Première grande entreprise à Versailles du roi Louis XIV après la construction du Château, la Ménagerie royale, construite à l'extrémité sud du Grand Canal, est le pendant symétrique du domaine de Trianon. Bâtiment démoli à la fin du XIXsiècle, la Ménagerie, constitue certainement l'une des pertes les plus regrettables des aménagements entrepris par le Roi Soleil.

Souhaitée par Louis XIV et construite par son architecte, Louis Le Vau dès 1663, la Ménagerie royale de Versailles accueille un grand nombre d'animaux exotiques, dispersés dans des enclos, et disposés autour d'une tour permettant une vue panoramique. Depuis l'Antiquité, en effet, la tradition s'était solidement établie d'entretenir, non loin du souverain, des collections d'animaux exotiques, paisibles ou féroces.

La Ménagerie

Qu'on la regarde d'un côté ou de l'autre, la Ménagerie présente deux aspects bien différents. Du côté de la cour d'Honneur, on distingue sur les gravures d'époque trois pavillons quadrangulaires, dont celui du centre, légèrement en retrait par rapport aux deux autres. Au centre de la façade du bâtiment central, un grand escalier.

Vue générale de la Ménagerie de Versailles, par Nicolas de Poilly (1646-1686)

© château de Versailles

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De l'autre côté du bâtiment, la Ménagerie présente un pavillon central de forme octogonale, coiffé d'un dôme, lui-même surmonté d'un lanternon. C'est précisément à partir de ce pavillon que sont créés les espaces réservés aux animaux du Roi. Au premier étage du pavillon, on distingue un balcon, véritable point d'observation qui permet alors au Roi et aux scientifiques d'étudier les animaux présents dans les enclos.

Vue et perspective du Salon de la Ménagerie, par Jean-François Daumont

© château de Versailles

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Le bâtiment extérieur

Contrairement au château de Versailles, le bâtiment de la Ménagerie présente une architecture simple et dépouillée. Au pied du pavillon octogonal se trouvent de petites fontaines que Madeleine de Scudéry décrit ainsi : "un cercle de six fontaines qui sortent de six piliers de marbre". Il semble, en effet, que ce soit à la Ménagerie, que Louis XIV prenne goût aux jeux d'eau, que l'on retrouve dans les bosquets du château de Versailles.

Vue et perspective de la Ménagerie de Versailles du côté du Grand Canal, par Nicolas de Poilly

© château de Versailles

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Sur sept côtés, la Cour octogonale se divise en sept parties - sept cours - chacune fermée par des grilles. Les noms des sept cours ont varié au cours des époques et de leurs pensionnaires. Les plans d'époque font par exemple état de la Cour des Autruches, la Cour des Pélicans, la Cour de la Volière, ou encore de la Cour du Lion.

Le décor intérieur

La Ménagerie royale est, dès son ouverture, un lieu fréquenté par les personnalités scientifiques : chirurgiens, zoologistes ou taxidermistes ; mais aussi par des peintres animaliers, comme le peintre flamand Nicasius Bernaerts, dont les peintures - soixante et une, au total - ornent les murs des salons intérieurs.

Les descriptions permettent d'imaginer le décor de la pièce centrale de la Ménagerie, située au coeur du dôme. Cette salle était vraisemblablement dotée d'un sol en marbre, d'un faux lambris bas peint en trompe-l'oeil, de murs blancs et d'une corniche de stuc, sur laquelle le roi pouvait disposer les objets issus de sa collection.

"Nous entrâmes alors dans la cour de la Ménagerie, où l'on voit un pavillon d'une symétrie particulière, ayant un escalier au milieu, et après l'avoir monté, et passé un avant-cabinet assez propre, on entre dans un grand cabinet à huit faces (...). De ce corridor, on voit sept cours différentes, remplies de toutes sortes d'oiseaux et d'animaux rares. Leurs peintures sont dans le cabinet, comme pour préparer à ce qu'on va voir, ou pour en faire souvenir après l'avoir vu."

Mademoiselle de Scudéry, La promenade de Versailles (1669)

 

En grande partie détruite après la Révolution française, la Ménagerie est finalement rasée en 1902. Il n'en reste aujourd'hui que de maigres vestiges. Les très nombreux plans et descriptions constituent les éléments les plus riches du souvenir de ce lieu exceptionnel.

Les Animaux

Les animaux identifiés ayant peuplé la Ménagerie sont très nombreux : autruches, flamants, gazelles, poules sultanes, demoiselles de Numidie, mangoustes, casoars d'Indonésie, etc. Parmi ces animaux, certains sont aujourd'hui des espèces disparues.

Les possessions coloniales du début du règne de Louis XIV permettent l'arrivée d'espèces inconnues, comme le castor du Canada ou les oiseaux exotiques. En l'absence de lien maritime direct, il faut supposer le recours à d'autres pourvoyeurs pour les aras d'Amérique tropicale ou les casoars d'Indonésie.

Plusieurs souverains étrangers ont pu, à l'occasion, envoyer des animaux exotiques au roi, en guise de cadeau diplomatique. C'est le cas, par exemple, de l'éléphant offert par Pierre du Portugal en 1668, ou de la tigresse donnée par le sultan du Maroc en 1682.

Vue et perspective de la Ménagerie de Versailles du côté de la Porte Royale, par Nicolas de Poilly

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