Le jardin Anglais
Le goût du pittoresque
Sacrifiant le savant jardin botanique de Louis XV, Marie-Antoinette charge son architecte Richard Mique et le peintre Hubert Robert de créer un jardin pittoresque. La mode est alors au jardin anglais, succession artificielle de tableaux de paysages « naturels ». La Reine rêve d’une nature vivante qui ne soit pas emprisonnée dans des serres ou des parterres à l'instar des jardins à la française.
Le Belvédère
Dominant le lac, ce charmant pavillon de musique octogonal a été édifié par Richard Mique en 1777. À l’extérieur, il est agrémenté de sculptures par Deschamps : frise de fruits en guirlande autrefois peints en couleur, frontons évoquant les plaisirs de la chasse et du jardinage, impostes des fenêtres symbolisant les quatre saisons. À l’intérieur, le salon circulaire est pavé d’une mosaïque de marbre et ses murs sont ornés de fines arabesques.
Restauré en 2012 grâce au mécénat de VINCI et du WORLD MONUMENTS FUND – Robert W. Wilson Challenge
Le Rocher, la Montagne de l’Escargot et la Grotte
Reliefs artificiels, le Rocher, la Montagne de l’Escargot et la Grotte, sont des fabriques à caractère naturel et sauvage, entourées de pins, mélèzes, sapins et genévriers rappelant la Suisse et les précipices du Valais.
Le Rocher, situé à proximité du Belvédère, est très difficile à réaliser. Son aménagement dure de 1778 à 1782. Un réservoir placé à l’arrière permet aux eaux de se déverser en torrent dans le lac. La Grotte, dont l’entrée est peu repérable, « était si obscure que les yeux d’abord éblouis avaient besoin d’un certain temps pour découvrir les objets» (Comte d’Hézecques). La Reine peut apercevoir les arrivants par une ouverture dans la roche. Un étroit escalier intérieur lui permet d’échapper aux importuns.
Le temple de l’Amour
Ce temple de l’Amour que la reine pouvait apercevoir de sa chambre du Petit Trianon, a été élevé par Richard Mique en 1778 dans un pur style néoclassique. Tout en marbre, ce précieux édifice est surtout remarquable par la qualité des sculptures de Deschamps qui ornent ses chapiteaux corinthiens, ses frises et l’intérieur de son dôme. Cette exceptionnelle qualité s’explique par le fait qu’il devait abriter un chef-d’œuvre reconnu de la sculpture française, L’Amour taillant son arc dans la massue d’Hercule par Bouchardon dont l’original, aujourd’hui au Louvre, a été remplacé par une réplique due à Mouchy, autre grand sculpteur du XVIIIe siècle.