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Le 7 juillet 2026 • Communiqué de presse

Redécouvrez la chapelle royale et ses sacristies

En juillet-août 2026

À partir du 7 juillet et durant tout l’été, le public du château de Versailles est invité à redécouvrir la Chapelle royale. Il pourra parcourir la grande nef et visiter exceptionnellement ses sacristies, nouvellement restaurées grâce au mécénat de la Société des Amis de Versailles. L’ouverture de ces espaces dévoile un pan méconnu de la vie quotidienne à la cour de Versailles sous l'Ancien Régime et révèle des œuvres jusque là jamais montrées au grand public.

Le dernier grand chantier de Louis XIV

La Chapelle royale, dernier grand chantier de Louis XIV, a été bâtie par Jules Hardouin-Mansart et Robert de Cotte entre 1699 et 1710. C’est le premier bâtiment
pérenne dédié au culte au sein du château de Versailles, plusieurs emplacements provisoires s’étant succédés jusque là. Sa construction, avec celle de la galerie des Glaces, représente l’aménagement le plus prestigieux et le plus audacieux apporté au palais et la dernière grande modification apportée sous le règne du Roi-Soleil. Tout à la fois, œuvre autonome et partie intégrante de la résidence royale, la Chapelle est l’expression la plus aboutie du grand style officiel voulu par Louis XIV. Elle marque une parfaite symbiose entre architecture et décor. Les plus grands artistes de l’époque - architectes, peintres, et sculpteurs - ont participé à la réalisation de son fastueux décor intérieur et extérieur.

Conformément à la tradition des chapelles palatines, le bâtiment comporte deux étages. La tribune principale, située au-dessus de l’entrée, était réservée à la famille royale. Sur les tribunes latérales, au-dessus des bas-côtés, prenaient place les Princes de sang et autres dignitaires. Le reste de la cour se tenait au rez-de-chaussée.

Ce lieu central du Château avait une place fondamentale dans le quotidien de la cour de Versailles. En effet, le roi de France se rendait tous les jours à la messe et les cérémonies religieuses étaient nombreuses tout au long de l’année.

Une institution à faire fonctionner

La Chapelle royale de Versailles est, dès son origine, une institution à part entière: membres du clergé en charge du culte, musiciens et chanteurs accompagnant les cérémonies, constituent un personnel nombreux. Selon les périodes se sont parfois jusqu’à sept messes par jour qui y sont préparées et célébrées.

une restauration nécessaire

C’est pour répondre à ces usages que les annexes de la Chapelle sont aménagées par les architectes du Roi. Elles ont été très peu modifiées depuis le XVIIIe siècle. Après la restauration du décor extérieur de la Chapelle royale (2018-2021), ces pièces nécessitaient, à leur tour, une intervention urgente.
Aujourd’hui la grande sacristie, la pièce du lavabo, l’oratoire de Madame de Pompadour, le revestiaire des chantres et la pièce des musiciens ont retrouvé toute leur beauté.

Lors de la restauration, la dépose de certains ouvrages a permis de moderniser les réseaux techniques et de remettre en état lambris et parquets. Les éléments lacunaires ont également été reconstitués. Menuisiers, électriciens, serruriers, ferronniers d’art et peintres ont œuvré afin de pouvoir ouvrir à la visite ces espaces jusqu’alors inaccessibles au public et pourtant essentiels dans la compréhension du fonctionnement du sanctuaire royal.

Cette opération patrimoniale a été réalisée sous la maîtrise d'ouvrage du château de Versailles (Direction du Patrimoine et des Jardins) avec la maîtrise d'œuvre de Frédéric Didier, Architecte en chef des Monuments historiques en charge du château de Versailles (2BDM Architectes) et en lien avec la direction du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.

La Grande Sacristie et la pièce du lavabo

Les deux pièces principales de ce petit complexe religieux sont la grande sacristie et la pièce dite du lavabo, toutes deux situées au rez-de-chaussée, à proximité du maître-hôtel. Elles sont toutes deux parées de boiseries du XVIIIe dites « à la capucine » couvrant toute la hauteur des murs. Celles-ci sont composées de panneaux de lambris et de mobilier intégré, mouluré et sculpté. Les sols sont en parquet « Versailles » à frises et à compartiments complètent ce décor.
Au terme du chantier de restauration tout le mobilier de ces deux salles a été restauré ainsi que les boiseries, le sol, les menuiseries extérieures et le bloc de marbre constituant le lavabo.

La grande sacristie et la pièce du lavabo seront ouvertes, pour la première fois, en visite libre du 7 juillet au 31 août. Elles seront ensuite accessibles uniquement en visite guidée.

Ces deux pièces ont été restaurées grâce au mécénat des membres de la Société des Amis de Versailles et de ses légateurs, Mademoiselle Madeleine Faucheux-Bureau, Madame Françoise Dufaux, Monsieur Guy Renard, avec le soutien de la Fondation du patrimoine.

La grande sacristie

La sacristie est la plus grande des pièces de service de la Chapelle. C’est là qu’étaient conservés les vêtements des officiants et tout le matériel nécessaire à la liturgie. L'imposant décor monochrome en bois est complété, depuis l’origine, par quatre grands tableaux figurant les évangélistes (Saint Marc, Saint Luc, Saint Jean et Saint Matthieu) et par une toile représentant les Pélerins d'Emmaüs d'après Le Titien, insérés dans les lambris de la salle. Le public peut également découvrir dans la sacristie des chefs-d’œuvre de la sculpture française ; les treize bustes en terre cuite représentant le Christ et les apôtres, exécutés au XVIIe siècle par Jacques Sarazin, achetés en 1666 par Louis XIV et finalement installés dans la Chapelle royale au XIXe siècle, sous le règne de Louis-Philippe.
Par ailleurs, un important mobilier datant du XVIIIe siècle y est encore présent : deux grands chapiers, des confessionnaux, des chasubliers, des armoires. La modestie apparente de l’ensemble est contredite par la présence de multiples têtes d’anges ailés qui ponctuent les boiseries.
Les chapiers, dans lesquels on rangeait notamment les vêtements liturgiques sont chacun composés de huit tiroirs semi-circulaires de près de quatre mètres de diamètre qui tournent sur un pivot. Lors de la restauration la dépose complète des meubles a permis d’intervenir sur l’intégralité des mécanismes des meubles dont les tiroirs n’étaient plus manipulables en l’état.


La pièce du lavabo

La petite pièce attenante, dite pièce du lavabo est composée d’un ensemble de grands placards de plus de cinq mètres de haut. Elle renferme également un ouvrage exceptionnel qui lui donne son nom : un lavabo plaqué de marbre rouge du Languedoc dans lequel deux robinets distincts permettaient de séparer les eaux pures, utilisées dans les rituels liés à la liturgie, de celles souillées par les manipulations.

Dans le cadre de la restauration de la pièce, il a été décidé de la doter de plusieurs vitrines, dissimulées dans les placards d’origine, afin de permettre une présentation d’objets nécessaires au culte, issus des collections du château de Versailles et jusque-là jamais montrés au public.
En 1789, après le départ de la famille royale de Versailles, l’ensemble des objets utilisés à la Chapelle royale a disparu. Pourtant, dès 1806 le lieu est à nouveau affecté au culte, il a donc fallu rassembler les éléments nécessaires pour organiser les célébrations. Le château de Versailles peut ainsi présenter aujourd’hui des œuvres utilisées dans la Chapelle royale pendant tout le XIXe siècle et une partie du XXe siècle. Reconstitué à partir du Premier Empire, puis largement enrichi jusque sous la Troisième République, cet ensemble se compose de pièces d’orfèvrerie, de flambeaux, candélabres et croix en bronze doré, de vêtements, de livres, de bourses de quête, etc. La pièce du lavabo présente également quelques éléments issus des chapelles du Petit et du Grand Trianon.

Rare témoignage subsistant de la pratique de la foi au sein de la famille royale avant la Révolution ; le bénitier reliquaire offert en 1674 à la reine Marie-Thérèse d’Autriche par le nonce du pape Clément X à la cour de France est présenté. Ce chef-d'œuvre de l’orfèvrerie romaine des années 1660 est constitué d’une grande miniature sur vélin représentant l’Annonciation, comprise dans une somptueuse bordure en bronze doré et argenté.
Parmi les autres pièces d’orfèvrerie, la plus spectaculaire est le grand ostensoir, de près d’un mètre de haut, encore conservé dans son étui d’origine. Exécuté sous Napoléon Ier pour la chapelle des Tuileries, celui-ci fut envoyé à Versailles en 1827.
À ses côtés est réuni tout ce qui était nécessaire aux cérémonies : boîtes à onction, ciboires, encensoirs ou plusieurs « chapelles » en vermeil ou argent.
Parmi tous ces objets, on remarquera également une croix et deux chandeliers plus anciens, commandés en 1783 par le Garde-Meuble, sous le règne de Louis XVI, pour l’ambassade de France à Londres. Il furent utilisés pour la chapelle funéraire de Louis-Philippe en Angleterre.
Deux vitrines sont enfin consacrées aux parements liturgiques comprenant, à chaque fois, chasuble, étole, corporal, manipule et voile de calice.

La Société des Amis de Versailles, mécène de la restauration 

La Société des Amis de Versailles est une association qui œuvre depuis plus d’un siècle au rayonnement et à la restauration du château et du domaine de Versailles, ainsi qu’à l’enrichissement de ses collections.
Elle a été fondée en 1907 à l’initiative de personnalités regroupées autour de Raymond Poincaré, futur président de la République, pour remédier à l’état de délabrement des châteaux de Versailles et de Trianon. Reconnue d’utilité publique depuis 1913, la Société des Amis de Versailles est habilitée à recevoir des dons de particuliers et d’entreprises avec réduction d’impôt ainsi que des legs, donations et assurances-vie pour lesquels elle bénéficie d’une exonération des droits de mutation. Présidée par Jérôme Plouseau, la Société des Amis de Versailles réunit aujourd’hui plus de 5 000 membres et mécènes souhaitant contribuer activement au rayonnement du Château.
Avec dynamisme et enthousiasme, la Société des Amis de Versailles poursuit sa vocation au service du Château et du domaine national de Versailles. Ses missions sont les suivantes :
• Concourir à la restauration et à la conservation du château et du domaine national de Versailles ;
• Contribuer à l’enrichissement des collections par l’acquisition de pièces de mobilier et d’oeuvres d’art ;
• Faire rayonner ce patrimoine mondial par l’organisation de nombreuses activités culturelles ;
• Diffuser la connaissance de Versailles en promouvant des actions pédagogiques et par des publications dont Versalia, la revue scientifique éditée par la Société ;
• Mobiliser des actions internationales en faveur de Versailles à travers ses sociétés sœurs.

En novembre 2023, la Société des Amis de Versailles s’est engagée en faveur de la restauration des sacristies de la Chapelle royale et a lancé une campagne de dons auprès de ses membres et donateurs en partenariat avec la Fondation du patrimoine. Ce projet a été mené à bien grâce aux dons de 370 mécènes et grâce aux legs de Mademoiselle Madeleine Faucheux-Bureau, Madame Françoise Dufaux et Monsieur Guy Renard.

Le budget de cette opération constitue le mécénat financier le plus important jamais porté par la Société des Amis de Versailles pour une restauration architecturale.

La restauration des autres espaces

L’oratoire de Madame de Pompadour

En 1754, à la demande de sa favorite, le roi Louis XV fait aménager un oratoire dans un petit local donnant sur le palier d’un entresol.
Cette petite pièce est éclairée par une fenêtre et une deuxième ouverture percée dans un vitrail donne sur le bas coté de la chapelle.
L’oratoire de Madame de Pompadour, accessible par un balcon longeant la façade nord de la Chapelle puis par l’escalier de la Sacristie, permettait à la marquise d’assister de manière discrète aux offices religieux à l’écart des critiques qui dénonçaient sa dévotion nouvelle.
Cet oratoire est décoré de panneaux de lambris peints, dont les moulures étaient altérées et engorgées. Ces éléments ont été restaurés et remis en peinture suivant la teinte de l’Ancien Régime retrouvée lors des sondages.
L’oratoire de madame de Pompadour a été restauré grâce au mécénat de la Fondation Frédéric de Sainte Opportune, sous égide de la Fondation Notre Dame.


La pièce des musiciens et le revestiaire des chantres

Le revestiaire des chantres est le lieu où les prêtres chargés de célébrer la messe à l’un des deux autels de la tribune revêtaient leurs ornements.
La pièce des musiciens, voisine, est affectée aux répétitions. En 1762, elle est dotée de nouveaux lambris, comprenant de nombreux placards et des banquettes servant de coffres. Un portrait du roi Louis XV, en costume de sacre, est placé au-dessus de la cheminée (en équivalent de celui qui s'y trouvait avant la Révolution).
Dans ces deux pièces, les interventions ont concerné la restauration des sols et des cheminées, des lambris, des menuiseries extérieures (révisées et remises en peinture).
La pièce des musiciens et le revestiaire des chantres ont été restaurés grâce au mécénat de la Fondation Philanthropia.


Informations pratiques

En visite libre :
- Du 7 juillet au 30 août : découvrez dans le circuit de visite la nef de la Chapelle royale, la grande sacristie et la pièce du lavabo.
- Du 1er au 27 septembre : la nef reste accessible aux visiteurs.

En visite guidée :
À partir de la rentrée, la Chapelle royale est ses espaces annexes seront accessibles uniquement en visite guidée.
Sur réservation obligatoire.
Agenda, informations et réservation sur :www.chateauversailles.fr

« Versailles à Morellet »
Jusqu’au 27 septembre le public pourra également découvrir dans la nef de la Chapelle royale une oeuvre de François Morellet, à l’occasion du centenaire de la naissance de l’artiste.
Beaming π A.N.1=10° appartient à une série initiée en 2002 par François Morellet. L'œuvre se compose d’un assemblage de poutres en alucobond, un matériau industriel léger mêlant aluminium et plastique. L’abréviation A.N. fait référence à « Alucobond Noir », matériau utilisé pour cette structure. L’œuvre repose sur un principe mathématique précis : les angles qui relient les différents segments sont déterminés à partir des décimales du nombre π, symbole d’un ordre infini et insaisissable débutant par 3,14159. Les chiffres 3, 1, 4 et 1 sont ainsi traduits en degrés selon une règle établie par l’artiste, où 1 correspond à 10°, donnant une succession d’angles de 30°, 10°, 40° et 10°. À partir de cette contrainte, Morellet construit une forme qui échappe pourtant à toute impression de rigidité.
La géométrie devient ici un terrain de jeu où la rigueur mathématique rencontre l’imprévisible. L’ensemble évoque un jeu de construction instable, un assemblage en mouvement que l’artiste compare lui-même à « un accordéon plutôt déglingué ». Morellet détourne les principes de la géométrie pour créer une œuvre où l’ordre produit du désordre, et où la contrainte devient source de liberté.
Cinq autres œuvres de l'artiste sont également visibles dans le château et le bosquet des Bains d'Apollon, jusqu'au 1er novembre 2026.

Communiqué de presse

Communiqué de presse

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1.1 Mo

Visuels

Chapelle royale de Versailles
© château de Versailles, T. Garnier
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La grande sacristie
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La grande sacristie
© château de Versailles, C. Fouin
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La pièce dite du lavabo
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La pièce dite du lavabo
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Ostensoir
Pierre Paraud (orfèvre), 1808
Château de Versailles
© château de Versailles, C. Fouin
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Bénitier reliquaire
Offert en 1674 à la reine Marie-Thérèse d’Autriche par le nonce du pape Clément X
Urbano Bartelesi (orfèvre), Miniature : Ciro Ferri (peintre), XVIIe siècle
Château de Versailles
© château de Versailles, C. Fouin
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L'oratoire de Madame de Pompadour
© château de Versailles, D. saulnier
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Pièce des musiciens
© château de Versailles, C. Fouin
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