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Le 7 janvier 2025 • Communiqué de presse

Lancement de la restauration du bosquet de la salle des Marronniers

Bosquet discret des jardins du château de Versailles situé entre la Colonnade et le Jardin du Roi, la Salle des Marronniers possède une histoire complexe, marquée par des transformations successives qui traduisent l’évolution du goût et des usages des jardins sous l'Ancien Régime. D’abord connue comme galerie d'Eau puis galerie des Antiques et dotée d’un décor particulièrement riche, elle voit progressivement son ornementation de pierre et d'eau se réduire au profit du végétal, devenant un véritable écrin de verdure grâce à de hauts treillages enveloppant des marronniers alignés. Restauré dans ce dernier état en 1989, le bosquet a depuis subi une altération sensible de ses éléments. Cette nouvelle restauration, qui a débuté en novembre 2025, devrait se clore à l'été 2026. Elle concernera les sols, les treillages, les éléments de marbre et les plantations dont le double alignement des marronniers, une essence qui constitue la signature du bosquet.

Une histoire complexe, reflet du goût et des usages des jardins du château

Le bosquet ne prend le nom de Salle des Marronniers qu’en 1704, à l’occasion de sa transformation par Jules Hardouin-Mansart. Initialement conçu par André Le Nôtre dès 1678, il est d’abord désigné sous le nom de galerie d’Eau, avant de devenir la galerie des Antiques en 1680, lorsque des copies de sculptures antiques y sont installées. Plusieurs plans, peintures et gravures montrent la richesse du bosquet des années 1670 à 1704 : une île centrale décorée d’un pavement en polychromie de marbre en son centre, entourée par un canal dans lequel s’alternent jets d’eaux et sculptures posées sur des piédestaux. Un « gouffre », c’est-à-dire une évacuation d’eau en forme de spirale, se trouvait à l’une des extrémités du bosquet. Elle renvoyait l’eau vers le bassin du char d’Apollon, légèrement en contre-bas. Enfin, deux groupes de bronze décoraient les fontaines des bassins de l’île centrale : deux Amours de Jean-Baptiste Tuby (l’un ayant été fondu, l’autre envoyé à Trianon en 1707) et deux dauphins de Jacques Houzeau, aujourd’hui disparus. L’ensemble de ce décor disparaît lors de la refonte opérée par Hardouin-Mansart en 1704. Le bosquet est alors simplifié par l'architecte du roi. Il conserve son dessin long et étroit et ses hauts treillages, se voit pourvu de six niches dans les treillages, chacune accueillant une statue. Ses extrémités, en hémicycle, sont occupées par deux vastes bassins surmontés de vasques de marbre. Le canal, la polychromie de marbre, les bronzes, les jeux d'eau ont disparu.

Jacques Rigaud, La salle des Marronniers, 1729-1752, eau-forte et burin
© Château de Versailles, Dist. RMN / © Christophe Fouin

Concernant les sculptures, un nouveau décor composé de huit bustes de marbre sur gaines, disposés dans quatre niches latérales, remplace la statuaire antique, dont ne subsistent que deux figures. Des bancs de marbre sont ajoutés. Les deux vasques aux extrémités étaient aussi initialement ornées d’éléments statuaires disparus en 1795. Deux alignements de marronniers remplacent enfin l'île centrale. 

La palissade de treillage, restaurée en 1915-1916 sous une forme basse, est restituée en 1989 selon l’état de 1704, avec un rehaussement conformément à une gravure du XVIIIe siècle choisie pour référence.

Jean Cotelle, Vue perspective du bosquet de la Galerie des Antiques, 1688, huile sur toile
© Château de Versailles, Dist. RMN / © Christophe Fouin

Un état dégradé appelant une restauration complète

Le bosquet de la Salle des Marronniers présentait avant le début de sa restauration un état très dégradé, affectant à la fois les sols, les plantations, les treillages, les bassins, la statuaire et le mobilier. Les sols sont fortement ravinés par les eaux de ruissellement, avec des fondations apparentes, une perte de planéité et des racines visibles, rendant la circulation difficile et compromettant la stabilité des aménagements.

Les plantations, en particulier l'alignement de marronniers et les charmilles, sont dans un état de dépérissement avancé, présentant une dégénérescence généralisée, et parfois irréversible pour les charmilles.

Le bosquet de la salle des Maronniers
© Château de Versailles / T. Garnier

Les éléments bâtis et décoratifs (treillages, bassins, statuaire, bancs) sont également très altérés : treillages en fin de vie, bassins fracturés, déchaussement et altérations des marbres, socles et gaines de statues fragilisés, supports métalliques oxydés, mobilier encrassé et dégradé.

Une restauration complète et cohérente était hautement nécessaire, et sera accomplie en trois temps : la composition paysagère comprenant autant la remise à niveau des sols que le remplacement ou la taille adaptée des éléments végétaux, les treillages qui seront entièrement remplacés, et les ouvrages de maçonnerie et de marbrerie. La réouverture du bosquet de la Salle des Marronniers est prévue pour l'été 2026. Cette restauration s'inscrit dans la démarche de recomposition générale des jardins de Versailles menée depuis les années 1990.

Les mécènes

Cette restauration est rendue possible par le soutien de la Fondation Philanthropia, de la Maison Hennessy, ainsi que par la générosité de Madame Marie-Catherine Anouilh.

Communiqué de presse

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13.14 Mo

Visuels

Le bosquet de la Salle des Marronniers avant sa restauration
© Château de Versailles / T. Garnier
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Jacques Rigaud, La salle des Marronniers, 1729-1752, eau-forte et burin
© Château de Versailles, Dist. RMN / © Christophe Fouin
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Jean Cotelle, Vue perspective du bosquet de la Galerie des Antiques, 1688, huile sur toile
© Château de Versailles, Dist. RMN / © Christophe Fouin
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