Château de Versailles

Les appartements de Mesdames

Les appartements de Mesdames

Les appartements de Mesdames sont symétriques des appartements du Dauphin et de la Dauphine. Comme eux, ils ont été transformés en salles de musée par Louis-Philippe et récemment restitués dans leur état d’appartements princiers. Mesdames, comme on appelait les six filles de Louis XV, s’y installèrent à partir de 1752, mais seulement deux d’entre elles, Adélaïde et Victoire – qui ne se marièrent pas et vécurent longtemps – les habitèrent jusqu'à la Révolution.


La première antichambre de Madame Victoire

C’est l’ancien cabinet des bains de Louis XIV : les murs et le sol étaient alors revêtus d’une marqueterie de marbres polychromes, et l’on voyait une grande piscine octogonale en marbre de Rance, qui se trouve aujourd’hui à l’Orangerie. Cabinet intérieur du comte de Toulouse de 1692 à 1724, de la comtesse de Toulouse de 1724 à 1750 et enfin de Madame Adélaïde de 1752 à 1753. Chambre de Madame Sophie de 1755 à 1767, elle devient alors la première antichambre de cette princesse, puis en 1769 celle de Madame Victoire.
Au-dessus des portes sont placés les portraits de deux ministres de Louis XV : le duc de Choiseul-Stainville par Louis-Michel Van Loo, et le duc de Choiseul-Praslin, par Alexandre Roslin. La commode en vernis Martin a été livrée en 1756 pour Madame Adélaïde.

La seconde antichambre de Madame Victoire


C’est l’ancienne chambre des bains, dont le sol et les murs étaient revêtus de marbre ; au fond, dans une alcôve encadrée de colonnes de marbre, était placé un lit de repos. De cette époque datent les volets des fenêtres, avec leur beau décor de dauphins et de congélations.
Ce fut ensuite la chambre du comte de Toulouse, puis de la comtesse de Toulouse, puis de Madame Adélaïde et enfin de Madame Victoire lorsqu’elle partageait cet appartement avec ses sœurs Sophie et Louise. En 1767, on supprima l’alcôve et la pièce devint la seconde antichambre.
Les boiseries ont été faites vraisemblablement pour Madame Victoire. Les tableaux des dessus-de-porte, représentant des Fables de La Fontaine, ont été peints par Oudry pour le Dauphin. La commode de Riesener provient de la pièce des Nobles de la comtesse d’Artois dans l’aile du Midi. Un paravent de la Savonnerie d’après Blain de Fontenay et un cartel « au Chinois » en vernis Martin complètent l’ameublement.

Le grand cabinet de Madame Victoire

À l’origine, ce fut le cabinet octogone de l’appartement des Bains de Louis XIV, l’une des créations les plus originales du Roi-Soleil, dont la richesse en marbres, sculptures et peintures, surpassait celle du Grand Appartement. En 1763, Mesdames obtinrent que son décor démodé fût remplacé ; de cette transformation subsistent la corniche, les boiseries aux angles de la pièce, ainsi que la belle cheminée. Un clavecin de Blanchet rappelle que Mme Victoire jouait admirablement de cet instrument, et que Mozart lui dédia ses six premières sonates pour clavecin.

La chambre de Madame Victoire

Ce fut l’antichambre ionique de l’appartement des Bains, ainsi nommée en raison des douze colonnes de marbre qui la décoraient. Seconde antichambre du comte de Toulouse, puis de la comtesse de Toulouse, puis de Madame Adélaïde et enfin de Mesdames cadettes, elle devint en 1767 la chambre de Madame Sophie et en 1769 celle de Madame Victoire.
Les belles boiseries sont l’œuvre d’Antoine Rousseau et la tenture d’alcôve en taffetas chiné reproduit le « meuble d’été » de Madame Victoire. En 1769, Péridiez livra les deux encoignures, qui furent vendues à la Révolution, passèrent en Russie, puis en Angleterre, où elles ont été rachetées en 1982.

Le cabinet intérieur de Madame Victoire

Cette élégante petite pièce et les deux suivantes n’en formaient qu’une seule à l’origine : c’était le vestibule dorique de l’appartement des Bains, séparé en trois travées par deux rangées de colonnes en marbre de Rance, qui subsistent encore derrière les boiseries. Ce vestibule fut cloisonné dès 1724 pour constituer deux antichambres pour le comte et la comtesse de Toulouse ; l’antichambre de cette princesse fut à son tour divisée en 1767 pour former ce petit salon et la bibliothèque suivante.
Antoine Rousseau est l’auteur des admirables boiseries dont certains éléments ont pu être remis en place, ainsi que la cheminée en sérancolin.
La commode a été livrée en 1768 par Foullet pour l’appartement de Madame Victoire ; elle supporte une coupe d’albâtre qui a appartenu à la princesse. La table à écrire a été exécutée par Levasseur pour Mesdames au château de Bellevue.

La bibliothèque de Madame Victoire

Cette pièce fit d’abord partie de l’appartement suivant, puis elle fut rattachée à celui-ci. Elle est entresolée, et, dans l’entresol, se trouve un supplément de bibliothèque.
Les armoires abritent quelques livres reliés aux armes de Mesdames, un coffret contenant une collection de cartes de géographie ayant appartenu à Madame Elisabeth, nièce de Mesdames, des éléments d’un service à café en porcelaine de Sèvres à décor chinois, livré en 1775 pour Madame Adélaïde, et une sonnette de table en vermeil au chiffre et aux armes de Madame Victoire.
Le petit bureau à pente a été livré pour Madame Sophie ou Madame Louise en 1760, à leur retour de l’abbaye de Fontevraud. Les chaises ont fait partie du mobilier de Madame Victoire au château de Bellevue.

Le cabinet intérieur de Madame Adélaïde

Cette petite pièce fut célèbre en son temps en tant que cabinet de laque rouge de Mme de Pompadour. En effet, la maîtresse de Louis XV, une fois devenue « l’amie » du roi en 1750, occupa ce qui allait par la suite devenir l’appartement de Madame Adélaïde ; elle y mourut d’ailleurs en 1764. Avec ses meubles du plus grand raffinement et ses souvenirs du château de Bellevue, la résidence préférée de Mesdames, l’aménagement actuel du cabinet intérieur de Madame Adélaïde évoque cette princesse qui, aux dires de la comtesse de Boigne « avait un besoin extrême des recherches inventées par le luxe ».

La chambre de Madame Adélaïde

Ce fut la chambre à coucher du comte de Toulouse, fils légitimé de Louis XIV et de Françoise-Athénaïs de Montespan, de 1724 à 1737, du duc de Penthièvre, fils de ce dernier, de 1737 à 1744, et de la duchesse de Penthièvre de 1744 à 1750. Elle devint alors la chambre de la marquise de Pompadour, qui y mourut le 15 avril 1764. Chambre de Marie-Josèphe de Saxe en 1766, mais la Dauphine mourut, le 13 mars 1767, sans avoir pu s’y installer ; cependant, après sa mort, elle fut exposée ici sur un lit de parade. Chambre de Madame Victoire de 1767 à 1769, et enfin de Madame Adélaïde de 1769 à 1789.
Les boiseries ont été vraisemblablement exécutées pour la Dauphine en 1766, à l’exception des bordures des dessus-de-porte, qui sont sans doute un « remploi » du décor de la chambre de madame de Pompadour : elles encadrent quatre peintures de Natoire représentant des allégories de la Peinture, de la Sculpture, de l’Architecture et de la Musique.
Dans l’alcôve, dont la tenture évoque le « meuble d’été » de Madame Adélaïde, sont accrochés les portraits de Louis XV par Carle Van Loo, et de Mesdames Sophie et Louise par Drouais. Sur la cheminée, un beau buste du Dauphin, frère de Madame Adélaïde, par Augustin Pajou. Les admirables sièges ont été exécutés vers 1770 par Nicolas-Quinibert Foliot et proviennent de l’ancien mobilier royal.

Le grand cabinet de Madame Adélaïde

C’est Madame de Pompadour qui donna à cette pièce sa forme actuelle, et la cheminée de sérancolin a été posée pour elle. Les riches boiseries qui l’ornaient ont entièrement disparu, mais on a pu rétablir la corniche faite pour Madame Adélaïde. Le petit orgue a vraisemblablement appartenu à cette princesse, ainsi que le violon dont « elle jouait supérieurement ».
Nattier a peint les portraits de ses sœurs aînées : Madame Elisabeth, duchesse de Parme, et Madame Henriette jouant de la basse viole : Madame Adélaïde avait placé ce dernier tableau dans son grand cabinet. En dessus-de-porte, Mesdames Victoire, Sophie et Louise par Drouais. Sur la cheminée, buste de Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI et nièce de Madame Adélaïde.

La salle des Hoquetons

On appelait « hoquetons », à cause de leur tunique, les gardes de la Prévôté de l’hôtel, qui étaient chargés de la police intérieure du château. Cette salle, où ils se tenaient habituellement, a reçu en 1672 un décor en trompe-l’œil représentant des trophées d’armes et des statues dans des niches feintes.
Madame de Pompadour avait divisé la salle pour former deux antichambres, qui servirent ensuite à la Dauphine, à Madame Victoire et enfin à Madame Adélaïde, mais qui n’ont pas été rétablies.
Dans les niches sont placées deux statues : un More en marbres polychromes provenant des collections des princes Borghese, et une admirable figure de femme drapée dont le corps est antique, mais dont la tête et les bras en bronze sont l’œuvre de l’Algarde, célèbre sculpteur romain du XVIIe siècle.
L’extraordinaire pendule de la Création du monde a été commandée par Joseph-François Dupleix, directeur général des Comptoirs français de l’Inde, qui voulait l’offrir à un prince indien : conçue par Passemant, elle a été réalisée en 1754 par l’horloger Joseph-Léonard Roque et le bronzier François-Thomas Germain.