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Lejeune a consacré plusieurs tableaux à la guerre d’Indépendance espagnole. Comme tous les témoins et combattants de ces événements, il a en particulier été impressionné par le harcèlement permanent des troupes par la population locale, menant une forme de guérilla, par opposition aux grandes batailles livrées dans les plaines du nord de l’Europe.
Lejeune est fait prisonnier, près d’Illiescas en 1811, au cours d'une attaque conduite par don Juan Padalea, dit El Medico, un médecin qui a pris la tête de la résistance. Quelques jours plus tard, le convoi passe à Guisando, près de Talavera de la Rena. C’est là que Lejeune situe son tableau en mélangeant plusieurs lieux dans une seule scène.
La composition dramatique est centrée sur Lejeune. Son escorte est massacrée par les paysans espagnols. Au premier plan, Guillaume Bariol a le corps transpercé par une épée. Plus à gauche, des vautours et des chiens vagabonds dévorent les cadavres de Français tués quelques jours plus tôt. Au milieu des personnages, Lejeune, subit les coups redoublés des piques, sans être atteint. Devant un tel miracle, El Medico prend sa défense.
Le tableau a été réalisé sous la Restauration et exposé anonymement au Salon de 1817 sous le titre Vue du Monastère et des Taureaux antiques de Guisando, sur les bords de l’Alberge en Castille, car l’époque ne permettait plus d’exposer des sujets des guerres impériales. L’artiste recouvre sa prédilection pour le paysage : il détaille avec virtuosité les roches des sommets, le pont rompu sur le torrent, l’arc en ciel ou les grands arbres du premier plan. Dans l’ombre de l’attaque, trois sculptures monumentales de taureaux font référence aux taureaux de Guisando, des sculptures de l’époque celtibère.
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