La date du 20 juin 1789 marque l’entrée de la salle du Jeu de Paume de Versailles dans l’histoire de France. De salle d'exercice royale sous Louis XIV, elle est devenue le haut lieu de fondation de la démocratie française, lié à un épisode insigne de la Révolution.

Le jeu de la paume, ancêtre du tennis actuel, était très prisé au XVIIe siècle et faisait partie intégrante de l’éducation des princes. Amusement royal, il était codifié par l’étiquette et ses rites. Si les châteaux du Louvre, de Vincennes, de Fontainebleau, de Compiègne et de Saint-Germain possédaient leur salle de jeu de paume, celui de Versailles en était dépourvu depuis la destruction en 1682 de la salle qui avait été bâtie sous Louis XIII, au profit de l’édification du Grand Commun. Quatre ans après l’installation de Louis XIV et de la Cour à Versailles (soit en 1686), une nouvelle salle est construite pour Nicolas Creté, paumier ordinaire du roi, à quelques centaines de mètres au sud-est du Château dans le quartier du Vieux-Versailles. Bien qu’érigée au frais de particuliers, elle était fréquentée par les maîtres-paumiers parisiens, la Cour et la famille royale, d’autant que, d’après les mémoires de Charles Perrault, le médecin de Louis XIV lui avait conseillé la paume comme exercice d’hygiène salutaire.

Près de 100 ans après sa construction, la salle du Jeu de Paume devint le symbole de la Révolution en marche. Le 20 juin 1789, les députés du Tiers État s’y réunissent à l’occasion de la tenue des États généraux ; l’hôtel des Menus-Plaisirs, leur salle de réunion habituelle, étant fermée par ordre du Roi. Ce jour-là, ils prêtent le serment de ne pas se séparer avant d’avoir donné à la France une constitution écrite. Une scène fondatrice que le peintre Jacques-Louis David, immortalisa dans une grande fresque laissée inachevée : Le Serment du Jeu de Paume, entrée dans les collections du Château en 1921.

La salle du Jeu de Paume devient alors l’objet d’un culte développé autour du premier anniversaire de la journée du 20 juin 1789, déterminante dans l’histoire de France et de la démocratie. En 1790, une plaque d’airain portant le texte du serment est présentée à l’Assemblée nationale, puis acheminée en procession jusqu’à Versailles et scellée face à l’entrée de la salle du Jeu de Paume. De salle d’exercice et d’amusement royal, elle devint l’enceinte d’un temple consacré à la mémoire de l’abolition de la monarchie. Rapidement désaffectée, elle acquiert le statut de bien national en 1793 et faute d’entretien, elle est fermée au public cinq ans plus tard.

Réserve de théâtre, lieu de stockage et de travaux, atelier pour les peintres Antoine-Jean Gros puis Horace Vernet, classée monument historique en 1848, puis redevenue salle de jeu sous le Second Empire, la salle du Jeu de Paume traverse le XIXe siècle en endossant divers rôles. C’est à l’approche du centenaire du serment, sous la IIIe République, que l’on fait appel à l’architecte Edmond Guillaume pour restaurer le lieu et convertir ses murs en musée de la Révolution française. L’architecte reconstitua à partir de gravures contemporaines l’esprit du lieu, modifié et détérioré au fil du siècle. Virent orner le musée la statue de Bailly, les bustes des figures majeures des signataires du serment ainsi qu’une toile monumentale, exécutée d’après le dessin préparatoire de Jacques-Louis David et réalisée par Luc-Olivier Merson. Le musée est inauguré le 20 juin 1883, en présence de Jules Ferry.

Après la célébration du centenaire du serment en 1889, la salle tombée dans l’oubli se détériore rapidement malgré des entretiens réguliers. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, on envisage même d’en faire une salle de ping-pong pour les questeurs du Sénat installé au Château. Le bicentenaire de la Révolution française fournit alors, en 1989, l’occasion de la restaurer de nouveau.

Aujourd’hui, la salle du Jeu de Paume est gérée par le château de Versailles et se visite en accès libre tous les après-midis.

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