1957-1992 : Les visites d’Etats
Juin 1957 – Février 1992, d’Elisabeth II à Eltsine
Palais national à disposition du président de la République, Versailles devient, au XXe siècle, le lieu des manifestations officielles. Quand les ors de la monarchie servent le prestige de la république…
Depuis la reine Victoria en 1855, Versailles est le haut lieu des réceptions diplomatiques de la France. Le tsar Nicolas II puis le roi George VI sont reçus respectivement en 1896 et en 1938. Cet usage du Château devient un rituel sous la Ve République.
La IVe ouvre le bal avec la réception, en avril 1957, de la jeune reine d’Angleterre, Elisabeth II, par le président René Coty. Elle fait là son premier séjour officiel en France. Les relations entre les deux pays ont été mises à mal par l’expédition de Suez en 1956. La popularité de la reine ne peut que servir les relations franco-britanniques. Elle est accueillie à Versailles par le préfet et le conservateur en chef, Van Der Kemp. Elle fait son entrée au Château par l’escalier de la Reine, comme il se doit. Elle entame alors la visite des grands appartements avant le déjeuner prévu dans la galerie des Glaces. Elle procède ensuite à l’inauguration de l’Opéra royal restauré pour l’occasion, restauration à laquelle elle a contribuée.
Autre réception marquante : celle du président John Kennedy. Il est reçu à Versailles en juin 1961 par le général de Gaulle. En cette période de tension avec l’URSS, il vient s’assurer du soutien de la France. Le président américain est accompagné à dessein de son épouse, la délicieuse Jackie. Le couple est accueilli par Malraux, ministre de la Culture. Un dîner est servi dans la galerie des Glaces après la visite, suivi d’un ballet à l’Opéra royal. Les règles établies sous Louis-Philippe et Napoléon III sont une fois encore respectées.
Le rituel est repris ensuite en octobre 1961 pour la première visite du shah d’Iran qui reviendra à Versailles en 1974. Le shah est l’hôte privilégié de la France. Le Château est assurément le passage obligé des hôtes de marque. Il en va ainsi en octobre 1985 pour le héros de la pérestroïka et de la glasnost en URSS, Michael Gorbatchev. Il est reçu et hébergé au Grand Trianon. Le président Mitterrand renouvelle l’exercice en février 1992 pour son successeur, Boris Eltsine, héros de la chute du régime soviétique en 1991. Depuis 1995, Versailles a quelque peu perdu de son aura au profit de Paris, plus commode et moins coûteux.