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Les Guerres de Napoléon

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Quelques œuvres de Lejeune

Du 14 février au 13 mai 2012, le château de Versailles présente l'exposition Les Guerres de Napoléon. Louis François Lejeune, général et peintre dans les salles d'Afrique et de Crimée.

Esquisse de la bataille de Lodi, Salon de 1804

Napoléon Bonaparte franchit le Pô à Plaisance le 7 mai 1796. Il poursuit les troupes autrichiennes jusqu’à Lodi où la victoire, le 10 mai, lui ouvre la voie de Milan.

Lejeune ne participe pas au passage du pont de Lodi. Ce jour-là, il est à Paris, attaché au dépôt des fortifications. Pour représenter cette bataille, il doit donc consulter les rapports rédigés par les officiers historiographes. Il utilise aussi le matériel de cartographie et les dessins des autres militaires, en particulier les croquis de l’ingénieur géographe Guiseppe Bagetti. Lejeune copie presque littéralement la peinture à la gouache de Guislain Bacler d’Albe, un autre ingénieur géographe du dépôt de la guerre. Sa composition est à la fois un document d’archive, un instrument pédagogique et une œuvre de propagande.

Lejeune représente la charge des carabiniers sur le pont de bois qui mesurait près de deux cents mètres de long. Le point de vue en biais donne de la profondeur, tout en mettant en valeur Bonaparte et son état-major au premier plan à gauche. Le général en chef chevauche un cheval blanc. Il est tourné vers la droite. Son attitude indique le sens de lecture du tableau.

La composition donne une place importante au paysage et rappelle que Lejeune a d’abord été un élève du paysagiste Pierre-Henri de Valenciennes. Le tableau joue sur des effets de lumière dans le ciel et dans la rivière. Le départ de la colonne sur le pont se devine plutôt qu’il ne se voit à travers la fumée des combats.

 

Vue d’un bivouac de l’Empereur dans les plaines de Moravie, l’un des jours qui ont précédé la bataille d’Austerlitz, en décembre 1805, Salon de 1808



 

Austerlitz est pour Napoléon la bataille par excellence. Pour la célébrer, le directeur des Musées, Dominique-Vivant Denon commande plus d’une douzaine de tableaux. A Lejeune, il demande les préparatifs du combat.

La scène du bivouac est vue d’en haut. Au centre, Napoléon est entouré des maréchaux Berthier et Bessières. Il interroge des paysans moraves et des déserteurs de l’armée russe que Lejeune lui a amenés. L’artiste s’est représenté de dos, vêtu de l’uniforme rouge et bleu des aides de camp de Berthier, le major général, ou chef de l’état-major de l’Empereur. Roustan, le mameluck attaché à la personne de Napoléon, replie une couverture en fourrure, tandis que l’écuyer de service, enveloppé dans son manteau blanc, attend à la portière du landau.

Au premier plan, les gens du maréchal Berthier distribuent un repas aux officiers d’état-major ; d’autres débitent du bois ou pourchassent des volailles.

Sa formation militaire permet à Lejeune d’insister sur les préparatifs de la bataille d’Austerlitz, qu’il décrit minutieusement, laissant aux peintres d’histoire, comme Gérard, la représentation allégorique de la victoire.

Combat de Guisando au col d’Avis, Salon de 1817

Lejeune a consacré plusieurs tableaux à la guerre d’Indépendance espagnole. Comme tous les témoins et combattants de ces événements, il a en particulier été impressionné par le harcèlement permanent des troupes par la population locale, menant une forme de guérilla, par opposition aux grandes batailles livrées dans les plaines du nord de l’Europe.

Lejeune est fait prisonnier, près d’Illiescas en 1811, au cours d'une attaque conduite par don Juan Padalea, dit El Medico, un médecin qui a pris la tête de la résistance. Quelques jours plus tard, le convoi passe à Guisando, près de Talavera de la Rena. C’est là que Lejeune situe son tableau en mélangeant plusieurs lieux dans une seule scène.

La composition dramatique est centrée sur Lejeune. Son escorte est massacrée par les paysans espagnols. Au premier plan, Guillaume Bariol a le corps transpercé par une épée. Plus à gauche, des vautours et des chiens vagabonds dévorent les cadavres de Français tués quelques jours plus tôt. Au milieu des personnages, Lejeune, subit les coups redoublés des piques, sans être atteint. Devant un tel miracle, El Medico prend sa défense.

Le tableau a été réalisé sous la Restauration et exposé anonymement au Salon de 1817 sous le titre Vue du Monastère et des Taureaux antiques de Guisando, sur les bords de l’Alberge en Castille, car l’époque ne permettait plus d’exposer des sujets des guerres impériales. L’artiste recouvre sa prédilection pour le paysage : il détaille avec virtuosité les roches des sommets, le pont rompu sur le torrent, l’arc en ciel ou les grands arbres du premier plan. Dans l’ombre de l’attaque, trois sculptures monumentales de taureaux font référence aux taureaux de Guisando, des sculptures de l’époque celtibère.