Splendeur de la peinture sur porcelaine
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Du 16 mai au 9 septembre 2012, le château de Versailles présente l'exposition Splendeur de la peinture sur porcelaine. Charles Nicolas Dodin et la manufacture de Vincennes-Sèvres au XVIIIe siècle dans les appartements de Madame de Maintenon et dans la salle des Gardes du Roi.
Cette exposition est consacrée à un des peintres les plus doués de la Manufacture royale de porcelaine au XVIIIe siècle, Charles Nicolas Dodin, dont les œuvres ont été, de son vivant comme au siècle suivant, recherchées par les plus grands amateurs de porcelaine. L'exposition vise à mettre en évidence à la fois l’évolution artistique et la diversité des sources d’inspiration de Charles Nicolas Dodin.
Vase pot-pourri « gondole » à fond vert
Au long de ses quarante-neuf années à la Manufacture, Dodin a contribué aux plus grandes commandes passées par les rois et leur entourage, en particulier les maîtresses de Louis XV, et par des souverains étrangers, comme Catherine II de Russie. A travers ces œuvres de prestige, l’exposition retrace l’évolution artistique très lisible et éclairante de l’œuvre de Dodin, à l’instar de celle d’un peintre de chevalet contemporain.
Elle met également en lumière la diversité des sources d’inspiration de Dodin, par la présentation des gravures ou des tableaux qui lui ont servi de sources d’inspiration. Ces œuvres permettent de montrer les correspondances très profondes qui, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, existaient entre les arts (peintures, dessins, estampes, sculptures, médailles, arts du feu) et l’extraordinaire émulation artistique qui devait en résulter.
Dodin a essentiellement été, comme on le disait au XVIIIe siècle, un peintre "en miniature", ou un peintre de figures, c’est-à-dire qu’il a exercé ses talents dans le genre le plus élevé dans la hiérarchie en vigueur à la Manufacture. Dès leur exécution, ses œuvres ont figuré dans les plus grandes collections d’œuvres d’art, notamment au château de Versailles, et y sont demeurées au siècle suivant.
Le commissariat de cette exposition est assuré par Marie-Laure de Rochebrune, Conservateur au château de Versailles.
Biographie de Dodin
Du 16 mai au 9 septembre 2012, le château de Versailles présente l'exposition Splendeur de la peinture sur porcelaine. Charles Nicolas Dodin et la manufacture de Vincennes-Sèvres au XVIIIe siècle dans les appartements de Madame de Maintenon et dans la salle des Gardes du Roi.
Charles Nicolas Dodin (1734-1803), qui a consacré ses quarante-neuf années de carrière à la Manufacture royale de porcelaine, en a été à un des peintres les plus doués au XVIIIe siècle.
Vie et carrière
Né et baptisé à Versailles en 1734, Dodin est le second fils de Nicolas Dodin, marchand épicier à Versailles, et de Marie de Nauroy, fille d’un marchand tapissier. En 1756, il fait la connaissance de sa future épouse, Jeanne Chabry, fille d’un maître sculpteur actif à la Manufacture à partir de 1750. Célébré en 1762, leur mariage donne naissance à cinq enfants, de 1763 à 1778. Dodin meurt en 1803, à l’âge de 69 ans, après avoir consacré quarante-neuf ans de son existence à la Manufacture.
Dodin entre à la Manufacture de porcelaine de Vincennes en 1754, à l’âge de 20 ans, et la suit lors de son déménagement à Sèvres en 1756. Embauché comme peintre de figures, il exerce tout au long de sa carrière ses talents dans ce genre qui est le plus élevé dans la hiérarchie en vigueur à la Manufacture. Très tôt considéré comme un des meilleurs artistes de cet établissement, il contribue à ses plus grandes commandes, parmi lesquelles des garnitures de vases pour Madame de Pompadour et Louis XV, des plaques pour les meubles de Madame Du Barry et des services de table pour Catherine II de Russie et Louis XVI.
Œuvre
L’évolution des sources d’inspiration de Dodin reflète l’évolution des goûts dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. De 1754 à 1757, il peint essentiellement des amours en camaïeu ou en polychromie à la manière de François Boucher et de ses émules. De 1758 à 1761, il est attiré par les sujets flamands ou hollandais, notamment des gravures d’après David Téniers le Jeune. De 1760 à 1763, il exécute des décors chinois, inspirés à la fois par des œuvres d'artistes français et par des sources orientales. A partir de 1760, il travaille d’après les grands maîtres contemporains, parmi lesquels Jean-Baptiste Oudry, Carle van Loo, François Boucher, François-Hubert Drouais et Jean-Honoré Fragonard. Enfin, sous la Révolution, il peint à plusieurs reprises des allégories républicaines.
Dans le même temps, Dodin s’adapte à l’évolution des formes et des décors en usage à la Manufacture, depuis le style rocaille le plus affirmé jusqu’au néo-classicisme le plus abouti. Il est par ailleurs un peintre remarquable de plaques en porcelaine tendre montées sur des meubles, des pendules, des baromètres ou encore des petites boîtes. Il est aussi le premier artiste de Sèvres à avoir peint des plaques en porcelaine destinées à être accrochées au mur et encadrées comme de véritables toiles peintes.
Sigle de Dodin
Destination et postérité de l’œuvre
Dès leur exécution, les œuvres de Dodin ont figuré dans les plus grandes collections d’œuvres d’art, chez Louis XV et chez Louis XVI à Versailles, chez les maîtresses royales Mesdames de Pompadour et Du Barry, chez les comtes de Provence et d’Artois, chez Catherine II de Russie et chez des souverains étrangers bénéficiaires des somptueux cadeaux diplomatiques.
Au siècle suivant, la signature de Dodin, le sigle « k » qu’il appose sur ses œuvres pour montrer qu’il en est l’auteur, est toujours recherchée par les plus grands amateurs, comme les Rothschild, sir Richard Wallace ou le baron Double. C’est la raison pour laquelle beaucoup de ses œuvres se trouvent aujourd’hui conservées dans les plus grandes collections de porcelaines européennes et américaines.
Les grands collectionneurs
Du 16 mai au 9 septembre 2012, le château de Versailles présente l'exposition Splendeur de la peinture sur porcelaine. Charles Nicolas Dodin et la manufacture de Vincennes-Sèvres au XVIIIe siècle dans les appartements de Madame de Maintenon et dans la salle des Gardes du Roi.
Les œuvres de Dodin ont figuré très tôt dans les plus importantes collections contemporaines. L'exposition évoque ces grands collectionneurs par la présentation de portraits et d'objets leur ayant appartenu.
Les collectionneurs
Les collectionneurs des œuvres de Dodin sont aussi souvent de grands amateurs de tableaux et d’objets d’art de toutes sortes. Parmi eux, on peut citer les figures de Louis XV, de Madame de Pompadour, de Madame du Barry, de Madame Victoire, de Louis XVI, du comte de Provence, du comte d’Artois, de Catherine II de Russie, de Christian VII de Danemark, de George IV d’Angleterre...
Pièces à décors chinois pour Madame de Pompadour
Madame de Pompadour, qui a joué un rôle déterminant dans l’installation de la Manufacture à Sèvres, en a été une des meilleures clientes. Dès les années 1750, elle acquiert des pièces à décor d’amours et des « tesnières » réalisées par Dodin. Puis, de 1760 à 1763, la Manufacture demande à Dodin d’orner des pièces à décor chinois à l’intention de Madame de Pompadour et de Louis XV.
Quinze des vingt-six pièces à décor chinois qu’il exécute ont appartenu à la maîtresse royale, révélant sa prédilection pour ce type de décor, toujours peint sur des pièces d’un luxe inouï et aux formes particulièrement audacieuses. Le pot-pourri « fontaine » conservé au musée J. Paul Getty Museum faisait partie de la garniture à fond rose pour la chambre de Madame de Pompadour à l’hôtel d’Evreux, actuel palais de l’Elysée.
Ce pot-pourri « fontaine », ou « à dauphin », est orné de de trois fonds de couleur différents, rose, vert et bleu lapis, et rehaussé de différents motifs peints à l’or. Sur la face principale, on distingue une petite scène chinoise, deux jeunes femmes et un enfant devant un bassin, dans un jardin exotique.
Service de table de l’impératrice Catherine II de Russie
Dodin a participé à l’exécution des grands services de table réalisés à la Manufacture pour des commanditaires prestigieux, parmi lesquels Louis XVI et l’impératrice Catherine II de Russie. En 1776, Catherine II commande un service somptueux à fond bleu céleste, à son chiffre et à décor de camées antiques. 797 pièces sont envoyées en Russie en juin 1779.
Le choix du décor s’explique sans doute par l’intérêt de l’impératrice pour l’antiquité gréco-romaine et par sa passion pour les camées et les intailles antiques. Pour ce service, Louis XVI a donné l’autorisation exceptionnelle de copier certains camées de ses collections. Le chiffre de l’impératrice est composé d’un E pour « Ekaterina », peint avec des fleurs, et du chiffre romain « II », peint à l’or. Le tout est entouré d’une guirlande de feuilles de laurier, enrubannée, et sommé de la couronne impériale, peinte à l’or.
Les décors peints de ce service ont occupé au moins trente-sept peintres et cinq doreurs pendant plus d’un an. Dodin a exécuté le décor de quarante-cinq pièces de diverses formes, dont une majorité d’assiettes. Les douze pièces du service de Catherine II, prêtées par le musée de l’Ermitage, permettent d’évoquer les pièces décorées par Dodin.
Les plaques peintes pour la famille royale
Dodin a passé une partie importante de sa carrière à peindre des plaques de porcelaine tendre dont l’exécution demandait un soin et un talent particulier, plaques tantôt montées sur des meubles, des pendules, des baromètres ou encore des petites boîtes, tantôt destinées à être accrochées au mur comme des tableaux.
Les plaques montées sur des meubles ont connu un grand engouement à partir des années 1760, remplaçant les plaquages marquetés de meubles exceptionnels.
Dodin a décoré plusieurs meubles exécutés par l’ébéniste Martin Carlin, comme la commode du Louvre pour Madame Du Barry ou le guéridon conservé à Varsovie. Acheté par le comte d’Artois, ce guéridon a été offert à une comtesse polonaise qui l’a à son tour offert au roi de Pologne Stanislas Auguste. Son plateau est composé d’une plaque centrale signée par Dodin représentant Télémaque racontant ses aventures à Calypso entouré de six plaques en grisaille.
Dodin est le premier artiste de la Manufacture à avoir réalisé des plaques « tableaux ».
Au début des années 1780, il participe à la plus grande commande reçue par la Manufacture au XVIIIe siècle : une série de neuf plaques de porcelaine, peintes d’après Jean-Baptiste Oudry et destinées à la salle à manger aux salles neuves de Louis XVI, au château de Versailles. Dodin a exécuté deux plaques représentant des chasses royales, dont la plus grande représente La Grande Curée du cerf en forêt de Saint-Germain-en-Laye en vue de l’abbaye de Poissy.
Les styles de Dodin
Du 16 mai au 9 septembre 2012, le château de Versailles présente l'exposition Splendeur de la peinture sur porcelaine. Charles Nicolas Dodin et la manufacture de Vincennes-Sèvres au XVIIIe siècle dans les appartements de Madame de Maintenon et dans la salle des Gardes du Roi.
Au long de sa carrière Dodin a diversifié ses sources d’inspiration et peint des décors dans différents styles, tantôt très en vogue chez les peintres de la Manufacture, tantôt qu'il était le seul à pratiquer. L’exposition se propose de mettre en lumière les différentes périodes de son évolution artistique.
Vase pot-pourri « à jours » à fond blanc
Les amours d’après François Boucher
Pendant les premières années de sa carrière, de 1754 à 1757, Dodin se consacre à l’exécution d’amours et d’enfants, peints en camaïeu pourpre ou bleu, d’après des modèles de François Boucher (1703-1770). Ce choix iconographique, prédominant au milieu des années 1750, témoigne du retentissement exceptionnel de l’œuvre du grand peintre dans les arts décoratifs au milieu du XVIIIe siècle.
Dès 1745, celui-ci a en effet fourni des gravures puis des dessins à la Manufacture de Vincennes, créée en 1740 sous la protection du roi. Nombreux sont alors les peintres de la Manufacture à s’inspirer de ces motifs, enfant vêtus de costumes contemporains et amours nus. Dodin se les approprie si bien qu’il sait en jouer sans les copier textuellement. N’hésitant pas à extraire un amour ou un enfant d’une gravure, il leur invente souvent un environnement totalement imaginaire.
Vase « hollandais » à fond bleu céleste
Les « tesnières »
De 1758 à 1761, Dodin réalise des « tesnières », au moment où ce type d'objet connaît une très grande vogue à la Manufacture. Il s’agit d’œuvres exécutées à la fin des années 1750 d’après ou dans le goût des peintures du Flamand David Téniers le Jeune (1610-1690) et représentant des scènes paysannes.
Cette période coïncide avec l’installation à Sèvres de la Manufacture, qui quitte Vincennes en 1756. Madame de Pompadour, qui a joué un rôle décisif dans ce déménagement, rapproche ainsi la Manufacture de sa résidence préférée, Bellevue, en même temps que du château Versailles. A partir de cette date, la Manufacture se lance dans une production de plus en plus somptueuse et invente de nouveaux fonds de couleur, le rose et le petit vert.
Plateau carré à fond rose et à décor
chinois
Les décors chinois
De 1760 à 1763, Dodin consacre une part importante de son temps à l’exécution de décors chinois d’un type très particulier. Contrairement aux deux précédents, Dodin semble en effet être le seul peintre de la Manufacture à avoir pratiqué ce style de décors. De plus, les pièces qu’il réalise alors présentent une palette de couleurs très riche que l’on ne rencontre pas chez les autres peintres qui ont représenté des décors chinois.
Dodin s’inspire du graveur français Gabriel Huquier l’aîné, de porcelaines de Chine et d’émaux de Canton pour décorer ses pièces de motifs orientaux, personnages, fleurs ou encore pièces de mobilier. La majorité d’entre elles ont ensuite rejoint les collections de Madame de Pompadour ou de Louis XV.
Les décors à la manière des grands maîtres
A partir de 1760 et jusqu’à la fin de sa carrière, Dodin peint des scènes de genre d’après des grands maîtres européens des XVIIe et XVIIIe siècles, puis des figures mythologiques et allégoriques d’après des gravures ou directement d’après les œuvres elles-mêmes. Ainsi, les œuvres de Wouvermans, Falens, Oudry, Carle van Loo, Boucher, Drouais, Eisen, Le Prince, Greuze, Fragonard, Pierre, Moreau le Jeune, Jean-Jacques Lagrenée et d’autres constituent-elles les principales sources d’inspiration du peintre, durant une quarantaine d’années.
Parmi les peintres français contemporains de l’artiste, François Boucher est sans doute le peintre dont les œuvres furent le plus reproduites par Dodin. Après les amours du début de sa carrière, ce sont surtout les scènes galantes ou pastorales du grand maître qui l’inspirent.
Période révolutionnaire
L’époque révolutionnaire est une période difficile pour la Manufacture et ses artistes. Les commandes se raréfient et l’activité des peintres en est fortement ralentie.
Jusqu’en 1792, Dodin travaille encore au service de table de Louis XVI, à des pièces armoriées et sur un certain nombre de vases d’ornement. A partir de 1793 et de la mort du roi, il exécute des décors « républicains » sur des tasses ou sur des vases, ainsi que quelques sujets mythologiques.
Pour approfondir votre visite
Du 16 mai au 9 septembre 2012, le château de Versailles présente l'exposition Splendeur de la peinture sur porcelaine. Charles Nicolas Dodin et la manufacture de Vincennes-Sèvres au XVIIIe siècle dans les appartements de Madame de Maintenon et dans la salle des Gardes du Roi.
Catalogue de l'exposition
Splendeur de la peinture sur porcelaine au XVIIIe siècle. Charles Nicolas Dodin et la manufacture de Vincennes-Sèvres
sous la direction de Marie-Laure de Rochebrune
avec Artlys, 2012
22 x 26 cm, 240 p., 40 €
Sous la direction de Marie-Laure de Rochebrune, conservateur au château de Versailles, cet ouvrage retrace de manière inédite la carrière et l’œuvre de ce peintre de figures, depuis toujours recherché par les plus grands amateurs d’art.
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Visites thématiques
Pour approfondir votre visite de l'exposition, plusieurs dates de visites thématiques vous sont proposées. Ces visites débutent à 10h et sont prévues pour une durée d'1h30.
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En savoir plus sur les visites thématiques
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Sèvres – Cité de la céramique
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Aux portes de Paris, Sèvres – Cité de la céramique conjugue une activité de production de porcelaine à une présentation permanente d'une partie de ses collections céramiques et vitriques et à une programmation riche d’expositions temporaires tout au long de l’année.
Informations pratiques
Du 16 mai au 9 septembre 2012, le château de Versailles présente l'exposition Splendeur de la peinture sur porcelaine. Charles Nicolas Dodin et la manufacture de Vincennes-Sèvres au XVIIIe siècle dans les appartements de Madame de Maintenon et dans la salle des Gardes du Roi.
Horaires d'ouverture
L'exposition est ouverte tous les jours, sauf le lundi, de 9h à 18h30 (dernière admission à 18h).
Tarifs
L'exposition est accessible avec un billet Passeport ou un billet Château. L'audioguide, qui contient une introduction à l'exposition, est inclus dans le billet.
Pour consulter la liste détaillée des bénéficiaires de la gratuité, cliquez ici.
Accès
L'accès se fait par l'entrée principale du Château.