L'exposition
L'exposition
Quelques images de l'exposition
Du 16 mai au 9 septembre 2012, le château de Versailles présente l'exposition Splendeur de la peinture sur porcelaine. Charles Nicolas Dodin et la manufacture de Vincennes-Sèvres au XVIIIe siècle dans les appartements de Madame de Maintenon et dans la salle des Gardes du Roi.
Au long de sa carrière Dodin a diversifié ses sources d’inspiration et peint des décors dans différents styles, tantôt très en vogue chez les peintres de la Manufacture, tantôt qu'il était le seul à pratiquer. L’exposition se propose de mettre en lumière les différentes périodes de son évolution artistique.
Vase pot-pourri « à jours » à fond blanc
Pendant les premières années de sa carrière, de 1754 à 1757, Dodin se consacre à l’exécution d’amours et d’enfants, peints en camaïeu pourpre ou bleu, d’après des modèles de François Boucher (1703-1770). Ce choix iconographique, prédominant au milieu des années 1750, témoigne du retentissement exceptionnel de l’œuvre du grand peintre dans les arts décoratifs au milieu du XVIIIe siècle.
Dès 1745, celui-ci a en effet fourni des gravures puis des dessins à la Manufacture de Vincennes, créée en 1740 sous la protection du roi. Nombreux sont alors les peintres de la Manufacture à s’inspirer de ces motifs, enfant vêtus de costumes contemporains et amours nus. Dodin se les approprie si bien qu’il sait en jouer sans les copier textuellement. N’hésitant pas à extraire un amour ou un enfant d’une gravure, il leur invente souvent un environnement totalement imaginaire.
Vase « hollandais » à fond bleu céleste
De 1758 à 1761, Dodin réalise des « tesnières », au moment où ce type d'objet connaît une très grande vogue à la Manufacture. Il s’agit d’œuvres exécutées à la fin des années 1750 d’après ou dans le goût des peintures du Flamand David Téniers le Jeune (1610-1690) et représentant des scènes paysannes.
Cette période coïncide avec l’installation à Sèvres de la Manufacture, qui quitte Vincennes en 1756. Madame de Pompadour, qui a joué un rôle décisif dans ce déménagement, rapproche ainsi la Manufacture de sa résidence préférée, Bellevue, en même temps que du château Versailles. A partir de cette date, la Manufacture se lance dans une production de plus en plus somptueuse et invente de nouveaux fonds de couleur, le rose et le petit vert.
Plateau carré à fond rose et à décor
chinois
De 1760 à 1763, Dodin consacre une part importante de son temps à l’exécution de décors chinois d’un type très particulier. Contrairement aux deux précédents, Dodin semble en effet être le seul peintre de la Manufacture à avoir pratiqué ce style de décors. De plus, les pièces qu’il réalise alors présentent une palette de couleurs très riche que l’on ne rencontre pas chez les autres peintres qui ont représenté des décors chinois.
Dodin s’inspire du graveur français Gabriel Huquier l’aîné, de porcelaines de Chine et d’émaux de Canton pour décorer ses pièces de motifs orientaux, personnages, fleurs ou encore pièces de mobilier. La majorité d’entre elles ont ensuite rejoint les collections de Madame de Pompadour ou de Louis XV.
A partir de 1760 et jusqu’à la fin de sa carrière, Dodin peint des scènes de genre d’après des grands maîtres européens des XVIIe et XVIIIe siècles, puis des figures mythologiques et allégoriques d’après des gravures ou directement d’après les œuvres elles-mêmes. Ainsi, les œuvres de Wouvermans, Falens, Oudry, Carle van Loo, Boucher, Drouais, Eisen, Le Prince, Greuze, Fragonard, Pierre, Moreau le Jeune, Jean-Jacques Lagrenée et d’autres constituent-elles les principales sources d’inspiration du peintre, durant une quarantaine d’années.
Parmi les peintres français contemporains de l’artiste, François Boucher est sans doute le peintre dont les œuvres furent le plus reproduites par Dodin. Après les amours du début de sa carrière, ce sont surtout les scènes galantes ou pastorales du grand maître qui l’inspirent.
L’époque révolutionnaire est une période difficile pour la Manufacture et ses artistes. Les commandes se raréfient et l’activité des peintres en est fortement ralentie.
Jusqu’en 1792, Dodin travaille encore au service de table de Louis XVI, à des pièces armoriées et sur un certain nombre de vases d’ornement. A partir de 1793 et de la mort du roi, il exécute des décors « républicains » sur des tasses ou sur des vases, ainsi que quelques sujets mythologiques.