépendance américaine
Le 4 juillet 2026, à l’occasion du 250ᵉ anniversaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis, l’appartement du capitaine des gardes rouvre ses portes au public avec un nouvel accrochage consacré à cet épisode majeur de l’histoire. Conçues à partir de peintures et de sculptures issues des collections du château de Versailles, les nouvelles galeries occupent trois pièces de l’appartement et mettent en lumière le rôle déterminant joué par la France dans la guerre d’Indépendance américaine. La première salle explore les relations diplomatiques entre la France et l’Amérique aux XVIIe et XVIIIe siècles. La seconde est consacrée aux affrontements militaires du conflit ainsi qu’aux figures françaises et américaines qui s’y sont distinguées. Enfin, la dernière salle évoque le retour de la paix, scellé notamment par la signature, à Versailles, de l’un des traités mettant fin à la guerre, le 3 septembre 1783.
L’appartement dU capitaine des gardes
À Versailles, Louis XIII avait déjà accordé une place importante à ses gardes. Ils occupaient plusieurs pièces au sein-même de la maison, au rez-de-chaussée de l’aile nord ; un “magasin des armes” et la “chambre du capitaine des gardes”. La chambre avait une position idéale pour contrôler les entrées du logis et veiller sur le grand escalier montant à la chambre du Roi.
À l’arrivée de Louis XIV à Versailles, il fallut agrandir le Château pour accueillir toute la famille royale. De plus, en tant que résidence officielle du roi et du pouvoir, le Château était accessible au public et devait être constamment sécurisé et surveillé. L’accessibilité à la personne royale était une tradition ancestrale qui avait ses limites, car cela accentuait la mise en danger du souverain.
Malgré les nombreux travaux qui ont ensuite transformé le Château, l’appartement du capitaine des gardes est resté dans la même partie nord du bâtiment central. L’appartement se compose aujourd’hui de quatre pièces : une antichambre, un grand salon, une chambre et un salon intérieur.
Le capitaine des gardes
Les fonctions de capitaine des Gardes comprenaient quatre titulaires, qui se succédaient au service "par quartier" (par trimestre). Le capitaine des gardes en service vivait donc dans cet appartement situé près de la petite salle des gardes et de l’escalier du Roi.
Pourtant, ces différents gardes n'évitent pas l’attentat de Damien contre Louis XV le 5 janvier 1757. Alors que le souverain s’apprêtait à regagner Trianon vers 6 heures du soir, malgré la présence du colonel des Suisses, du grand écuyer, du premier écuyer et de son capitaine des gardes, il fut frappé par un ancien domestique fanatique au sortir du rez-de-chaussée, juste après sa petite salle des gardes. Le climat glacial sauva le roi : il était si emmitouflé que la lame ne causa qu’une simple égratignure. Après s’être remis de ses émotions, Louis XV ne put s’empêcher de dire à son capitaine des gardes, le duc d’Ayen : « Avouez, monsieur, que je suis bien gardé ! » Des mesures furent prises dès le 15 janvier et les règles de sécurité renforcées. Ainsi, les gens de livrées eurent des accès bien plus limités aux appartements royaux.
L'appartement privé de la reine
Dans la continuité de l'appartement du capitaine des Gardes, vers la Galerie Basse, se trouve une partie de l’appartement privé de la reine. Ce dernier fut installé en 1784 pour Marie-Antoinette sur l'emplacement d'une partie de l'ancien appartement de Madame Sophie, décédée en 1782. Trois pièces principales et plusieurs pièces secondaires d'ordonnance y furent aménagées. Lorsque la reine quittait son appartement d'apparat situé au premier étage, elle empruntait le passage du Roi et un petit escalier menant à la baie nord du vestibule de marbre de la Galerie Basse.
Ce vestibule, qui datait de 1679, avait été cloisonné à la demande de Madame Sophie, pour agrandir son appartement. Ainsi, deux nouvelles pièces avaient été créées près de la salle de bains de la princesse : une salle de tour et une bibliothèque, dont les murs étaient recouverts de stucs peints de paysages et de feuillages ornementaux encadrés d'imitation marbre. Quinze ans plus tard, cette pièce devint le cœur de l'appartement privé de la reine Marie-Antoinette ; elle fut démolie au XIXe siècle et il n'a pas été possible de la restaurer.



