Château de Versailles

Restauration du balcon de la cour des Cerfs

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Le 26 septembre 2011, le château de Versailles ouvre à la visite le balcon de la cour des Cerfs entièrement restauré et aménagé grâce au mécénat de la Société des Amis de Versailles.

Initiés en 2009, ces travaux s’intègrent dans un grand projet de réhabilitation et d’accès au public des petits appartements du Roi, et témoignent de l’importante mobilisation de la Société des Amis de Versailles aux côtés du château de Versailles.

La cour des Cerfs offre un véritable panorama de l’évolution des arts décoratifs sous Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. Remodelée plusieurs fois, elle dessert les Appartements intérieurs du Roi et tient son nom du décor des têtes de cerfs. Quatre trophées, en terre cuite colorée pourvues de véritables bois naturels, ont été restitués en 2003 grâce au mécénat de M. Hubert de Givenchy.

Des campagnes de travaux menées ces dernières années ont permis de restaurer les petits appartements attenants à la cour des Cerfs : la salle à manger des Retours de chasse et l’antichambre des Chiens, la pièce des Bains du Roi et son passage particulier, le Cabinet doré ainsi que la Garde-robe de Louis XVI, restaurée en 2010 grâce au mécénat de Lady Michelham of Hellingly. La remise en état du balcon ceinturant la cour au premier étage, destiné au service personnel du souverain, parachève la remise en valeur de ce secteur.

En parallèle des vastes enfilades des Grands Appartements qui constituent la partie publique du palais, ces petits appartements sont réservés à la vie intime des souverains. De par leurs dimensions restreintes et la densité de leurs collections, ils ne se prêtent guère à l’accueil du public, à l’exception des groupes en visites guidées.

Grâce aux travaux dirigés par Frédéric Didier, Architecte en Chef des Monuments Historiques, un circuit de visite extérieure de ces pièces privées, depuis le balcon, permettra à de petits groupes de les découvrir à travers les fenêtres.

La cour des Cerfs

La cour des Cerfs, qui porte ce nom depuis 1723, est la plus emblématique des cours intérieures du château de Versailles.

Lorsque, au tournant des décennies 1660 et 1670, Louis Le Vau double le château de Louis XIII d'une enveloppe, il fait apparaître, au Sud, la cour de la Reine et, au Nord, la cour du Roi. Dès 1699, cette dernière est divisée en deux cours distinctes.

La plus grande prend le nom de cour des Cerfs quand, en 1723, pour distraire le jeune Louis XV, vingt-quatre têtes de cerfs sont accrochées entre les fenêtres, lui rappelant celles qu’il a pu voir dans une des galeries de Fontainebleau. Ces trophées du sculpteur Jean Hardy portaient des bois qui provenaient des chasses royales.

Un balcon de fer forgé ceinture cette cour à la hauteur de son premier étage. Sur ce balcon se promenaient régulièrement les chiens de compagnie du roi qui ont donné son nom à « l’antichambre des Chiens ».

D’un point de vue architectural, cette cour présente un aspect composite résultant des divers aménagements et agrandissements de l’appartement intérieur du Roi. Les façades actuelles correspondent en majeure partie à des travaux de l’époque de Louis XV.

Aménagé sous Louis XV, étendu et transformé sous Louis XVI, le balcon a fait l’objet de plusieurs remaniements au XIXe siècle.

Les petits appartements du Roi, également appelés appartements intérieurs du Roi, se répartissent autour de la cour des Cerfs. C'est dans ces espaces que se déroulait la vie intime des souverains. Ils offrent aujourd'hui un panorama de l'évolution des arts décoratifs de Louis XIV à Louis XVI.

Sous Louis XIV, la partie Nord du Château donnant sur la cour de Marbre constituait ce qu’on appelait « les cabinets du roi ». Cette succession de petites pièces présentait les plus beaux tableaux des collections royales, dont la célèbre Joconde. En dehors de sa famille et du service, seuls quelques rares invités de marque y étaient admis par le Premier valet de chambre qui régnait en maître sur les lieux.

Louis XV, soucieux de confort et d’intimité entreprit en 1735 de transformer ce petit musée en un véritable appartement d’habitation et lui donna l’aspect qu’il a pratiquement conservé jusqu’à nos jours.

En savoir plus sur les petits appartements

 

La restauration

L'achèvement des travaux de la cour des Cerfs marque l'aboutissement de plusieurs campagnes de restauration des petits Appartements, qui se déploient autour de cette cour.

Les campagnes de travaux menées dans le secteur de la cour des Cerfs depuis plusieurs années ont en effet permis de restaurer la totalité des espaces prenant jour sur cette cour : l’antichambre des Chiens et la salle à manger des retours de chasse, le passage des Cartes, le cabinet Doré, le palier de l'escalier et le cabinet de Chaise, la pièce des Bains du Roi, et enfin la garde-robe de Louis XVI.

La restauration et l'aménagement de la cour des Cerfs et du passage des Cartes, qui permet d'y accèder, ainsi que la mise en lumière de quatre cabinets, marque donc l'aboutissement de cette série de travaux.

Le passage des Cartes a été restauré afin de permettre l'accès du public au balcon, puisque l'absence de décor y autorise un passage sans risque. Les travaux ont essentiellement porté sur les parquets (restauration), les murs, plafonds et huisseries (restauration et mise en peinture).

L'aménagement du balcon a en particulier consisté à remettre en état la structure porteuse : les consoles, les armatures et paillasses en plâtre, ainsi que le garde-corps. Le décapage des fers a révélé les vestiges de la dorure originale en plein des consoles, qui ont été, à titre archéologique, simplement protégées par du Rustol pour laisser les témoins apparents, le garde-corps, lui, a été repeint.

L’étanchéité en plomb du sol  du balcon a été protégée par un platelage en acacia afin de permettre la circulation du public, sans endommager le revêtement. Le choix de cette essence de bois tient à la fois à ses qualités de durabilité, à son emploi traditionnel en France à l’extérieur, à son vieillissement et à sa traçabilité, respectant ainsi les critères de développement durable dans la mise en oeuvre des matériaux naturels.

Enfin, dans les quatre petits cabinets, l’éclairage historique très bas dispensé par les bras de lumière a été renforcé par des rampes à leds, discrètement implantées en plinthe au revers du mur de façade, modulées par des variateurs en fonction de la lumière extérieure, et complètement invisibles du public.