Antoine Coysevox Sculpteur du roi (1640-1720)

Sculpteur favori d’Hardouin-Mansart, Coysevox exécute pour Versailles des œuvres d’esprit baroque et antique. Étrange mélange pour un artiste qui ne se rendit jamais en Italie !

Originaire de Lyon, il commence à travailler pour Versailles en 1678 pour la décoration de l’escalier des Ambassadeurs puis pour la galerie des Glaces et la cour de Marbre. Il réalise pour le salon de la Guerre le relief de Louis XIV triomphant. Chef-d’œuvre du baroque français, ce relief témoigne de la liberté d’invention et de la virtuosité du sculpteur. Son caractère baroque et son goût des riches matériaux apparaissent de nouveau dans La France triomphante du bosquet de l’Arc-de-triomphe, toute de plomb doré. Toujours dans l’esprit guerrier, il réalise le Vase de la Guerre (1685) pour le parterre d’Eau du Château.

Plus sereines sont les répliques en marbre d’après l’antique de la Vénus accroupie et de la Nymphe à la coquille pour les parterres Nord et de Latone. Aujourd’hui au Louvre, elles furent remplacées par des répliques en marbre ou en bronze. Plus ambitieux est le groupe de Castor et Pollux à l’entrée orientale de l’allée royale. Coysevox entend montrer lui aussi qu’il peut rivaliser avec le classicisme apaisé de Girardon. Il le démontre à nouveau au parterre d’Eau dans les figures couchées originales de La Garonne et de La Dordogne.

Coysevox exerce aussi ses talents à Marly. Avec ses neveux, les célèbres Coustou, il réalise les figures de la grande cascade : Neptune, Amphitrite, La Seine et La Marne (Louvre) ainsi que les figures équestres de Mercure et de La Renommée pour l’Abreuvoir. Transférées à l’entrée des Tuileries, elles annoncent le rocaille. Tout aussi rocaille est la figure légère de la duchesse de Bourgogne en Diane (Versailles) où il synthétise son intérêt pour l’antique et son goût du portrait.

Portraitiste officiel du roi, Coysevox montre là une qualité indéniable par rapport Girardon. Il réalise de nombreux bustes pour le roi et la Cour, genre qui connaît grâce à lui un remarquable succès au XVIIIe siècle. Tous attestent de son sens profond de la psychologie et de la ressemblance.

Ceci lui vaut la commande de nombreux monuments funéraires dont les plus fameux sont ceux de Mazarin à l’Institut de France et de Colbert à l’église Saint-Eustache. Jusqu’à la fin de sa vie, l’artiste travaille inlassablement. Il achève sa géniale carrière par un dernier chef-d’œuvre : le Louis XIV en prière du chœur de Notre-Dame de Paris. Encore et toujours le service du roi !