L'exposition
François Morellet a souvent confronté ses protocoles minimalistes à des environnements naturels ou à des architectures spectaculaires. À Versailles, le centenaire de la naissance de l'artiste est l'occasion de présenter plusieurs pièces majeures en essayant de l'imaginer à l'œuvre, s'amusant des décalages et des échos inattendus qu'elles provoquent.
À l'intérieur du château, au début du parcours de visite, le dialogue s’ouvre sur deux installations célèbres de l’artiste installées dans l’axe de la chapelle royale. Le Lamentable laisse ses néons en arc de cercle s’affaler sur le dallage du vestibule bas de la chapelle, tandis que la sculpture noire Beaming π déploie ses segments, selon des angles déterminés par les décimales du nombre π, sur la marqueterie de marbre de la nef. D’autres œuvres s’invitent dans le Grand appartement du Roi où l’abondance du décor baroque rend particulièrement saisissante leur rigueur géométrique, de la Sphère-trame emblématique du travail de l’artiste, suspendue dans le salon de l’Abondance, à la monumentale Super Position qui vient rétablir, sous forme très abstraite, le trône manquant sur l’estrade du Salon d’Apollon.
Dans les jardins, une double installation surplombant le parterre de Latone, jouant sur le hiatus entre l'horizontale et la réalité du terrain avec ses déclivités savamment orchestrées, sera comme une conversation, à laquelle on aurait tant aimé assister, entre François Morellet et André le Nôtre.
François Morellet (1926 – 2016)
Artiste autodidacte prolifique, François Morellet a développé, avec ses peintures, sculptures et installations, une approche radicale de l’abstraction géométrique au cours d’une carrière qui s’étend sur plus de six décennies. Travaillant principalement avec des formes géométriques de base, Morellet s’est engagé dans une méthodologie d’objectivité rigoureuse et de détachement personnel en utilisant de multiples matériaux dans ses œuvres (acier, tubes néon, ruban adhésif, grillage, bois…). Peintre de la règle et du désordre, Morellet incarne la tension entre la rigueur géométrique et la jubilation du hasard.
Un événement national

À l’occasion du centenaire de la naissance de François Morellet, de nombreuses institutions se rassemblent pour un hommage à l’une des figures majeures de l’art contemporain, à l’initiative du Centre Pompidou. Présent dans les plus grandes collections publiques françaises ainsi que dans de nombreuses collections institutionnelles internationales, Morellet a également investi durablement l’espace public avec plus d’une centaine d’œuvres visibles dans nos villes – sur des façades, dans des jardins, des gares ou sur des places. Grâce à la liberté et l’humour avec lesquels il s’est emparé du vocabulaire de l’abstraction géométrique, il a su créer un dialogue vivant entre l’art, l’architecture et le public.
En écho à la rétrospective François Morellet. 100 pour cent, présentée au Centre Pompidou-Metz, un vaste programme national est initié par le Centre Pompidou, en collaboration avec le Studio Morellet, la galerie Kamel Mennour qui représente l'artiste et de nombreuses institutions partenaires. Ce projet d’envergure se déploie dans toute la France à travers des accrochages inédits, des redécouvertes d’œuvres figurant dans les collections et dans l’espace public, ainsi qu’un ensemble de rencontres, conférences et un colloque international. L’objectif : réinterroger l’héritage de Morellet, sa place dans l’histoire de l’art, son rapport au patrimoine et à l’architecture, et l’influence qu’il continue d’exercer sur les artistes contemporains.
