Devenue maîtresse des lieux en 1774, Marie-Antoinette modifie profondément les alentours du Petit Trianon. Un vaste jardin anglo-chinois dans le goût du temps remplace le jardin botanique de Louis XV, avec des reconstitutions d’éléments naturels telles que la Grotte. Au cours de la conception de son nouveau jardin, Marie-Antoinette limite volontairement le nombre des édifices qui doivent en constituer l’ornement et ne conserve que deux projets, celui du Belvédère et celui du Temple de l’Amour, tous deux œuvre de son architecte, Richard Mique.

Le Temple de l’Amour

Dès 1777, Richard Mique travaille sur les plans de l’édifice. Le 5 mai, il présente à la reine une maquette de bois, de plâtre et de cire réalisée selon ses instructions par le sculpteur Joseph Deschamps. Contrairement à son habitude, Marie-Antoinette accepte d’emblée le projet sans restriction aucune.

L’édifice, bâti sur une île de la rivière, se dresse sur un socle auquel conduisent sept marches. Douze colonnes corinthiennes soutiennent une coupole surbaissée en pierre de Conflans, couverte de plomb peint en imitation de la pierre. L’intérieur de la coupole est traité en caissons sculptés de rosaces, encadrant un trophée central de près de deux mètres de diamètres rassemblant carquois, flèches, brandons enflammés liés par des rubans entrelacés et ornés de roses et de rameaux d’olivier, œuvre de Deschamps. L’entablement est composé d’une architrave au soffite décoré de rosaces, d’une frise d’arabesques, à l’intérieur comme à l’extérieur, et d’une corniche composite. Le sol du temple est l’œuvre du marbrier Le Prince et se compose de marbre blanc veiné, de rouge de Languedoc et de marbre de Flandre. La construction débute aussitôt pour être achevée en juillet 1778. La maçonnerie a été exécutée par Guiard. Pour orner le centre du temple, la reine refusa le groupe proposé par Deschamps et fit installer une copie de la statue de Bouchardon, LAmour taillant son arc dans la massue dHercule (1750), prévue à l’origine pour le salon d’Hercule et reléguée au château de Choisy en 1752. Marie-Antoinette fit rapatrier l’œuvre au Louvre pour qu’elle y soit copiée par le sculpteur Louis-Philippe Mouchy. La copie de Mouchy quitta Trianon à la Révolution, séjourna quelques temps à Saint-Cloud puis fut replacée dans son cadre d’origine en 1816. Le temple de l’Amour a fait l’objet d’une restauration complète, achevée en 2006.

Le Belvédère

Le Belvédère est dû à Richard Mique, les travaux s’achèvent en 1781. Le bâtiment est placé au sommet du tertre qui domine le petit lac. Il adopte un plan en octogone et est pourvu d’une coupole surbaissée en grande partie dissimulée par une balustrade. Les quatre fenêtres sont surmontées de bas-reliefs représentant les quatre saisons. Quatre portes fenêtres donnent accès à l’intérieur où les murs ont reçu un remarquable décor peint dû à Sébastien-François Le Riche. Le plafond, peint par Lagrenée, est un ciel bleu où jouent quelques Amours. Le sol est recouvert d’une mosaïque de marbre. Le Belvédère était utilisé par la reine comme salon d’été. Ses multiples ouvertures, qui permettent à la lumière de rentrer à flots donnent l’illusion d’une véritable pièce en plein air.

La Grotte

L’aménagement de la Grotte est achevé en 1782, en même temps que l’ensemble du Rocher et de la « montagne » voisine dite du Limaçon. En venant du Rocher, on découvre sur la gauche l’entrée d’un petit vallonnement au fond duquel court un ruisseau. Le chemin, qui longe le cours d’eau, décrit avec lui une courbe vers la gauche et laisse apparaître un amas de roches d’où l’eau paraît surgir. Une porte, fermée à l’origine par un treillage de bois, permet de pénétrer dans la grotte elle-même. Plongé dans la pénombre, l’espace est éclairé par quelques ouvertures aménagées dans les anfractuosités de la paroi. Une banquette (recouverte à l’époque de peluche verte imitant la mousse) qui semble taillée dans la masse rocheuse, offre un repos au visiteur. Dans un renfoncement, une cavité laisse couler une cascade dont les eaux traversent ensuite la grotte pour alimenter le ruisseau. Enfin, dans le fond, un escalier permet d’atteindre une entrée qui donne directement au-dessus de l’ensemble. Ce second accès permettait à l’occupant des lieux d’éviter un intrus qui se serait approché de la grotte par le chemin du vallon. La reine paya chèrement cet aménagement innocent. La rumeur publique ne manqua pas en effet d’alimenter les pires calomnies sur son utilisation et, en 1789, une foule de curieux se pressait pour voir ce qui n’était pourtant qu’un simple élément pittoresque comme on en trouvait dans presque tous les jardins du temps. L’ensemble, devenu quasiment illisible au XXe siècle, a bénéficié d’une restauration complète achevée en 2006, qui a permis, entre autre, de recréer la cascade artificielle à l’intérieur et de réaménager la totalité du vallon.

détail d'un fauteuil

Marie-Antoinette à Trianon

La reine reçoit en 1774, le Petit Trianon des mains de Louis XVI. Le domaine deviendra son royaume. Libérée de l'étiquette, elle y crée un monde à l'image de sa personnalité et de la mode du temps.

Rendez-vous le jour de votre visite au Petit Trianon .

Durée : environ 1h30

Ce tarif s'applique en plus du droit d'entrée

7 € Réserver