Jules Hardouin-Mansart Premier architecte et surintendant des bâtiments du roi (1646-1708)

Architecte favori de Louis XIV, Hardouin-Mansart est l’auteur des plus célèbres réalisations architecturales du règne. Il incarne le classicisme français de la fin du XVIIe siècle. Il donna naissance à Trianon, aux beaux décors de boiseries rocaille du XVIIIe siècle.

Véritable génie de l’architecture, le nom d’Hardouin-Mansart est attaché aux réalisations les plus grandioses du règne de Louis XIV. La première attestée pour le roi est le château du Val en forêt de Saint-Germain en 1674.

À Versailles, il réalise la galerie des Glaces, les ailes du Nord et du Midi, les Grande et Petite Écuries, l’Orangerie, le Grand Commun, la Chapelle royale, les bosquets des Dômes et de la Colonnade, le Grand Trianon, l’église Notre-Dame ou encore le couvent des Récollets…

Pour Mme de Montespan, Hardouin-Mansart bâtit à Versailles en 1675 le fameux château de Clagny aujourd’hui détruit. En 1676, Louvois lui confie l’église Saint-Louis des Invalides qu’il complète par le fameux Dôme, autre chef-d’œuvre de l’architecte. Il est aussi l’auteur des pavillons et jardins de Marly ; de la maison d’éducation à Saint-Cyr pour Mme de Maintenon ; du Château neuf de Meudon pour le Grand Dauphin ; des places des Victoires et Vendôme à Paris ; de l’hôtel de ville d’Arles et du palais des États de Dijon en province…

Personnage ambitieux, qualifié d’« habile courtisan » en son temps, il accède très rapidement aux plus hautes fonctions grâce aux soutiens de Mme de Montespan, maîtresse du roi, puis de Louvois, ministre de la Guerre. Premier Architecte du roi en 1681, il devient Intendant puis Inspecteur général des Bâtiments en 1685 et 1691 et enfin Surintendant des Bâtiments en 1699, c’est-à-dire une sorte de « ministre des Arts » de Louis XIV. Le roi est si satisfait de ses talents qu’il l’anoblit en 1682 et le fait chevalier de Saint-Michel en 1693 – distinction octroyée notamment aux artistes. Il devient comte de Sagonne en 1699 après l’acquisition de cette terre près de Bourges (Cher).

Petit-neveu du célèbre architecte François Mansart (1599-1666), il se forma à l’architecture auprès de lui et accola son célèbre patronyme au sien pour mieux se distinguer. Dans son atelier d’architecture, se formèrent les plus grands décorateurs (Jean Bérain, Pierre Le Pautre) et architectes (Robert De Cotte, Jacques V Gabriel, Germain Boffrand, Jean Aubert, Jean Courtonne, Pierre Cailleteaux dit Lassurance) des XVIIe-XVIIIe siècles. Au même titre que Michel-Ange ou Le Bernin, Hardouin-Mansart est considéré comme l’un des plus grands architectes français et européens.