Peintre et directeur de l'Académie royale de peinture
1636-1716

Presque oublié ces deux derniers siècles, Charles de La Fosse (1636-1716) avait pourtant la réputation d'être le "meilleur décorateur de son temps". Curieux et passionné, il influence ses contemporains autant qu'il s'en inspire. Il étudie l'œuvre de Poussin, Titien et Véronèse, admire Pierre Paul Rubens et s'intéresse à Rembrandt. Il est également un proche collaborateur de Charles Le Brun et noue des liens d'amitié avec Antoine Watteau. Son style éminemment coloriste a indéniablement marqué le début du XVIIIe siècle. 

Nom complet
Charles de La Fosse

Titre 
Peintre et directeur de l'Académie royale de peinture

Dates 
15 juin 1636, Paris - 13 décembre 1716, Paris 

Ses traces à Versailles 
Ses œuvres
La Chapelle royale
Le salon de Diane 
Le salon d'Apollon
Château de Marly

Biographie

Charles de La Fosse naît en 1636 à Paris dans une famille d'orfèvres. Vers 1654, il entre en apprentissage dans l'atelier de Charles Le Brun, déjà proche du pouvoir royal. Ce dernier emploie notamment Charles de La Fosse sur un décor du Séminaire Saint-Sulpice, puis à la galerie d'Hercule à l'hôtel Lambert. Il reste trois ans à étudier dans cet atelier et à se familiariser avec les règles imposées par le grand décor. Le maître, appuyé par Colbert, obtient de Louis XIV une pension permettant à Charles de La Fosse de continuer ses études.

Il part alors pour un voyage en Italie, probablement vers 1658. Il passe d'abord deux ans à Rome où il étudie en particulier Raphaël et les Antiques puis trois ans à Venise où il étudie les grands maîtres vénitiens du XVIe siècle : Giorgione, Titien, Bassano, Véronèse, ou encore à Parme. Charles de La Fosse s'imprègne des couleurs et de la lumière des œuvres qu'il observe. Il pratique ainsi tout au long de sa vie une recherche inlassable concernant à la fois la lumière, la palette et la matière picturale. Son style éminemment coloriste, avec l'usage du clair-obscur, des couleurs rompues "qui trompent l'œil", de la composition en un "tout" marque ainsi le début du XVIIIe siècle. 

Si La Fosse a été apprécié du Roi, il a bénéficié également de commandes privées et de celles de l’Eglise. Sa carrière s’est déroulée en France sauf un bref séjour en Angleterre en 1689-1690 à la demande de Lord de Montagu.

Dans la période du Grand Siècle, le style si novateur de Charles de La Fosse fait débat. Le moment où de La Fosse est agréé par l'Académie royale de peinture et de sculpture marque le début de la "Querelle du coloris". Sa liberté stylistique rend compte de la transition entre l'influence de Charles Le Brun et ses liens professionnels puis amicaux avec Antoine Watteau. 

La querelle du coloris

L'Académie royale de peinture et de sculpture, lieu de formation, est aussi un lieu de débats. C'est dans ce cadre qu'éclate au début des années 1670 la querelle du coloris. Deux approches de la peinture s'affrontent, les défenseurs du dessin - de la ligne et des contours bien définis - et les partisans de la couleur - de la touche, de la vivacité des effets et de l'impétuosité du pinceau. D'un côté, des artistes comme Philippe de Champaigne ou Charles Le Brun pour qui la maîtrise du dessin est le fondement de l'art. De l'autre, le parti des "coloristes" représenté par Gabriel Blanchard ou le théoricien Roger de Piles pour qui le critère fondamental dans l'appréciation des œuvres réside dans la justesse de l'usage des couleurs. Les uns voient dans le dessin l'élément permettant de s'adresser à l'esprit du spectateur et de dépasser le champ du sensible, tandis que les autres entendent flatter les sens par le recours à la couleur. 

Pour approfondir le sujet, retrouvez l'article La querelle du coloris sur le site des collections de Versailles, ainsi qu'une sélection d'œuvres, vestiges de ce débat. 

Défenseur du dessin

Le roi gouverne par lui-même, par Charles Le Brun

© RMN-GP (Château de Versailles) / © Gérard Blot

Le lien vers le site collection


Partisan de la couleur

Diane et ses compagnes, par Charles de La Fosse

© Château de Versailles, Dist. RMN / © Christophe Fouin

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Les décors de Versailles et Trianon

Charles de La Fosse est un des peintres de Louis XIV et passe ainsi une grande partie de sa carrière au service du roi. De plus, il bénéficie de l'appui de Charles Le Brun, premier peintre du roi, et de Jules Hardouin-Mansart, surintendant des Bâtiments du roi, grâce auxquels il travaille aux décors du Grand Appartement du Roi, du Petit Appartement du Roi et de Trianon. La vie de Charles de La Fosse couvre le siècle de Louis XIV. C'est ainsi qu'il réalise les deux grandes commandes de la fin du règne : les Invalides et la Chapelle Royale. 

Le plafond du salon d'Apollon

Le salon d'Apollon est un des salons les plus prestigieux du Grand Appartement puisque celui-ci devient grande chambre du Roi à partir de 1673 puis devient salle du trône en 1682. À Charles de La Fosse revient l'honneur de peindre une partie des décors de ce salon de 1673 à 1679. Il réalise notamment la partie centrale du plafond : Le Char d'Apollon. Présent dans tout le Grand Appartement, le mythe du Roi Soleil sous les traits du dieu Apollon prend tout son éclat dans la composition centrale de Charles de La Fosse. Le char triomphant guidé par le dieu étincelant de lumière est entouré des quatre Saisons. Les allégories de la Magnificence et la Magnanimité sont représentées au pied du char pour souligner la grandeur du roi. 

Pour la réalisation de cette œuvre somptueuse, Charles de La Fosse est reconnu de son temps comme "Maître du coloris". 

Le char d'Apollon, par Charles de La Fosse

© Château de Versailles, Dist. RMN / © Christophe Fouin

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Domaine de Trianon

Au Grand Trianon, Charles de la Fosse réalise une partie des décors du cabinet du Couchant, aujourd'hui appelé le salon des Malachites : Diane et ses compagnons, Clythie changée en tournesol et Apollon et Thétys

Clythie changée en tournesol, par Charles de La Fosse 

© Château de Versailles, Dist. RMN / © Jean-Marc Manaï

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La chapelle Royale

La Chapelle royale du château de Versailles a été bénie le 5 avril 1710, après des travaux commencés en 1699 à l'initiative de Louis XIV. Jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, le lieu sert de cadre aux cérémonies religieuses de la cour de France : messes de l'ordre du Saint-Esprit, Te Deum pour les victoires militaires, baptêmes et mariages princiers. Le premier mariage princier célébré en la Chapelle royale de Versailles, fut le mariage du Dauphin Louis et de Marie-Antoinette le 16 mai 1770. 

Charles de La Fosse entreprend la peinture de l'abside de la voûte en 1708 et termine deux ans plus tard. Son œuvre représente un Christ triomphant qui s'élève dans les cieux accompagné dans la partie droite d'une nuée d'anges. C'est aussi le combat des forces du mal et du bien : les soldats situés en bas de la composition sont peints avec des couleurs sombres alors que les anges s'élèvent dans les cieux illuminés par le halo du Christ.  

La Résurrection du Christ, par Charles de La Fosse

© Château de Versailles, Dist. RMN / © Jean-Marc Manaï

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Archives

Charles de La Fosse (1636-1716) ou le triomphe de la couleur

 

 

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