François Girardon Premier sculpteur du roi (1628-1715)

©RMN-Grand Palais (Chateau de Versailles) / Gérard Blot

Engagé par Fouquet à Vaux-le-Vicomte comme Le Brun, Le Vau et Le Nôtre, Girardon est employé à son tour par Louis XIV à Versailles. Il est avec Coysevox le plus important sculpteur de Versailles tant par l’importance de sa production que par sa qualité. Il y réalise parmi les plus beaux ensembles de la sculpture française du XVIIe siècle.

Né à Troyes, Girardon fut le plus proche collaborateur de Le Brun, protégé lui aussi par le chancelier Séguier. Envoyé à Rome où il étudie l’antique, il travaille au décor de la galerie d’Apollon du Louvre, son premier chantier royal, puis aux Tuileries. Arrivé à Versailles en 1666, il commence par un coup de maître : le groupe d’Apollon servi par les nymphes, en collaboration avec Regnaudin. Placé au centre de la grotte de Téthys, il fut installé au XVIIIe siècle dans la grotte conçue par Hubert Robert. D’inspiration antique, il devient, par l’élégance des figures, le manifeste de la statuaire classique du XVIIe siècle.

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Les Jardins

Fontaines, bosquets, sculptures…

ANECDOTE

Girardon réalise son dernier chef-d’œuvre à Paris : la statue équestre en bronze de Louis XIV, place Vendôme. Conçue à l’échelle de la place, elle influencera toutes les statues similaires en France et en Europe. Fidèle serviteur du roi, Girardon poussera son attachement jusqu’à mourir le même jour que lui : le 1er septembre 1715.

Girardon se révèle tout aussi audacieux dans la fontaine de la Pyramide portée par des tritons, des écrevisses et des dauphins, ainsi que dans les fluides figures féminines du Bain des nymphes, relief en plomb qui marquera le peintre Renoir. Ses talents lui valent d’autres commandes importantes : le bassin de Saturne (1672-77), la statue de L’Hiver (1675-83), étonnant vieillard transi de froid avec un poêle à ses pieds, et surtout le fameux groupe de l’Enlèvement de Proserpine par Pluton (1677-87). Prévu à l’origine pour le parterre de l’Orangerie, il est finalement placé sur un piédestal réalisé par l’artiste avec la collaboration du sculpteur Robert Le Lorrain (1696-1699) au centre de la Colonnade en 1699, emplacement qui marque la consécration de Girardon. Baroque dans sa composition mais classique dans ses figures, le groupe se voulait, avec ses trois figures entremêlées, un défi lancé au groupe similaire du Bernin qui n’en avait que deux.

La rivalité avec le Bernin est encore patente lorsque, déçu par la statue équestre qu’il lui avait commandée lors de sa venue en France en 1665, le roi confie sa transformation en Marcus Curtius à Girardon en 1688. Exilée au bout de la pièce d’Eau des Suisses, elle connait un regain d’intérêt au XXe siècle avec la réplique en plomb devant la pyramide du Louvre.