À compter du mois d’octobre 2026, la galerie des Lumières et de la Révolution ouvrira ses portes au sein de l'attique Chimay et intégrera ce parcours de visite libre. Elle offrira un regard renouvelé sur des figures pour certaines encore méconnues et mettra en perspective les grands événements qui ont bouleversé la France dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.
Adoptez une œuvre de la galerie des Lumières et de la Révolution
Le nouveau parcours de l'attique chimay
Située au-dessus du grand appartement de la Reine et surplombant le parterre du Midi, l'attique Chimay abritait, sous l'Ancien Régime, les appartements des courtisans. Intégrés au musée de l'Histoire de France sous le règne de Louis-Philippe, les espaces accueillaient, depuis les années 1960, un accrochage consacré à la Révolution française et au Consulat. La refonte du parcours muséographique doit permettre de réunir les chefs-d'œuvre de la seconde moitié du XVIIIe siècle et de déplacer les peintures du Consulat à l'attique du Midi, dévolue à la figure de Napoléon Ier.
Certaines des œuvres qui seront présentées, nécessitent une restauration impliquant un nettoyage minutieux et des réintégrations éventuelles.
Choisissez une œuvre ayant pour sujet la famille royale et son entourage, les artistes, penseurs et scientifiques des Lumières, ou encore une figure de la Révolution française, et soutenez le château de Versailles dans sa mission : transmettre durablement l'histoire de France à travers la richesse de ses collections.

Découvrez les œuvres à adopter
La famille royale et son entourage
Jean-François Carteaux, Louis XVI, roi de France (1754-1793), 1791, huile sur toile
Dernier portrait officiel de Louis XVI, cette œuvre exécutée par Jean-François Carteaux présente le souverain en monarque constitutionnel. Le choix du portrait équestre s'inscrit dans une tradition bien établie de représentation majestueuse des souverains. Toutefois, la cocarde tricolore et l'épée gravée du mot "La loi" constituent des évocations du nouveau régime.

Anonyme, Elisabeth de France, dite Madame Elisabeth, (1764-1794), 1764-1774, marbre
Sœur cadette de Louis XVI, Elisabeth de France est l'une des figures les plus attachantes de la famille royale. Profondément pieuse et d'une fidélité indéfectible à son frère, elle refusa d'émigrer, fut emprisonnée au Temple en 1792 avant d'être guillotinée le 10 mai 1794. Le travail du sculpteur se distingue par une grande finesse : la coiffure poudrée et bouclée, ornée de perles, ainsi que le drapé agrémenté de roses délicatement sculptées, confèrent à l'ensemble une grâce caractéristiques de l'art de la seconde moitié du XVIIIe siècle. L'œuvre témoigne également du soin apporté à la représentation des enfants royaux.

Anonyme, Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence (1755-1824), vers 1775, marbre
Frère cadet de Louis XVI, Louis Stanislas Xavier de France fut un homme de lettres cultivé. Politique avisé, il survécut à la période tumultueuse de la Révolution française avant de devenir roi de France en 1814, à la chute de l'Empire. Ce buste le représente dans sa jeunesse, vêtu d'un habit militaire richement brodé. Le visage tourné de trois quarts, il adopte une expression déterminé.

Anonyme, Marie Joséphine Louise de Savoie, comtesse de Provence (1753-1810), vers 1775, marbre
Princesse de la maison de Savoie, Marie Joséphine Louise épousa en 1771 le comte de Provence, futur Louis XVIII avec qui elle émigra dans la nuit du 21 juin 1791, simultanément à la fuite à Varennes. Elle décéda en 1810, quatre ans avant l'accession de son mari au trône. La finesse de la coiffure ainsi que la délicatesse de la dentelle ornant le décolleté font de ce buste l'un des témoignages les plus raffinés de l'art du portrait sculpté sous l'Ancien Régime.

Jacques Nicolas Roëttiers de la Tour, Louis Hercule Timoléon de Cossé, 8e duc de Brissac, maréchal des camps et armées du Roi, gouverneur de Paris (1734-1792), 1784, marbre
Gouverneur de Paris, grand panetier de France et l'un des hommes les plus riches du royaume sous le règne de Louis XVI, le duc de Brissac incarne la haute noblesse de cour à la veille de la Révolution française. Bibliophile et amateur d'art éclairé, il demeura fidèle au roi et fut assassiné au château de Versailles le 9 septembre 1792, lors des massacres de Septembre. Bien qu'il s'agisse d'une commande privée, ce buste reprend les codes du portrait d'apparat.

Anonyme, Clothilde de France, reine de Piémont-Sardaigne (1759-1802), vers 1775, marbre
Sœur de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X, Clothilde de France épousa en 1775, à l'âge de quinze ans, Charles-Emmanuel de Savoie, prince de Piémont, qui deviendra roi de Sardaigne. Femme de profonde foi, aimée et respectée à la cour de Turin, elle apprit en exil la mort de son frère Louis XVI et de sa sœur Elisabeth de France. Après sa disparition à l'âge de quarante-deux ans, son procès en canonisation fut ouvert dès 1804 ; elle est aujourd'hui reconnue "Vénérable" par l'Eglise catholique.

Jean-Antoine Houdon, Armand-Jérôme Bignon, conseiller d'Etat (1711-1772), 1771, terre cuite
Avocat, bibliothécaire du roi, membre de l'Académie française et de l'Académie des inscriptions, prévôt des marchands de Paris, Armand-Jérôme Bignon incarne la figure de l'administrateur éclairé du XVIIIe siècle. Jean-Antoine Houdon le portraiture l'année précédent sa mort avec une grande acuité, les traits marqués, le léger sourire, la croix de l'ordre de Saint-Louis et l'étoile brodée sur l'habit, évoquant la dignité de sa charge.

Simon Julien, Le couple Jacob, 1793, huiles sur toile
George Jacob est le plus célèbre et le plus prolifique des menuisiers en sièges du XVIIIe siècle français. Reçu maître en 1765, il fournit la famille royale et les plus grandes maisons aristocratiques avant d'être ruiné, emporté par les dettes laissées par ses clients émigrés. Simon Julien le représente de trois quarts, en habit sombre et cravate blanche, dans le même esprit sobre et digne que le portrait de son épouse Jeanne Germaine Loyer, peint la même année. Ces deux tableaux, conçus en pendant, offrent un rare témoignage d'un couple emblématique de la bourgeoisie artisanale parisienne à l'heure de la Révolution.


Les artistes et penseurs des Lumières
Anne-Dorothea Therbusch, Frédéric II, roi de Prusse (1721-1782), 1722, huile sur toile
Roi de Prusse, Frédéric II de Prusse fut un souverain conquérant et un brillant stratège militaire, mais également l'un des principaux représentants du despotisme éclair, cherchant à concilier autorité monarchique et idéaux philosophiques. Ce portrait est l'oeuvre de Anne Dorothea Therbusch, artiste allemande comptant parmi les rares femmes de son époque à accéder aux plus hautes sphères artistiques européennes.

Jean-Baptiste-Frédéric Desmarais, Antoine-Denis Chaudet (1763-1810), 1778, huile sur toile
A Rome, où il achève sa formation après avoir remporté le Grand Prix de l'Académie royale en 1785, Desmarais exécuta le portrait de son ami sculpteur Antoine-Denis Chaudet, alors âgé de 25 ans. Le jeune homme est représenté accoudé à la table de son atelier, méditatif, devant un groupe en terre cuite figurant l'Amitié entraînant l'Amour. Récemment acquise, cette toile constitue l'une des rares œuvres de Desmarais conservées dans les collections nationales. L'artiste poursuivit en effet l'essentiel de sa carrière en Italie, notamment en raison des bouleversements liés à la Révolution française.

Anonyme, Marquis de Condorcet (1743-1794), 1779-1793, huile sur toile
Mathématicien, philosophe et homme politique, Nicolas de Condorcet compte parmi les plus grandes figures intellectuelles des Lumières. Nommé à l'Académie des sciences à vingt-six ans, proche de Voltaire et de Jean le Rond d'Alembert, il incarne la figure du savant engagé. Précurseur dans les domaines de statistiques et en théorie du vote, il défendit avec constance l'abolition de l'esclavage, l'égalité entre les sexes ainsi que la réforme de l'éducation. Durant la Révolution française, il siégea parmi les Girondins à la Convention nationale avant d'être mis en accusation en 1793. Après une période de clandestinité, il fut arrêté et retrouvé mort dans sa cellule le 29 mars 1794.

Anonyme, Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville (1697-1782), XVIIIe siècle, huile sur toile
Nommé géographe du roi à seulement 22 ans, Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville est l'un des plus grands cartographes du XVIIIe siècle. A travers près de deux cents cartes de nombreux mémoires, il renouvela la représentation du monde connu par une rigueur scientifique inédite. Membre de l'Académie des sciences, il réunit au fil de sa vie une collection cartographique exceptionnelle, cédée au roi en 1779 et aujourd'hui conservée à la Bibliothèque nationale de France.

Philippe-Laurent Roland, Nicolas Marie Potain (1723-1790), 1788, terre cuite
Architecte et contrôleur général des Bâtiments du roi, Nicolas Marie Potain fut une figure discrète mais influente de l'administration royale sous Louis XVI ainsi que le beau-père du sculpteur Philippe-Laurent Roland. Par ce portrait d'une grande intimité, ce dernier lui rend hommage. Formé auprès de Augustin Pajou, décorateur des appartements privés de Marie-Antoinette et de Louis XVI au château de Versailles, Roland réalisa avec ce buste, l'un des exemples les plus accomplis de son art du portrait en terre cuite.

Jean-Antoine Houdon, François-Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778), 1782, marbre
Figure tutélaire des Lumières, Voltaire, de son vrai nom François-Marie Arouet, compte parmi les esprits les plus brillants et les plus combatifs du XVIIIe siècle. Philosophe, dramaturge, historien et polémiste, il incarne pleinement l'idéal de l'écrivain engagé. Houdon réalisa ce buste en 1782, quatre ans après la mort de Voltaire, à partir des études menées lors de son retour triomphal à Paris en 1778. Le sculpteur saisit avec une acuité remarquable le visage du philosophe dans sa vieillesse : le sourire légèrement ironique, le regard perçant sous les arcades sourcilières marquées, la perruque bouclée contrastant avec la sobriété de l'habit.

Félix Lecomte, Charles de Secondat, baron de Montesquieu (1689-1755), 1779, marbre
Juriste, philosophe et écrivain, Montesquieu, de son nom Charles de Secondat, baron de Montesquieu, est l'une des figures fondatrices de la pensée politique moderne. Avec L'Esprit des lois (1748), il établit les bases de la théorie de la séparation des pouvoirs, qui inspirera directement les révolutionnaires américains puis français. Ce buste posthume, exécuté en 1779 par le sculpteur académie Félix Lecomte, témoigne de la vénération portée par les Lumières à leurs grandes figures intellectuelles.

Les figures de la Révolution
Atelier de Jacques-Louis David, Camille Desmoulins, sa femme Lucile et leur fils, 1792, huile sur toile
Camille Desmoulins est l'une des figures les plus connues de la Révolution française. Journaliste engagé, remarqué pour son discours lors de la prise de la Bastille, il devint l'un des plus jeunes députés de la Convention nationale avant d'être arrêté avec les dantonistes puis exécuté le 5 avril 1794, quelques semaines avant son épouse Lucile Desmoulins. Ce portrait le représente dans un cadre familial, aux côtés de sa femme et de leur fils Horace, dans une posture de père bienveillant.

Anonyme, Bertrand Barère de Vieuzac (1755-1841), XVIIIe siècle, huile sur toile
Avocat devenu député à l'Assemblée constituante puis à la Convention nationale, Bertrand Barère de Vieuzac est l'une des figures les plus ambivalentes de la Révolution française. Orateur influent, il siégea d'abord parmi la Plaine avant de se rallier à la Montagne puis d'intégrer le Comité de Salut public en 1793, au cœur de la période de la Terreur. Condamné sous la Convention thermidorienne, il fut finalement amnistié sous le Consulat.

Johann-Ernst Heinsius, Madame Roland (1756-1793), 1792, huile sur toile
Fille d'artisans parisiens éduquée dans l'esprit des Lumières, Manon Roland s'impose comme l'une des figures féminines les plus remarquables de la Révolution française. Son salon parisien fut un carrefour politique majeur pour les Girondins et son influence sur son mari, ministre de l'Intérieur en 1792, fut déterminante. Elle participa à la rédaction des courriers ministériels et pilota un bureau chargé d'orienter l'opinion publique. Arrêtée lors de la chute des Girondins le 31 mai 1793, elle rédigea ses mémoires en prison avant d'être guillotinée le 8 novembre de la même année.

Jean-Baptiste Mauzaisse, La France présente la couronne à Louis-Philippe, 1830, huile sur toile
En 1830, la Révolution de Juillet porte Louis-Philippe au pouvoir. Dans cette allégorie, Mauzaisse représente la France offrant la couronne au "Roi-Citoyen", tandis que les symboles de l'ancienne monarchie et de l'Empire son volontairement occultés. L'œuvre exprime ainsi l'idée d'un nouveau départ fondé sur la réconciliation nationale, une ambition que Louis-Philippe concrétisera avec le musée de Versailles consacré "à toutes les gloires de la France". Prévue pour la ville de Bordeaux, l'œuvre ne fut jamais livrée ; elle appartient aujourd'hui aux collections du Centre national des arts plastiques.

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