En juin 1940, la Wehrmacht est aux grilles du château de Versailles. Le Château entre dès lors dans une période de troubles, qui ne prend fin qu'en août 1944, au moment de la Libération. Que deviennent le Château et ses œuvres durant ces quatre années d'occupation ?

Avant la guerre

Après la Première Guerre mondiale, entre 1924 et 1927, le château de Versailles fait l'objet d'un vaste programme de restauration, permis grâce au mécénat du philanthrope américain John D. Rockefeller Jr. Ces travaux d'envergure constituent un nouveau souffle pour le domaine de Versailles, qui entreprend dans le même temps un vaste programme d'enrichissement des collections. Versailles fait l'objet d'un engouement nouveau ...

En 1939, l'exposition "A Versailles en 1789", figurant au programme des cérémonies du cent-cinquantenaire de la Révolution française, devait se tenir au Château entre mai et octobre. Mais au mois d'août, le conservateur du château de Versailles, Pierre Ladoué, est contraint de l'écourter.

Le 25 août 1939, le musée de Versailles, à l'instar de nombreux autres musées français, ferme ses portes. Comme dans les autres musées nationaux, le château de Versailles suit les directives établies par l'Etat en matière de défense passive.

L'armée allemande à Versailles

Le château est envahi pour la quatrième fois de son histoire le 14 juin 1940, lorsque les premiers soldats de l’armée allemande se présentent à ses grilles. À partir de cette date, des bataillons entiers de la Wehrmacht se pressent pour visiter la galerie des Glaces, où s’est déroulée la cérémonie de la proclamation de l’Empire allemand en 1871, mais surtout la signature du traité de paix du 28 juin 1919, le fameux « Diktat ».

La conquête de ce lieu symbolique, sur lequel flotte pendant plusieurs mois le drapeau nazi, représente une revanche particulière pour le Troisième Reich. Les plus grands dignitaires nazis s’en félicitent, comme Joseph Goebbels, le ministre de la Propagande, qui visite le château et les Trianon dès le 1er juillet 1940.

Soldat allemand photographiant trois autres soldats dans la cour du château de Versailles

© Château de Versailles, Dist. RMN

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Un château occupé

Surpris par l’état dans lequel ils trouvent les lieux à leur arrivée – les bassins sont asséchés, les Grands Appartements sont « emmurés », la galerie des Glaces et plusieurs salons privés de leurs décors, les fenêtres obstruées par des panneautages des bois, les collections du musée mises à l’abri dans des dépôts … – les Allemands vont n’avoir de cesse d’appeler à la restauration du château et de ses jardins, défigurés par les mesures de défense passive déployées depuis l’été 1939.

Vue d'un des bassins du Parterre d'Eau vidé

© château de Versailles

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André Japy, l’architecte en chef, et Charles Mauricheau-Beaupré, conservateur en chef vont, dans un contexte très difficile de cohabitation avec l’armée occupante, œuvrer à cette tâche. Ce dernier va d’ailleurs parvenir à rouvrir partiellement le musée, restreint dans l’aile du Nord du château, tandis que les Allemands continuent à arpenter les Grands Appartements, dont la visite leur est réservée.

Entrée de militaires allemands par la Grille d'Honneur du château de Versailles ;
sur un panneau : "Le musée est fermé"

© Château de Versailles, Dist. RMN

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La galerie des Glaces, vers 1940-1941

© Château de Versailles, Dist. RMN

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Si des dégâts et autres menus larcins y sont perpétrés, ils demeurent néanmoins mesurés, et contrôlés par les instances administratives à la fois française et allemande. Le Kunstschutz, service de protection des œuvres d’art dirigé par Franz von Wolff-Metternich, assure cette mission sur fond de propagande.

Bien qu’elles ne résident pas au sein du château, comme lors de la guerre de 1870-1871, les troupes de l’armée allemande sont omniprésentes, occupant de nombreux bâtiments périphériques, comme les Grandes et les Petites écuries, relevant alors du Ministère de la Guerre. Avec le basculement du conflit au tournant de l’année 1942, la militarisation du parc suscite bien des inquiétudes, avivées par les bombardements aériens croissants.

En juin 1944, le domaine essuie plusieurs bombes émanant des aviations alliées, mais aucune ne vient endommager véritablement les monuments, jusqu’à l’arrivée des premiers chars de l’armée Leclerc à l’aube du 25 août.

 Citation

"La caméra de l'Histoire doit, me semble-t-il, tout enregistrer, les événements douloureux, durs à notre amour-propre (...). On ne déchire pas une page d'histoire. Rien de ce qui touche Versailles n'est indifférent ; rien n'en doit être de propos délibéré passé sous silence".

Pierre Ladoué, "Et Versailles fut sauvegardé"

 

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