deux pièces uniques du service mythologique de louis XVI, un des plus importants de la manufacture de Sèvres
Réalisés en 1784 et 1791, ces deux seaux à rafraîchir les verres appartiennent au grand service à fond « beau bleu » dit « mythologique » commandé par Louis XVI à la manufacture royale de Sèvres. De forme ovale à contour lobé, ils présentent une lèvre ondulante et deux anses latérales en forme de feuilles d’acanthe. Leur fond bleu profond est rehaussé de cartels polychromes peints en miniature, encadrés de guirlandes de feuillages, de palmes et de rinceaux dorés.
Les quatre scènes mythologiques représentées sur les deux pièces témoignent de la richesse du programme iconographique imaginé pour le service par le roi lui-même : « Didon et Énée », « la Mort d’Adonis», « la Naissance d’Adonis » et « Psyché aux Enfers ».
Ces décors sont l’œuvre de Pierre-André Le Guay le jeune, peintre de figures de la manufacture royale de Sèvres de 1772 à 1817. Les deux seaux portent également les marques des doreurs Étienne-Henry Le Guay et Henry-François Vincent.
Le chant du cygne de la porcelaine tendre de Sèvres
Imaginé dès 1782 par Louis XVI, le service mythologique constitue l’une des réalisations les plus emblématiques de la manufacture royale de Sèvres à la veille de la Révolution. Le roi définit lui-même la composition et le programme iconographique, puisant notamment dans les Métamorphoses d’Ovide et les Aventures de Télémaque de Fénelon.
Commandé en porcelaine tendre, alors même que la manufacture maîtrisait déjà la technique de la porcelaine dure, ce service devait compter 422 pièces et être livré par étapes jusqu’en 1805. La Révolution interrompit cependant sa fabrication en 1792 : seules 198 pièces furent réalisées.
Les deux seaux crénelés acquis par le château de Versailles sont les seuls exemplaires de cette forme commandés par Louis XVI. Le premier fut livré à la fin de l’année 1784.
Leur histoire est exceptionnellement documentée par les documents conservés aux archives nationales et à la manufacture de Sèvres. Les recherches menées permettent notamment de retracer leur fabrication, leur décoration et leur livraison au roi.
Par cette préemption et grâce à la Société des Amis de Versailles, le Château enrichit ses collections de deux œuvres rares et insignes, témoins de l’excellence de la manufacture royale de Sèvres et du goût de Louis XVI pour les porcelaines à décor de figures. Cette acquisition contribue à restituer l’histoire d’un service royal exceptionnel, dont la plus grande partie est aujourd’hui conservée dans les collections royales britanniques.
Les deux seaux crénelés rejoindront les pièces du service mythologique que le château de Versailles conserve déjà : trois tasses à glace, un seau à verre, deux assiettes et un plateau de moutardier déposé par le musée du Louvre.
Une acquisition de cette importance n’a été possible que grâce au legs exceptionnel de Madame Françoise Lambert en faveur de la Société des Amis de Versailles, destiné à contribuer à cette « résurrection permanente » du château que permet seul le retour des objets qui ont fait sa splendeur sous l’Ancien Régime.
à propos de la Société des Amis de Versailles
Fondée en 1907 et forte aujourd’hui de 5 400 membres, la Société des Amis de Versailles oeuvre depuis cent vingt ans avec passion et enthousiasme à l’enrichissement des collections, à la restauration et au rayonnement du château et du domaine de Versailles. Reconnue d’utilité publique, elle est habilitée à recevoir des legs en franchise de droits. La Société des Amis de Versailles rend hommage à Madame Lambert dont le legs généreux en faveur du remeublement du château de Versailles a permis cette acquisition exceptionnelle.

