Acte fondateur de la démocratie française, le serment du Jeu de Paume se tient le 20 juin 1789 à quelques pas du château de Versailles, dans une salle de jeu dont il tire son nom.
Le 1er mai, Louis XVI convoque les Etats Généraux, réunion des trois ordres, la Noblesse, le Clergé et le Tiers Etat. Il faut résoudre la grave crise financière qui s’est abattue sur le pays depuis l’été 1788. Les députés du Tiers espèrent des réformes. Rapidement déçus, ils refusent de se soumettre au pouvoir royal. Allié avec quelques députés du Clergé, le Tiers se constitue solennellement en Assemblée nationale le 17 juin. Le roi tente de s’opposer à cette Assemblée en faisant fermer la salle des Menus Plaisirs à Versailles, où elle se réunissait. Trouvant porte close le 20 juin, les députés se rendent dans un gymnase proche où l’on pratiquait le jeu de paume et y prêtent le fameux « serment de ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l’exigeront jusqu’à ce que la Constitution du Royaume soit établie et affermie sur des fondements solides ». Cet événement fondateur sera à l’origine de la séparation des pouvoirs et de la souveraineté nationale.
Au XIXe siècle, la salle fut transformée en un petit musée de la Révolution avec notamment la statue de Bailly, président de l’Assemblée nationale, ainsi que le grand tableau du Serment du Jeu de Paume, exécuté d’après le dessin de Jacques-Louis David resté à l’état d’ébauche. En effet, avec le temps, certains des acteurs principaux de cette journée du 20 juin 1789 se sont compromis dans les évènements révolutionnaires. Quand David achève l’esquisse du tableau en 1793, la vie politique française a changé, les héros d’hier ne sont plus, tel Mirabeau, devenu l’ennemi de la Révolution.
Le serment du Jeu de Paume marque une première victoire du pouvoir démocratique sur la monarchie absolue. Evénement annonciateur de la Révolution, il précède de quelques semaines la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789.