Le Musée de Picardie présentera du 24 septembre 2022 au 26 février 2023 un ensemble de six peintures provenant de la chambre du Roi du château de Versailles. Ce prêt exceptionnel et inédit vient à Amiens en échange de celui de la série des chasses exotiques, chef-d’œuvre du Musée de Picardie pour l’exposition Louis XV, goûts et passions d’un Roi, qui aura lieu à Versailles à partir du 18 octobre 2022.

Les quatre Évangélistes, Saint Matthieu, Saint Luc, Saint Jean et Saint Marc, le Denier de César peints par Valentin de Boulogne (1591-1632) et Agar et l’ange par Giovanni Lanfranco (1582-1647) ornent aujourd’hui le niveau supérieur du décor de la chambre du Roi au château de Versailles, témoignage essentiel du goût de Louis XIV pour la peinture caravagesque. Présentés habituellement à plus de dix mètres du sol, ces tableaux d’une immense qualité picturale seront présentés à portée du regard : une occasion unique de les appréhender ensemble, après leur restauration. À ce prêt prestigieux des tableaux, s’ajoute celui du buste de Louis XIV d’Antoine Coysevox (1640-1720).

La chambre de Louis XIV : l’un des principaux espaces du château de Versailles

Des différentes chambres successives occupées par le Roi au château de Versailles, la dernière, que Louis XIV occupe à partir de 1701, demeure la plus emblématique. Son emplacement au centre de l’appartement royal donnant sur la cour de marbre a la force du symbole : au centre de l’axe Est-Ouest des perspectives du Domaine, elle est le point de départ de la course du Soleil. Lieu des cérémonies du lever et du coucher, elle occupe une fonction névralgique dans l’organisation de l’étiquette à la cour. La chambre de 1701 remplace « la pièce où le roi s’habille » dans le Petit appartement.

Dans cet espace à la fois privé et public, le roi a lui-même choisi les peintures destinées à orner la partie haute du décor et retient un ensemble de tableaux caravagesques. Avant les transformations de la pièce, ce sont neuf peintures qui décoraient les murs sud, nord et ouest de la pièce. Au moment de sa transformation, dans son état de 1701, six de ces peintures restent en place sur les murs sud et nord.

Le goût du roi : le ténébrisme dans sa chambre

Dans cet épicentre du palais, le choix des peintures n’est pas insignifiant : le roi s’entoure de peintures naturalistes, privilégie Valentin et porte son choix sur des représentations religieuses tirées du Nouveau Testament. Le plus italien des Caravagesques français, Valentin de Boulogne a passé la plus grande partie de sa courte carrière en Italie, de 1614 jusqu’à sa mort tragique en 1632. Il fait ses armes dans la Rome turbulente des années 1620, marchant dans les pas du Caravage. Considéré par le grand historien de l’art Roberto Longhi comme « le plus énergique et le plus passionné des suiveurs naturalistes de Caravage », Valentin se détache du maître par son style empreint de gravité et de mélancolie.

Datant des années 1624-1626, les quatre Évangélistes appartiennent à la même commande mais le nom de leur destinataire ne nous est pas connu. Ces œuvres rentrent dans les collections de Louis XIV en 1670. Les quatre amples figures à mi-corps se détachent sur un fond uni, plutôt sombre. Associant monumentalité et finesse d’exécution dans un langage réaliste chargé d’intériorité, Valentin traduit magistralement l’inspiration divine. Le Denier de César montre une rusticité plus grande dans le traitement des personnages aux expressions fortes et aux mains nouées.

Provenant de la prestigieuse collection du banquier Everhard Jabach, Agar et l’ange de Giovanni Lanfranco s’inscrit dans la lignée du caravagisme adouci d’un Orazio Gentileschi. La carrière de l’artiste se déploie entre Parme, Rome et Naples. Cette toile est acquise par Louis XIV en 1662.

Enfin, le buste de Louis XIV d’Antoine Coysevox (1640-1720) date des années 1677-1682. Cette image officielle contribue à l’établissement d’une certaine iconographie royale. Le souverain doté d’une perruque aux belles boucles arbore un visage expressif et réaliste ; il porte une écharpe minutieusement traitée recouvrant la cuirasse au décor fleurdelisé. Son piédouche est décoré du soleil.

La restauration des six peintures de la chambre (2015-2020)

Les six tableaux requéraient une intervention fondamentale sur le support allant jusqu’au rentoilage et également sur la couche picturale, comprenant le nettoyage des repeints, l’harmonisation des agrandissements et la réintégration des lacunes.

À l’occasion du prêt de Saint Marc et Saint Matthieu à la première exposition consacrée à l’artiste, Valentin de Boulogne, réinventer Caravage (Paris, musée du Louvre, 2017), il fut décidé de restaurer les deux toiles et d’engager, par la suite, la restauration des quatre autres peintures. Conduites entre 2015 et 2020, les interventions redonnèrent aux toiles leur harmonie, leur stabilité et la vivacité de leurs coloris.

Commissariat d'exposition

Béatrice Sarrazin, conservateur général du patrimoine, chargée des peintures du XVIIe au château de Versailles

 

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Visuels

Chambre du Roi

© Château de Versailles - T. Garnier

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Saint Luc, évangéliste

Valentin de Boulogne
© Château de Versailles - C. Fouin / Dist. RMN

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Saint Matthieu, évangéliste

Valentin de Boulogne
© Château de Versailles - C. Fouin / Dist. RMN

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Saint Jean, évangéliste

Valentin de Boulogne
© Château de Versailles - C. Fouin / Dist. RMN

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Le tribut de César

Valentin de Boulogne
© Château de Versailles - C. Fouin / Dist. RMN

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Agar et l’ange

Valentin de Boulogne
© Château de Versailles - C. Fouin / Dist. RMN

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Buste de Louis XIV

Antoine Coysevox
© Château de Versailles J-M. Manaï / Dist. RMN

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