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LA VOIE ROYALE : DE VERSAILLES AUX MUREAUX – L’ODYSSEE DES MUREAUX

© EPV / Didier Saulnier

En 2025, le château de Versailles renouvelle pour trois ans son partenariat culturel avec la ville des Mureaux dans le cadre d'un projet intitulé La voie royale : de Versailles aux Mureaux. Jumelage culturel entre institution culturelle et quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), le dispositif est initié et financé par la préfecture de région d’Île-de-France. 

L’Odyssée des Mureaux est présentée au château de Versailles du 16 juillet au 31 août 2026 et aux Mureaux à partir de l’automne.

La voie royale : De Versailles aux Mureaux

L’objectif principal de ce partenariat est de fédérer les jeunes de 16 à 30 ans des quartiers prioritaires de la politique de la ville des Mureaux, en lien avec les structures locales telles que les Maisons de la jeunesse et de la culture, les missions locales, le tissu associatif ou les cités éducatives autour d’une création artistique collaborative inspirée des décors du château de Versailles.

Ce programme s’appuie sur les chefs-d’œuvre du XVIIe siècle comme les sculptures, les miroirs et les tapisseries qui pourront inspirer une œuvre sur les récits contemporains des territoires.

©Didier Saulnier

Une œuvre textile collective

Cette œuvre textile est issue d’un projet participatif mené avec des jeunes des Mureaux, où la création collective devient un outil de récit, de transmission et de valorisation des savoir-faire. 

L’Odyssée des Mureaux, est née d’un travail de cartographie sensible réalisée avec des habitants de la ville lors de la première année du partenariat, en 2025. L’agence GRRR a passé une semaine aux Mureaux pour l’opération Tous au parc, invitant les habitants et jeunes de la ville à participer à la réalisation de cette carte. Cette carte sensible sert, cette année, de base à une œuvre artistique collective réalisée en tufting par des jeunes muriautins et conçue avec Jacky et Pierre de l’agence GRRR. 

Tous au Parc

À partir de leurs perceptions, souvenirs et imaginaires de la ville, une immense fresque textile a été conçue lors d’ateliers au château de Versailles, faisant échos aux anciennes tapisseries des rois de France. Elle déploie, en trois panneaux, une narration du territoire entre passé, présent et futur. 

Par leurs matériaux, leurs techniques et leurs démarches, ces deux projets dialoguent autour d’une même dynamique : faire du textile un espace d’expression collective, révéler la diversité des regards portés sur les territoires, et inscrire les jeunes participants au cœur d’un processus de création artistique.

Les artistes ont la parole : L’Odyssée des Mureaux racontée par Pierre et Jacky avec la voix de Lucie Carpentier, de l’agence GRRR

exposition : L’histoire présentée

En partie ville ancienne fortifiée (les « murs-hauts »), en partie ville nouvelle, rapidement construite à partir des années 1950, l’évolution de la ville des Mureaux, vue par ses habitants, n’est pas une simple histoire, c’est une aventure digne des grands récits historiques, c’est « L’Odyssée des Mureaux ». L’Odyssée des Mureaux est présentée au château de Versailles du 16 juillet au 31 août 2026 et aux Mureaux à partir de l’automne.

La nostalgie heureuse des « Murs-Hauts du Passé »

En cette année 1989, le centre Alpha rayonne au cœur de la ville nouvelle des Mureaux. Si sa structure préfabriquée ne paie pas de mine, les activités y sont nombreuses. Saisons après saisons, les enfants et les adultes s’y pressent pour des parties de ping pong endiablées mais aussi pour partir vers l’aventure : voyage au ski, Parc Astérix... Les parties de jeu de carte y sont quotidiennes et des noces y sont même fêtées.

©Didier Saulnier

En quelques années, un peu à l’écart du centre-ville historique (et des « murailles » disparues qui ont donné le nom de la ville), cités et tours ont poussé dans les champs. En particulier, la cité Renault, du nom du fabricant automobile, a accueilli de nombreux travailleurs venus faire tourner les usines. Le confort est parfois sommaire mais on croit au mérite et en la réussite : celui qui présente un trop mauvais bulletin de notes au Centre Alpha peut se voir refuser les sorties…

©Eve Montchamp

Bientôt pourtant la rénovation urbaine va pointer son nez et la tour 18, symbole des promesses d’une époque déjà révolue, être effondrée. Subsistent malgré tout de nombreux souvenirs joyeux et une forme de nostalgie heureuse d’un temps où tout le monde pouvait se retrouver autour de la procession de chars décorés du Corso Fleuri et des feux d’artifices tirés dans le parc de Bècheville.

Dans les airs, avion et fusée sont déjà bien présents. Les premiers hydravions ont décollé du plan d’eau dès 1920 et, dès 1965, la ville a contribué à la construction des fusées Diamant, premières fusées françaises.

La nouvelle modernité des « Mureaux du Moment »

En 2025, les Mureaux ont beaucoup changé. À l’image du grand toboggan jaune qui fait le bonheur des plus jeunes, la ville a gagné en fluidité. On se déplace facilement d’un quartier à l’autre, même s’il subsiste sans doute quelques frontières invisibles qui font que chaque quartier possède une ambiance qui lui est propre.

Les ronds-points de la rue principale distribuent de nombreux lieux de vie et équipements : centre-ville historique, stade et pôle Léo Lagrange, mosquée Essalam, Bougimonts, Halle des Sports, médiathèque…

©Didier Saulnier

Tandis que le nombre de city stades et d’espaces de jeux augmente, c’est aussi la nature qui se fait de plus en plus présente, en particulier dans le sud-est de la ville, où un petit cours d’eau longtemps enfoui, un « ru », est réapparu, et avec lui une nouvelle présence animale, poissons, canards… sans compter les moutons du Berger des Mureaux. Sous les vols d’une aéronautique toujours bien présente et importante, celui-ci guide ses quelques brebis à travers la ville, une ville qui semble vouloir se reconnecter la campagne qui l’entoure. 

Les « Mureaux de l’avenir » rêvés

Et Les Mureaux en 2100 ?

En 2100, les Mureaux auront encore beaucoup changé. En mieux ! La qualité de vie y aura grandi, avec l’arrivée d’un tramway connectant l’ensemble de la ville, avec une place des Bougimonts devenue le véritable point de rendez-vous de la vie collective. Son petit lac, connecté au ru et propice à la baignade, amène de la fraîcheur bienvenue dans la ville, tout comme ses immeubles végétalisés et sa grande canopée.

©Agence Grrr

Les commerces ont évolué. En complément de l’immuable marché, ils sont désormais plus diversifiés. L’offre qui fut un moment très concentré sur les fast-foods, s’est étoffée avec plus de vêtements, un restaurant familial et convivial dont la terrasse est devenue un point de ralliement, et même un magasin de laine des moutons des Mureaux ! Laine qui est aussi devenue un véritable moyen d’expression à base de fresques, de tufting et de tricots pour tout un nouvel artisanat local !

Pendant, ce temps, le château de Bècheville, fort de quelques années d’ancienneté en plus, est devenu un monument digne de ce nom, photographié à tour de bras. Sa connexion directe avec le tramway fait beaucoup d’effet, tout comme les photos de lui prises depuis la fusée Ariane 12.

Technique, composition et références artistiques

La tapisserie des Mureaux est une œuvre collective :

  • 70 personnes
  • ont cumulé plus de 400 heures de travail (dont des temps d’échanges et de conception)
  • sur une surface de 12,50 m2
  • avec plus de 24 km de fil

La fresque de plus de 9m de long, se présente sous la forme d’un triptyque, dont les trois parties offrent une certaine symétrie. Chacune est affublée d’un titre correspondant à une temporalité : passé, présent et futur. L’ensemble est organisé selon un sens de lecture occidental conventionnel : de la gauche vers la droite. À la différence des tapisseries anciennes où des personnes puissantes et importantes sont généralement au centre du récit et de l’attention, ce sont ici des lieux communs, partagés, et considérés collectivement comme représentatifs de la ville qui sont mis en avant.

©Agence Grrr

La première tapisserie : "Les Murs-Hauts du Passé"

Elle est dans une construction très classique, donne la place centrale au « Centre Alpha ». Pour renforcer le caractère sacré de ce personnage aux yeux des habitants, il est surmonté d’un nimbe, cette forme ronde qui l’entoure et le fait ressortir. En dessous, cinq personnages lui font face. La perspective est volontairement déformée afin d’accentuer son pouvoir d’attraction.

La gamme colorée, orientée vers le brun, l’ocre et l’orangé fait clairement référence à des couleurs anciennes, passées. Mais cette ambiance est aussi constrastée et relevée par le violet, le blanc et un orange presque fluo.

En y regardant de près, un clin d’œil s’est glissé dans le jeu de cartes, à gauche du centre Alpha. À la place des enseignes habituelles (cœur, pique, trèfle…), les brodeurs et les brodeuses ont intégré la fleur de lys. Cet emblème royal est sans aucun doute un hommage au Château !

©Didier Saulnier

La seconde tapisserie : "Les Mureaux du Moment"

Elle donne à voir, en son centre, le toboggan jaune. Dans une vision métaphorique, ce nouvel équipement à l’image de la rénovation urbaine en cours, parfois qualifiée de « Mureaux Nouveaux », se connecte aux différents axes, rues, pistes et cours d’eau de la ville. L’ensemble compose des formes d’arabesques modernes qui, sans avoir la complexité des anciennes, traduisent tout de même un certain bouillonnement.

La gamme colorée de ce panneau, faite de couleurs primaires qui tranchent entre elles, amène un fort contraste. L’ensemble produit une image dynamique mêlant l’univers des jeux pour enfants et celui des couleurs sur écran (RVB), le tout sur fond de page (relativement) blanche, comme une nouvelle histoire en construction.

©Didier Saulnier

La troisième et dernière tapisserie : "Les Mureaux de l'Avenir"

Elle reprend la composition centrée qui relie ainsi les 3 tableaux. Elle met cette fois-ci en valeur « Bougimonts Plage », une place commerçante bien connue, profondément revue et corrigée. Très végétalisée mais toujours tournée vers la consommation, cette nouvelle figure centrale illustre peut-être une forme de paradoxe, un non-choix dans un avenir incertain…

Pour ce plongeon dans l’avenir, la gamme colorée a été resserrée autour d’un vert fluo qui donne d’emblée une dimension fantasmagorique, qu’amplifie le dessin (arbres-immeubles, RER disparaissant dans les futaies, appareils photo sur pattes…). Les différentes nuances de bleu – dont un « bleu roi » ! – contrastent tout en formant un ensemble finalement « étrangement naturel ».

©Didier Saulnier

Et la suite ?

Faire vivre cette œuvre

En 2027, les jeunes seront invités à animer cette création par le biais de médiations artistiques et culturelles : chant, danse, récit, performance... Autant de moyens pour faire vivre, transmettre et réinventer cette œuvre. Le projet se clôturera en décembre 2027. 

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