Après l’exposition Louis XV, passions d’un roi, le château de Versailles présente en 2023 trois expositions consacrées à la peinture des XVIIe et XIXe siècles. Des chefs-d’œuvre caravagesques de la chambre du Roi aux grands décors de Noël Coypel, jusqu’à la rétrospective d’Horace Vernet, le public est invité à découvrir quelques unes des personnalités les plus brillantes de la peinture française.

Chefs-d’œuvre de la chambre du roi, l’écho du Caravage à Versailles

Du 14 mars au 16 juillet 2023
Appartement de madame de Maintenon

L’une des pièces les plus admirées du château de Versailles, la chambre du Roi, est moins connue pour les chefs-d’œuvre qui l’habitent que pour sa symbolique. L’ambition de cette exposition est de rendre aux tableaux qui ornent ce lieu leur juste valeur en les appréciant pour la première fois à hauteur de vue.

En 1701, Louis XIV décida de transformer le salon axial de son petit appartement, alors ouvert sur la galerie des Glaces, en chambre d’apparat, faisant de cet espace l’épicentre de la vie de cour. Le roi suivit de près les modifications de la pièce et choisit d’y maintenir cinq des peintures de Valentin de Boulogne et quatre médaillons dont les attributions ont évolué avec le temps. En revanche, en raison de la création du relief en stuc doré au-dessus du lit, trois peintures de Giovanni Lanfranco, de Nicolas Tournier et de Valentin de Boulogne furent retirées des boiseries.

L’évolution des aménagements du salon en chambre démontre tout le goût du monarque pour la peinture caravagesque. Une peinture aux compositions sobres et à la touche virtuose, jouant sur la densité des ombres pour mieux contraster avec le somptueux décor de la pièce, largement réhaussé d’or. Dans cette chambre de parade, le roi choisit de mettre en avant à la fois des sujets religieux, reflets de la piété chrétienne de ses dernières années, et un peintre français : Valentin de Boulogne. Cet artiste, né en 1591 et attesté à Rome dès 1614, puisa la force de sa palette dans les modèles qu’avaient laissés Caravage à la Ville éternelle et dans les figures populaires de la Rome des bas-fonds qu’il fréquenta jusqu’à sa mort, en 1632.

Le château de Versailles rassemble ainsi pour la première fois l’intégralité des neuf toiles qui ornaient le salon ainsi que les médaillons, grâce aux prêts exceptionnels du musée du Louvre et du musée Tessé du Mans.

Commissariat : Béatrice Sarrazin, conservateur général du patrimoine au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon

Noël Coypel, peintre de grands décors

Du 26 septembre 2023 au 28 janvier 2024
Salle des gardes de la Reine et Grand Trianon

Versailles est synonyme de grands décors sculptés, dorés et surtout peints, dont Noël Coypel fut l’une des figures marquantes au XVIIe siècle. Il ne pouvait donc y avoir de lieu plus approprié que le château de Versailles pour évoquer ces grands ensembles, véritables temps forts de l’œuvre de cet artiste aujourd’hui méconnu, dont la carrière a pourtant été menée sous les ors du pouvoir.

Fondateur d’une dynastie de peintres, Noël Coypel (1628-1707) s’illustra brillamment dans plusieurs domaines: plafonds, peintures de chevalet, arts graphiques, cartons de tapisserie. Après avoir reçu une première formation à Orléans, il revint à Paris et participa aux décors de l’opéra Orfeo de Luigi Rossi. Repéré par le peintre Charles Errard, alors directeur des décors royaux du Louvre, le grand décor devint la partie essentielle de son activité : le parlement de Rennes tout d’abord, puis les demeures royales ou encore, au crépuscule de sa vie, les Invalides. Certains de ces ensembles ont aujourd’hui disparu–au Louvre, à Fontainebleau, au Palais-Royal, et même ceux du premier Versailles–d’autres ne sont connus que par quelques tableaux, qui seront présentés à l’exposition.

En parallèle, Noël Coypel franchit avec brio les étapes de la carrière académique. Reçu en 1663 à l’Académie royale de peinture et de sculpture, il fut dès 1664 nommé professeur, avant de prendre la tête de l’Académie de France à Rome de 1673 à 1675, puis celle de l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1695.

Cette première exposition consacrée à Noël Coypel mettra à l’honneur l’artiste à travers une sélection de 90 œuvres (peintures, dessins, cartons de tapisserie, etc.) présentées au sein du Grand Trianon et au château de Versailles dans la salle des gardes de la Reine, sous un décor qu’il a lui-même réalisé et qui a fait l’objet d’une restauration entre 2015 et 2017. En prolongement de cette exposition, le musée des Beaux-Arts de Rennes organisera à son tour une exposition sur l’ensemble de la carrière du peintre en 2024.

Commissariat : Béatrice Sarrazin, conservateur général du patrimoine au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, et Guillaume Kazerouni, responsable des collections anciennes du musée des Beaux-Arts de Rennes 

Horace Vernet

Du 14 novembre 2023 au 17 mars 2024
Salles d’Afrique et de Crimée

Le château de Versailles consacre en novembre 2023 une grande rétrospective dédiée au peintre Horace Vernet (1789 - 1863). Intimement lié au Versailles de Louis-Philippe, l’artiste exécute pendant plus de treize ans certaines des plus belles toiles des Galeries historiques. Ainsi, Versailles conserve aujourd’hui la plus grande collection d’œuvres du peintre. Plus de quarante ans après la dernière exposition consacrée à Vernet, cette rétrospective d’environ 200 œuvres sera l’occasion de découvrir de nombreux chefs-d’œuvre inédits, accompagnés d’esquisses et de dessins témoignant de la méthode de travail de l’artiste.

Né en 1789 au Louvre, Horace Vernet est le petit-fils du peintre de marines Joseph Vernet et fils du peintre de chevaux Carle Vernet. Digne héritier de la dynastie familiale, malgré un échec au Prix de Rome, il s’attire très tôt les faveurs de Napoléon Ier et de sa famille.
Évoluant d’abord au sein du cénacle romantique des années 1820, aux côtés de son ami Théodore Géricault, il développe une manière facile et séduisante et s’initie à la lithographie. Il devient le peintre favori du duc d’Orléans, futur Louis-Philippe. 

Au Salon de 1822, Horace Vernet voit ses toiles refusées et organise alors une exposition personnelle dans son atelier dont l’immense succès établit définitivement sa réputation. C’est le début d’une longue carrière officielle. L’exposition s’attachera à montrer l’évolution stylistique des œuvres d’Horace Vernet, passant de la fougue romantique qu’il partage avec Géricault à une peinture de bataille plus mesurée.

L’exposition mettra en lumière l’importance des voyages d’Horace Vernet, notamment en Italie et en Algérie. Nommé directeur de l’Académie de France à Rome en 1829, Horace Vernet découvre  les grands modèles classiques italiens et s’essaye à la peinture d’histoire. En 1833, il découvre l’Algérie et se concentre sur une peinture orientaliste, alternant les sujets civils, religieux et militaires. Deux ans plus tard, il est chargé de représenter les conquêtes militaires par les héritiers de Louis-Philippe dans les salles d’Afrique du château de Versailles. Le temps des grandes commandes est ponctué de nombreux voyages en Orient et en Russie. Sous le Second Empire, il voit sa carrière saluée lors d’une rétrospective de son œuvre à l’exposition universelle de 1855. Il meurt en 1863 après avoir reçu l’insigne de Grand officier de la Légion d’honneur.

Peintre prolixe, encensé ou conspué par la critique, Horace Vernet n’a pas laissé ses contemporains indifférents. Cette rétrospective montrera la facilité de la manière du peintre et la richesse de ses sujets de prédilection, révélant son amour pour les chevaux et la chasse, son attachement à l’épopée napoléonienne et aux faits d’armes, son goût pour la littérature romantique et Lord Byron, ou encore pour la mise en scène de ses origines familiales. Peintre complet, Horace Vernet s’illustre dans tous les genres, notamment le portrait. L’exposition permettra d’apprécier de nombreuses toiles de ce genre conservées en collections particulières. De plus, Vernet jouit rapidement d’une certaine célébrité qui l’amène à poser pour plusieurs confrères. L’exposition présentera certains de ces portraits, réalisés par les contemporains du peintre.

Retraçant l’ensemble de la carrière du peintre, cette rétrospective offrira une plongée dans le XIXe siècle d’Horace Vernet. À cette occasion, les toiles des salles d’Afrique seront visibles.

Commissariat : Valérie Bajou, conservateur général au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon

 

Présentation des nouvelles acquisitions dans la salle du pape

Le château de Versailles acquiert régulièrement des œuvres et objets d’art. Afin de présenter au grand public les nouvelles œuvres ayant rejoint ses collections, le château de Versailles a dédié un espace ouvrant sur la salle du Pape, au milieu du grand circuit en visite libre, à la présentation d’une œuvre parmi les plus belles acquisitions récentes.

Un buste de François Girardon représentant Georges Mareschal, premier chirurgien de Louis XIV, acquis en 2020, y sera exposé jusqu’en janvier 2023.

Ensuite se succèderont une œuvre mythique d’Hubert Robert acquise grâce à un mécénat exceptionnel, une sélection de dessins récemment acquis, présentée au moment du Salon du Dessin, et une acquisition réalisée grâce au mécénat de la Société des Amis de Versailles, le portrait de Marie-Antoinette dauphine par Duplessis, sa première effigie peinte sur le sol français.

La politique d'acquisition du château de Versailles

En tant que musée national, le château de Versailles a pour mission de contribuer à l’enrichissement des collections publiques par l’acquisition de biens culturels pour le compte de l’État. Achats, dons et legs permettent de faire entrer au musée des œuvres et objets d’art qui éclairent la collection existante, en complètent le propos et en comblent les lacunes. Les champs sont très divers et incluent une extraordinaire collection de portraits qui illustre les «gloires de la France » dans tous les domaines et fait de Versailles une «National Portrait Gallery » à la française.

De plus, le château de Versailles suit une politique volontariste visant à son remeublement.

La recherche menée par la conservation permet l’identification de meubles versaillais. Autant que possible, le château de Versailles se positionne en vue d’en faire l’acquisition et de les présenter au public dans des espaces dont l’état tend à se rapprocher le plus possible de celui l'ancienne résidence royale. 

 

Communiqué de presse

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Visuels

Saint-Marc, Valentin de Boulogne, vers 1624-1626

© Château de Versailles, Dist. RMN © Christophe Fouin

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Saint-Luc, Valentin de Boulogne, vers 1624-1626

© Château de Versailles, Dist. RMN © Christophe Fouin

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Saint-Mathieu, Valentin de Boulogne, vers 1624-1626

© Château de Versailles, Dist. RMN © Christophe Fouin

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Saint-Jean, Valentin de Boulogne, vers 1624-1626

© Château de Versailles, Dist. RMN © Christophe Fouin

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Agar secourue par l'Ange, Giovanni Lanfranco, vers 1611-1620

© Château de Versailles, Dist. RMN © Christophe Fouin

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Apollon couronné par la victoire après la défaite du serpent Python, Noël Coypel, vers 1701-1707

© RMN-GP (Château de Versailles) © Gérard Blot

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Le char de Jupiter entre la Justice et la Piété, Noël Coypel, vers 1671

© Château de Versailles, Dist. RMN © Christophe Fouin

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La Bataille de Las Navas de Tolosa, 1212, Horace Vernet, 1817

© RMN-GP (Château de Versailles) © Gérard Blot

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Georges Mareschal, Premier chirurgien du Roi (1658-1736), François Girardon, vers 1707

© Château de Versailles / Didier Saulnier

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Portrait de Marie-Antoinette (1755-1793), dauphine, Louis-Joseph-Siffrède Duplessis, 1771

© Château de Versailles, Dist. RMN © Christophe Fouin

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