Après quatre années d’une guerre terrible, le premier conflit mondial de l’Histoire prend fin à Versailles en 1919. « Paix » pour les uns, « diktat » pour les autres, le traité contient en germe les causes d’un second conflit, vingt ans plus tard.

Près d’un demi-siècle après la proclamation de l’Empire allemand, Georges Clemenceau savoure sa revanche : le 28 juin 1919, l’Allemagne, vaincue, signe le traité de paix dans la galerie des Glaces, c’est-à-dire à l’endroit même où son empire avait été proclamé. La Première Guerre mondiale est finie. Un bureau Louis XV a été dressé au centre sous le tableau emblématique de Louis XIV Le roi gouverne par lui-même. La séance dure cinquante minutes. Aucun décorum, aucune musique pour célébrer ce moment solennel. 27 délégations représentant 32 puissances sont présentes. Sont assis à la table, les quatre représentants des principales nations alliées : Clémenceau pour la France, Wilson pour les États-Unis, Lloyd George pour la Grande-Bretagne, Orlando pour l’Italie. Müller, ministre des Affaires étrangères et le docteur Bell composent la délégation allemande.

Œuvre commentée

Musée de l’Histoire de France

La galerie des Glaces, au soir du traité de Versailles

Les négociations sont difficiles. Une conférence de la paix, qui siège à Paris depuis le 18 janvier, a préparé le traité. L’Allemagne a été tenue à l’écart. Les Alliés mènent seuls les débats. Ils ne sont pas d’accord entre eux. La France veut écarter définitivement le danger allemand et mettre l’Allemagne à genoux. La Grande-Bretagne veut au contraire lui conserver son rang. Les États-Unis rêvent d’un monde pacifié avec la Société Des Nations (SDN). L’Italie veut les territoires qu’on lui a promis en 1915. Le traité est finalement soumis à l’Allemagne, le 7 mai. Il est très dur. Ses contre-propositions, soumises le 29, ont toutes été rejetées. Le pays refuse de signer. Le 17 juin, les Alliés lui donnent cinq jours pour se décider. L’Allemagne s’incline finalement devant ce « diktat ».

Les conditions sont, en effet, draconiennes. Reconnaissant sa responsabilité dans le conflit, l’Allemagne perd 68 000 km² de son territoire, dont l’Alsace et la Lorraine annexées en 1870, et 8 millions d’habitants. Une partie de la Prusse orientale est démantelée au profit de la Pologne qui gagne un accès à la mer par le fameux « Corridor de Dantzig ». L’Allemagne doit verser 20 milliards de marks-or au titre des réparations réclamées par la France. Elle perd l’essentiel de son minerai et de sa production agricole. Ses colonies lui sont confisquées. Sa puissance militaire est anéantie… Humiliée, l’Allemagne n’aspirera qu’à la revanche. Une nouvelle guerre, que l’on pensait écartée, se prépare…