Le partenariat entre le château de Versailles et le Google Cultural Institute se poursuit à l'occasion du projet international « We Wear Culture » avec la réalisation de deux expositions virtuelles : « La mode à Versailles : Elle » et « La mode à Versailles : Lui ».

Le projet

La mode de Versailles inspire encore aujourd'hui les grands créateurs. C'est dans les années 1780, sous le règne de Louis XVI, que se dessinent les tendances de la mode féminine et masculine. Les deux expositions virtuelles proposent de décrypter ces codes qui ont émergé autour de la figure iconique de Marie-Antoinette. 

Retrouvez les expositions :

La mode à Versailles : Elle 

 

La mode à Versailles : Lui 

 

La mode à la cour

Les prémices de l’engouement pour la mode telle que nous la connaissons aujourd’hui apparaissent à la fin du XVIIIème siècle. Les couturières, les corsetiers ainsi que les marchands de modes tels que Rose Bertin, « ministre des modes » de Marie-Antoinette, qui s’assure alors une clientèle princière à Versailles et dans d’autres cours européennes, prennent un empire nouveau. Les recueils de mode de l’époque donnent également le ton, tels que le Monument du costume paru entre 1777 et 1783 et gravé par Moreau le Jeune et Freudeberg, qui décrit les différentes manières de se vêtir en fonction des heures de la journée. Il convient de souligner l’importance du Cabinet des modes publié entre 1785 et 1786, ainsi que du Mercure galant et surtout de la Galerie des modes et costumes français, éditée de 1778 à 1787.

Louis-Nicolas, chevalier de Lespinasse, Vue de Grand Trianon du côté de l’entrée

Le dessinateur Lespinasse aime à animer de nombreux personnages dont les attitudes témoignent des comportements des visiteurs des jardins de Versailles.

©  RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot

Les mutations de la mode à la cour de France s’avèrent être une exception dans le paysage vestimentaire. En effet, le costume des paysans est constitué d’une chemise de linge grossier, un frac, une culotte, des jambières, des souliers de gros cuir. Les cheveux sont longs, souvent coiffés d’un feutre, noués sur la nuque. Les paysannes et les bourgeoises portent une chemise régie par un corset, une jupe courte sur plusieurs jupons, un tablier, un fichu sur les épaules, un bonnet en guise de couvre-chef, et aux pieds des souliers plats de gros cuir.    

Hubert Robert, L’Orangerie du château de Versailles

Cette vue de l’Orangerie offre une belle illustration des tenues vestimentaires à Versailles pour les classes populaires.

© Château de Versailles, Dist. RMN / © Christophe Fouin

 

Commissariat

Sous la direction de Béatrice Sarrazin, conservatrice générale en charge du département des peintures, et de Yves Carlier conservateur général en charge du département de la gestion des collections  :

  • Géraldine Bidault, responsable de la photothèque numérique et de la mise en ligne des collections, commissaire de l'exposition numérique

  • Vincent Bastien, docteur en histoire de l'art, assistant des conservateurs et commissaire de l'exposition numérique

 

glossaire

La mode des années 1780 : 

La robe retroussée dans les poches : cette robe était en vogue sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI. C’est la mode la plus répandue au sein de la bourgeoisie et il s’agit du costume habituel des servantes. 

La robe à la polonaise ou robe à la reine : la particularité de cette toilette, en vogue sous le règne de Louis XVI, réside dans le corsage qui est fait de la même pièce que la double jupe. 

La robe à la lévite : il s’agit d’une robe simple, droite et souple, plissée à l’arrière. Son allure lâche l’apparente aux tenues « en négligé » que les dames portaient à l‘époque dans leur intérieur.

Caraco : adapté à la robe à la polonaise et à la robe à la française, le caraco est une robe coupée un peu plus bas que les hanches, et possède de courtes basques. 

L’habit à la française : est surtout porté par les hommes de la Cour. L'habit à la française comporte un justaucorps, une veste, une culotte. 

Frac : vêtement masculin, habit de ville ou d'uniforme consistant en une veste courte à collet s'arrêtant à la taille et pourvue à l'arrière de longues basques étroites.

 

Paraître à la cour : 

 Le grand habit de cour :

Le grand habit de cour : est constitué d’un manteau fleurdelisé à revers en hermine, d’une ample robe à panier de satin ou de soie somptueusement ornée, et d’attributs royaux tels que la couronne. 

Le grand habit de cour masculin : la figure royale se distingue à travers le vêtement caractéristique de sa fonction : le costume de sacre qui met en scène le sceptre, le manteau fleurdelisé à revers en hermine, la couronne ainsi que la main de justice, qui sont autant de regalia.

 

 L’habit de cour : 

La robe à la française : il s’agit d’une robe à paniers, portée jusqu'à la Révolution française comme robe de cérémonie, de théâtre, de bal. Les robes à paniers peuvent être couvertes de falbalas, de perles et de pierreries.

Pouf : coiffure en hauteur mettant en scène une pièce de gaze ainsi que de faux cheveux introduits entre les mèches. Cette coiffure est souvent chargée d’accessoires telle qu'une maquette de navire, de montgolfière…

L’habit de cour : il s’agit bien souvent d’un habit à la française. Dans un contexte festif, il prend le nom de Costume de Henri IV en raison notamment de la présence de la fraise ou collerette.

 

L’habit de chasse :

Habit de chasse : est composé bien souvent d’un vêtement masculin ou d’une robe redingote à collet en gradins. Pour monter à califourchon, il convient d’adopter la culotte de cavalière ou une jaquette et une pèlerine.

Le costume militaire : marque la singularité de la fonction de chaque officier. Il est par conséquent multiple. Par exemple, le costume de capitaine-colonel des Cent Suisses du Roi conjugue collerette, panache et habit argenté à motif floral.

 

Nouveautés et libertés :

La robe « en gaulle » : à partir de 1781, la chemise à la reine ou robe « en gaulle » , dont Rose Bertin para Marie-Antoinette, fit l’effet d’une petite révolution. C’était une robe d’intérieur, faite de coton ou de linon blanc, de gaze ou de soie. Elle tombe droit et est très décolletée.

La robe en bergère : est directement inspirée du vêtement des paysannes. Elle est composée d’un corsage lacé sur une chemise blanche de linon, et est assortie d’une simple jupe de coton.  

La robe à l’orientale : est en réalité un déshabillé de soie ou de mousseline blanche ou écru, ceint à la poitrine, la taille marquée.

 

La mode anglaise :

La robe à l’anglaise : est caractérisée par l’abandon des paniers, remplacés par une tournure (canevas matelassés de crin). Ce type de robe est inspiré par la redingote portée par les hommes à la même époque, et est toujours ajusté à la taille. 

La redingote : est en réalité un vêtement de cavalier. Importée d’Angleterre en 1725 et nommée riding-coat (vêtement pour monter à cheval), elle est longue et munie de petits collets pouvant se relever.

La mode à Versailles : quelques œuvres des expositions

1783 — Elisabeth-Louise Vigée-Lebrun

Marie-Antoinette, reine de France
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1779- 1788 (XVIIIe siècle) — Anonyme France XVIIIe siècle (peintre) d'après Vigée-Lebrun, Elisabeth-Louise (peintre) faussement attribué à Roslin, Alexandre (peintre)

Marie-Antoinette, reine de France (1755-1793)
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1782 — Elisabeth-Louise Vigée-Lebrun

Yolande-Martine-Gabrielle de Polastron, duchesse de Polignac
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XVIIIe siècle — Antoine-François Callet

Portrait de Louis XVI
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1701-1800 — Louis-Joseph-Siffrède Duplessis

Charles-Claude, comte d'Angiviller La Billarderie
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1785 — Marie-Victoire Lemoine

François-Guillaume Ménageot (1744-1816)
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