Chaque début d’année était l’occasion pour le roi, la reine, les princes et princesses du sang et les membres de la famille royale, de distribuer des étrennes pour témoigner de leur reconnaissance ou de leur amitié à certaines personnes de la Cour.

Le plus souvent le jour de l’an, le roi distribuait assez généreusement de nombreux cadeaux parmi lesquels figuraient des tabatières en or commandées préalablement par l’administration des Menus-Plaisirs  auprès des grands orfèvres parisiens. Le duc de Luynes  relate dans ses Mémoires l’épisode de l’une des distributions par Louis XV, le lundi 4 janvier 1740 : « Madame de Vintimille  nous montra hier une boîte d’or incrustée que le roi lui a donnée pour ses étrennes ; ce fut le jeudi veille du jour de l’an. Le roi lui fit beaucoup de questions ; si on ne lui avait jamais donné d’étrennes, si elle voulait qu’il lui en donnât ; après quoi on se mit à table, et le roi pendant le souper donna à M. le duc de Villeroy la tabatière qu’il remit sur le champ à Mme de Vintimille. »

Louis XVI, pour sa part, écrivait quotidiennement dans son journal ses dépenses personnelles. Il est donc très simple de retrouver quels étaient les bénéficiaires des étrennes royales. Sa jeune sœur, Madame Élisabeth, apparaît presque chaque année comme celle qui bénéficiait, avec Marie-Antoinette, des plus grandes largesses de Louis XVI. 

Ainsi, de 1780 à 1783, le roi déboursa au total une somme colossale de plus de 148 864 livres pour des achats de bijoux destinés aux étrennes de Madame Élisabeth. L’orfèvre Ange-Joseph Aubert avait livré pour les étrennes des diamants, des colliers, des bagues, des tabatières en or…

Les cadeaux n’étaient pas distribués le jour de Noël comme aujourd’hui, et l’on recevait, à la Cour, sous l’Ancien Régime, des présents pour le jour de l’an et à Pâques.