
Les prêts du château de Versailles
Un serre-bijoux de Martin Carlin (vers 1770)

Parmi les prêts majeurs figure également un rare serre-bijoux réalisé vers 1770 par l’ébéniste Martin Carlin, orné de plaques de porcelaine de Sèvres. Conçu à l’origine pour des membres de la famille royale, ce type de meuble précieux témoigne de l’innovation des marchands-merciers parisiens, qui associaient ébénisterie, bronze doré et porcelaine pour créer des objets d’un raffinement inédit. Les plaques de Sèvres, spécialement commandées pour s’adapter au bâti du meuble, présentent un décor de bouquets de fleurs encadrés de fonds blancs, caractéristiques de la production de la manufacture vers 1770 - 1775.
À la fois table à écrire et coffret à bijoux, ce meuble illustre un nouvel art de vivre, intime et féminin, développé à la cour de Versailles sous le règne de Louis XV puis de Louis XVI. Son succès fut immédiat, premièrement auprès de Madame Du Barry puis de Marie-Antoinette et des autres princesses de la famille royale.
Passé des collections royales aux grandes collections privées du XIXe siècle, ce type d’objet incarne parfaitement le goût des Rothschild pour les œuvres associant virtuosité technique, richesse des matériaux et provenance prestigieuse. Le serre-bijoux compta parmi les collections d’Alfred de Rothschild et fit par la suite l’objet d’un don sous réserve d’usufruit de Mme Léon Barzin (née Eleanor Post Close) en 1961. Il entra dans les collections du château de Versailles en 2007.
La jatte à punch du service « bleu céleste » (1754)

© Château de Versailles, Dist. RMN © Christophe Fouin
Issue d’un service royal spectaculaire comptant plus de 1700 pièces, cette œuvre incarne l’innovation technique et esthétique de la manufacture de Vincennes-Sèvres, notamment à travers l’invention du célèbre fond « bleu céleste ». Passée par les collections Rothschild, puis Sassoon, avant de rejoindre Versailles, elle illustre la fascination de la famille pour les services royaux dispersés après la Révolution. Issue de la collection du baron Gustave de Rothschild, elle rejoignit les collections du château de Versailles en 2011.
Une terrine du service « bleu céleste » (1754)

© Château de Versailles, Dist. RMN © Christophe Fouin
D’une richesse décorative remarquable, cette pièce souligne le dialogue entre orfèvrerie et porcelaine au XVIIIe siècle. Elle incarne le goût Rothschild pour les ensembles prestigieux et la quête de pièces issues de commandes royales. Elle compta parmi les collections de Robert et Cécile de Rothschild et fut acquise par le château de Versailles en 2004.
Deux tableaux en porcelaine d’une virtuosité exceptionnelle : La Toilette de la Sultane (1783) et La Sultane donnant ses ordres aux odalisques (1786)

© Château de Versailles, Dist. RMN © Christophe Fouin

manufacture de Sèvres, 1783
© Château de Versailles, Dist. RMN © Christophe Fouin
Réalisées par les frères Pithou, deux grands noms de la peinture sur porcelaine à Sèvres, ces plaques traduisent la volonté de la manufacture royale de rivaliser avec la peinture à l’huile, en reproduisant des compositions inspirées des cartons de tapisserie. Commandées par Louis XVI, elles témoignent de l’ambition artistique de la manufacture et de la circulation des œuvres entre collections royales et collections privées avant leur entrée chez les Rothschild en 1832. Elles furent acquises par le château de Versailles en 1978.
La tabatière de Madame Adélaïde (1786)

© Château de Versailles,
Dist. RMN © Christophe Fouin
D’une grande finesse, cet objet personnel d’une des filles de Louis XV présente sur un fond « beau bleu », caractéristique des innovations chromatiques de la manufacture de Sèvres à la fin du XVIIIe siècle. Son décor miniature, représentant notamment les chiens de la princesse, témoigne du raffinement et de l’intimité de l’art de vivre à Versailles. Entièrement documentée par les archives de la manufacture de Sèvres, cette œuvre constitue un exemple exceptionnel de la production de Sèvres destinée à la famille royale. Issue des collections d’Elie de Rothschild, elle fut acquise en vente publique au Royaume-Uni par le château de Versailles en 2025, grâce au mécénat de la Société des Amis de Versailles.
La pendule du salon des Jeux de Louis XVI (vers 1785)

(horloger), Joseph Coteau (émailleur), vers 1785 © Château de Versailles, Dist. RMN © Christophe Fouin
Pièce insigne associant porcelaine, bronze doré et horlogerie, cette pendule incarne la sophistication des objets scientifiques et décoratifs sous Louis XVI. Sa présence dans les collections Rothschild souligne leur intérêt pour des objets à la fois techniques et esthétiques. La pendule, legs de la baronne Salomon de Rothschild en 1922, est exposée dans le salon des Jeux de Louis XVI depuis 2009.
La marque de billard de Louis XVI (1786)

© Château de Versailles, Dist. RMN © Christophe Fouin
Témoignage émouvant de l’attachement de Louis XVI à la manufacture, cet objet, servant à compter les points lors d’une partie billard, fut un cadeau de la manufacture au souverain en 1786. Passée dans les collections de Nathaniel et d’Alphonse de Rothschild en Autriche au début du XXe siècle puis dans d’autres collections privées, elle fit l’objet d’un don de la Versailles Foundation au château de Versailles en 1991 à l’issue d’une vente publique aux États-Unis.
Informations pratiques
Exposition du 17 avril au 26 juillet 2026
Du mardi au dimanche de 11h à 18h
Mobilier national
42 avenue des Gobelins
75013 Paris
Tarifs individuels :
Adulte : 8 euros
Réduit : 7 euros






