L'exposition
L'exposition
Quelques images de l'exposition
Du 16 mai au 9 septembre 2012, le château de Versailles présente l'exposition Splendeur de la peinture sur porcelaine. Charles Nicolas Dodin et la manufacture de Vincennes-Sèvres au XVIIIe siècle dans les appartements de Madame de Maintenon et dans la salle des Gardes du Roi.
Les œuvres de Dodin ont figuré très tôt dans les plus importantes collections contemporaines. L'exposition évoque ces grands collectionneurs par la présentation de portraits et d'objets leur ayant appartenu.
Les collectionneurs des œuvres de Dodin sont aussi souvent de grands amateurs de tableaux et d’objets d’art de toutes sortes. Parmi eux, on peut citer les figures de Louis XV, de Madame de Pompadour, de Madame du Barry, de Madame Victoire, de Louis XVI, du comte de Provence, du comte d’Artois, de Catherine II de Russie, de Christian VII de Danemark, de George IV d’Angleterre...
Madame de Pompadour, qui a joué un rôle déterminant dans l’installation de la Manufacture à Sèvres, en a été une des meilleures clientes. Dès les années 1750, elle acquiert des pièces à décor d’amours et des « tesnières » réalisées par Dodin. Puis, de 1760 à 1763, la Manufacture demande à Dodin d’orner des pièces à décor chinois à l’intention de Madame de Pompadour et de Louis XV.
Quinze des vingt-six pièces à décor chinois qu’il exécute ont appartenu à la maîtresse royale, révélant sa prédilection pour ce type de décor, toujours peint sur des pièces d’un luxe inouï et aux formes particulièrement audacieuses. Le pot-pourri « fontaine » conservé au musée J. Paul Getty Museum faisait partie de la garniture à fond rose pour la chambre de Madame de Pompadour à l’hôtel d’Evreux, actuel palais de l’Elysée.
Ce pot-pourri « fontaine », ou « à dauphin », est orné de de trois fonds de couleur différents, rose, vert et bleu lapis, et rehaussé de différents motifs peints à l’or. Sur la face principale, on distingue une petite scène chinoise, deux jeunes femmes et un enfant devant un bassin, dans un jardin exotique.
Dodin a participé à l’exécution des grands services de table réalisés à la Manufacture pour des commanditaires prestigieux, parmi lesquels Louis XVI et l’impératrice Catherine II de Russie. En 1776, Catherine II commande un service somptueux à fond bleu céleste, à son chiffre et à décor de camées antiques. 797 pièces sont envoyées en Russie en juin 1779.
Le choix du décor s’explique sans doute par l’intérêt de l’impératrice pour l’antiquité gréco-romaine et par sa passion pour les camées et les intailles antiques. Pour ce service, Louis XVI a donné l’autorisation exceptionnelle de copier certains camées de ses collections. Le chiffre de l’impératrice est composé d’un E pour « Ekaterina », peint avec des fleurs, et du chiffre romain « II », peint à l’or. Le tout est entouré d’une guirlande de feuilles de laurier, enrubannée, et sommé de la couronne impériale, peinte à l’or.
Les décors peints de ce service ont occupé au moins trente-sept peintres et cinq doreurs pendant plus d’un an. Dodin a exécuté le décor de quarante-cinq pièces de diverses formes, dont une majorité d’assiettes. Les douze pièces du service de Catherine II, prêtées par le musée de l’Ermitage, permettent d’évoquer les pièces décorées par Dodin.
Dodin a passé une partie importante de sa carrière à peindre des plaques de porcelaine tendre dont l’exécution demandait un soin et un talent particulier, plaques tantôt montées sur des meubles, des pendules, des baromètres ou encore des petites boîtes, tantôt destinées à être accrochées au mur comme des tableaux.
Les plaques montées sur des meubles ont connu un grand engouement à partir des années 1760, remplaçant les plaquages marquetés de meubles exceptionnels.
Dodin a décoré plusieurs meubles exécutés par l’ébéniste Martin Carlin, comme la commode du Louvre pour Madame Du Barry ou le guéridon conservé à Varsovie. Acheté par le comte d’Artois, ce guéridon a été offert à une comtesse polonaise qui l’a à son tour offert au roi de Pologne Stanislas Auguste. Son plateau est composé d’une plaque centrale signée par Dodin représentant Télémaque racontant ses aventures à Calypso entouré de six plaques en grisaille.
Dodin est le premier artiste de la Manufacture à avoir réalisé des plaques « tableaux ».
Au début des années 1780, il participe à la plus grande commande reçue par la Manufacture au XVIIIe siècle : une série de neuf plaques de porcelaine, peintes d’après Jean-Baptiste Oudry et destinées à la salle à manger aux salles neuves de Louis XVI, au château de Versailles. Dodin a exécuté deux plaques représentant des chasses royales, dont la plus grande représente La Grande Curée du cerf en forêt de Saint-Germain-en-Laye en vue de l’abbaye de Poissy.