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Le 11 mars 2026 • Communiqué de presse

Restauration du bain des nymphes et du bassin du dragon

Mars 2026 - printemps 2027

En mars 2026, le château de Versailles lance un ambitieux chantier dans ses jardins : la restauration de deux fontaines, le bassin du Bain des nymphes, grâce au mécénat de Jacquemus, et le bassin du Dragon. Mobilisant des savoirs-faire d’excellence : maçonnerie, marbrerie, restauration de sculptures en plomb, dorure et fontainerie, ces deux opérations, qui s’achèveront au printemps 2027, contribueront à la revalorisation du parc de Versailles et à la remise en lumière de l’axe Nord des jardins.

 

Des bassins au cœur de l’axe Nord des jardins

Créés dans la deuxième partie du XVIIe siècle pour s’intégrer dans la grande mise en scène hydraulique et sculptée des jardins de Versailles, le bassin du Bain des nymphes et le bassin du Dragon constituent deux repères de la perspective Nord, également composée du bassin de la Pyramide, de l’allée d’Eau et du bassin de Neptune. Pensés comme de véritables théâtres d’eau, associant architecture, sculpture et jeux hydrauliques, ces deux bassins traduisent une ambition artistique et la mise en scène du pouvoir royal de Louis XIV en mêlant références mythologiques et maîtrise technique.

Marqués par le temps et par plusieurs campagnes de transformation, ces bassins nécessitent aujourd’hui une restauration complète. Le château de Versailles engage ainsi un ambitieux chantier portant à la fois sur les maçonneries, les marbres, les décors sculptés et les réseaux hydrauliques des deux fontaines. Conduit sous la maîtrise d’ouvrage de la Direction du Patrimoine et des Jardins du château de Versailles, en coordination avec la Direction du Musée National des châteaux de Versailles et de Trianon, et sous la direction de 
Pierre Bortolussi, Architecte en chef des Monuments historiques, cette restauration s’inscrit dans la mission de conservation, de transmission et de valorisation du patrimoine du parc de Versailles. Cette intervention vise à restituer la lisibilité des compositions, à pérenniser les œuvres et les ouvrages. Elle s’inscrit également dans le projet de restauration globale de l’axe Nord des jardins que le château de Versailles souhaite poursuivre avec le monumental bassin de Neptune et le bassin de la Pyramide.

 

Le Bassin du bain des Nymphes


Conçu de 1668 à 1670, le bassin du Bain des nymphes est situé au sommet de l’axe Nord de la perspective des jardins, à proximité du château et du Parterre Nord, entre le bassin de la Pyramide et l’allée d’Eau. Ce vaste bassin carré de 15 mètres de côté s’insère dans la déclivité du terrain.

Sa face principale, conçue comme un grand buffet d’eau, est ornée de quatre mascarons à tête de satyres et d’un grand bas-relief central en plomb sculpté par François Girardon, d’après un dessin de Claude Perrault. Celui-ci représente une scène de nymphes au bain subtilement masquée par une grande nappe d’eau lorsque la fontaine est en fonctionnement. Il s’agit du chef-d'œuvre de l’artiste dans le genre du relief où plusieurs plans creusent subtilement la profondeur de la composition.

Douze autres bas-reliefs représentant des rivières, des enfants et des animaux marins décorent les trois côtés du bassin. Outre François Girardon, cinq autres sculpteurs de renom ont participé à ce décor monumental : Pierre Legros, Étienne Le Hongre, Laurent Magnier, Nicolas Legendre et Philippe de Buyster.

Le décor des parois présent à l’origine a été remplacé par des marbres polychromes dès 1684. Depuis cette date, hormis des travaux d’entretien, la fontaine n’avait connu aucune restauration importante.

La perception du bassin et de son décor est aujourd’hui très dégradée par son encrassement général, par la corrosion présente sur les panneaux de plomb, ainsi que par la présence de mousses sur l’ensemble des parois. La restauration concernera donc tous les éléments de la fontaine : maçonnerie, décor et système hydraulique. Dans cette perspective, la structure sera totalement mise à nu et les décors déposés, permettant la résolution en profondeur des problèmes de drainage et d’étanchéité du bâti.

Les marbres et le décor sculpté

Deux types de marbres constituent le décor de la fontaine : le marbre blanc veiné de Carrare (pour les cadres des bas-reliefs) et le marbre vert Campan (pour les pilastres portant les têtes de satyres). L’ensemble de ces éléments connaissent aujourd’hui de nombreuses dégradations.
Les études menées sur les bas-reliefs en plomb ont permis de faire un diagnostic précis de leur état et d’établir le procédé de restauration à mettre en oeuvre. Les opérations qui s’engagent aujourd’hui permettront notamment de rétablir la dorure des sculptures attestée tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles et totalement disparue depuis.
Le chantier rétablira la polychromie du bassin et rendra la subtile alternance blanche et verte des marbres encadrant les bas-reliefs dorés. La redorure des panneaux fera, quant à elle, réapparaître leurs reliefs et les rendront, comme à l’origine, plus vivants sous les jeux de l’eau.

Le réseau hydraulique

Les fontainiers du château de Versailles restaureront les éléments hydrauliques. En effet, le bassin du Bain des nymphes reçoit actuellement le trop-plein d’eau des bassins supérieurs, notamment celui de la Pyramide. Le chantier qui s’engage va permettre de rétablir le fonctionnement originel du circuit hydraulique du XVIIe siècle, et l’approvisionnement en eau de la fontaine par un débit mieux régulé et plus adapté à la formation d’une nappe d’eau uniforme. Les fontainiers utiliseront également leur savoir-faire traditionnel pour la recréation de la feuille de plomb formant le rideau d’eau. Les ajutages* des mascarons seront également restaurés.(* pièces fixées à l’extrémité des canalisations et donnant leur forme aux jets d’eau)

La restauration du bassin du Bain des nymphes est menée grâce au mécénat de Jacquemus

« Je suis particulièrement fier de voir Jacquemus s’engager, dès mars 2026, aux côtés du château de Versailles dans cet ambitieux chantier de restauration. Ce mécénat unique qui contribue à la renaissance du bassin du Bain des Nymphes représente pour moi une grande fierté. Participer à la revalorisation du parc tout en soutenant les savoir-faire d’excellence de l’artisanat donne tout son sens à notre démarche : en tant que marque indépendante française, Jacquemus tient à contribuer activement au rayonnement de la culture française. » 
Simon Porte Jacquemus

Contact service de presse Jacquemus : press@jacquemus.com

 

le bassin du dragon

Situé dans l’axe de l’allée d’Eau, le bassin du Dragon surplombe celui de Neptune. Construit à la fin des années 1660, il illustre le mythe d’Apollon terrassant le serpent Python, représenté ici comme un terrible dragon qui fut interprété comme la répression royale de l’hérésie protestante.

Le décor sculpté initial de 1667 est exécuté par Gaspard et Balthasar Marsy. Il est composé d’un dragon central entouré de quatre enfants chevauchant des cygnes et tirant des flèches pour le tuer. Quatre dauphins complètent la scène. Ces figures en plomb doré sont animées par de spectaculaires jeux d’eau. Le jet central, culminant à près de 27 mètres, demeure aujourd’hui encore le plus haut des jardins de Versailles et symbolise la douleur de l’agonie du monstre.

Dès leur création en 1660, les sculptures du bassin sont fragilisées par les conditions climatiques et malgré les différentes interventions, elles sont retirées au début du XIXe siècle. À la fin du XIXe siècle, le décor est recrée à plus grande échelle, à partir de fragments originaux. D’autres restaurations interviennent au cours du XXe siècle. La fontaine actuelle est donc un témoignage d’époques diverses : le bassin date du XVIIe, le dragon du XIXe, certains cygnes et dauphins du XXe siècle.

Les diagnostics récents ont mis en évidence d’importantes altérations : fragilisation des maçonneries, érosion des pierres de berge, fissurations du fond du bassin, problèmes d’étanchéité, mais aussi vieillissement des sculptures en plomb.

La restauration aujourd’hui engagée porte à la fois sur les éléments du bassin (margelles, murs de berge, pavage et réseaux hydrauliques) et sur les décors sculptés, qui seront déposés et restaurés en atelier. Les travaux permettront également d’optimiser les réseaux de fontainerie. La conduite d’eau centrale, de forme circulaire, sera recréée de manière parfaitement régulière afin de répartir harmonieusement les effets d’eau sur l’ensemble des statuaires. Cette intervention permettra de redonner toute sa lisibilité et sa force scénographique à cet ensemble unique.

À l’issue du chantier, le bassin du Dragon retrouvera sa stabilité structurelle, la richesse de ses décors et l’intensité de ses jeux d’eau, offrant aux visiteurs une redécouverte spectaculaire de ce symbole de l’art des jardins à la française.

Communiqué de presse

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Visuels

Perspective Nord des jardins de Versailles
© château de Versailles / T. Garnier
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Bassin de nymphes
© Château de Versailles, Dist. RMN © C. Fouin
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Le bassin du Bain des nymphes
© Château de Versailles / T. Garnier
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Le bassin du Dragon
© château de Versailles / D. Saulnier
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Le bassin du Dragon
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Le bassin du Dragon
© château de Versailles / D. Saulnier
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