Château de Versailles

Restaurations et remeublement

2012

Restauration du Salon de l’Abondance

Après les travaux menés au Grand Couvert de la Reine et au Salon de Mercure, la démarche de restauration des grands décors intérieurs et extérieurs se poursuit par la celle du Salon de l’Abondance entre juillet 2012 et mars 2013.

Antichambre du Cabinet des médailles de Louis XIV (désormais occupé par le Salon des jeux de Louis XVI), auquel on accédait par la porte du fond, le salon de l’Abondance fait aujourd’hui la jonction entre le Grand appartement du Roi et le salon d’Hercule. Les soirs d’appartements, le salon était le lieu des rafraîchissements. Le décor peint de la voûte du salon de l’Abondance a été réalisé par René-Antoine Houasse en 1683 qui a bénéficié de l’aide de son maître Charles Le Brun, comme en témoignent plusieurs dessins conservés au Louvre.

C’est la première fois à Versailles qu’un décor plafonnant est peint d’un seul tenant à l’huile directement sur la coque de plâtre. L’effet de trompe-l’œil est impressionnant : on a le sentiment d’admirer un ciel ouvert animé de quelques nuages où reposent les allégories de la Magnificence et de Libéralité royales : cette dernière figure désigne de la main le cabinet des Médailles où étaient conservés les trésors de la collection du roi notamment la coupe en jaspe vert de Rodolphe II ou la grande nef royale (détruite au cours de la Révolution) qui sont peintes en trompe-l’œil sur la corniche du salon.

Le décor était dans un état de conservation médiocre : des chancis blanchissaient des zones importantes de la voûte. De nombreux repeints maladroits dénaturaient la qualité de la peinture de Houasse. L’étude préalable qui a été menée en octobre-novembre 2011 a démontré que l’original est présent en couche sous-jacente et peut être retrouvé lors de la restauration.

Simultanément à ces chantiers de restauration, des études concernant l’Escalier de la Reine, la salle des Gardes de la Reine, le salon de la Paix, la salle du Sacre, les Grands Cabinets de la Dauphine et du Dauphin, la chambre de la Dauphine sont menées afin de préparer la campagne de restauration qui accompagnera les travaux techniques du schéma directeur.

Images de la restauration

Remeublement et réaménagement des appartements royaux et princiers

En étroite collaboration avec le Musée du Louvre et le Mobilier National, le château de Versailles a engagé une politique de remeublement et de réaménagement des appartements royaux et princiers. L'antichambre du Grand Couvert de la Reine, dont les décors ont en outre été restaurés, a ainsi retrouvé sa fonction de pièce d’appartement, telle qu’elle pouvait l’être à la veille de la Révolution, par le ré-accrochage conformément aux inventaires, d’une tenture de tapisseries des Gobelins et par l’évocation des repas publics qui s’y déroulaient.

Certains chantiers de remeublement engagés au cours des années antérieures devraient s'achever en 2012 : Cabinet intérieur de la Reine, Antichambre des chiens ou encore salon des Jeux de Louis XVI. Ce dernier verra notamment la restitution de sa table de jeu et son mobilier sera complété de quatre chaises recouvertes de brocart cramoisi et or. Le dépôt par le Mobilier National d’une table à jeu et de quatre candélabres permet d'ores et déjà d’enrichir l’ameublement de cette pièce et d’en améliorer l’éclairage.

Le chantier la chambre de Louis XV se poursuivra jusqu'en 2013. Située dans l'Appartement intérieur du Roi, elle retrouvera les éléments textiles en lampas broché restitués selon le modèle d’origine : le lit, les portières et rideaux, les garnitures des fauteuils et des huit pliants de Sené. Quant aux meubles d’ébénisterie, ceux d’origine étant hors de portée car appartenant aux collections de Chantilly et de la reine d’Angleterre, ils seront remplacés par des « équivalences », des oeuvres insignes provenant de la chambre du Roi à Compiègne, fruit d’échanges avec le musée du Louvre.

Du côté des chantiers de 2012 et 2013, certaines pièces de l'Appartement du Roi et les appartements de Mesdames feront également l'objet d'un remeublement.

Restaurations dans les jardins

Le patrimoine sculpté des jardins de Versailles forme le plus grand et le plus bel ensemble de sculptures françaises de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe siècle. Il constitue à la fois un parfait reflet de l’école française de sculpture, le pendant sculpté aux décors peints de l’intérieur et un ensemble qui témoigne du goût de Louis XIV.

Le château de Versailles travaille aujourd'hui à préserver ce patrimone exceptionnel. En particulier, la campagne originale de mécénat engagée depuis 2005 « Adoptez une statue du parc » fédère grandes entreprises, PME, particuliers, fondations, qu’ils soient français ou étrangers. À ce jour, la campagne a permis de restaurer 126 oeuvres, dont 17 ont été l’objet de copies, grâce au concours de plus de 100 mécènes.

Le cas des sculptures de la « Grande Commande » témoigne également de cet effort : seize statues sur les vingt-quatre qui la composent ont été restaurées, mises à l’abri puis remplacées in situ par des copies. Après le groupe sculpté des Bains d’Apollon, fleuron de la sculpture française du XVIIe siècle, cette opération concernera l’an prochain les statues du Printemps par Magnier et du Colérique par Houzeau. Ce processus de remplacement des originaux par des copies n’a de justification que si les œuvres originales qu’il permet de sauver peuvent être présentées au public. C’est pour cette raison qu’elles ont été installées au sein du château, dans la galerie Basse notamment, en attendant que les espaces qui ont été restitués par l’Assemblée nationale soient aménagés pour les accueillir dans l’aile du Midi.

Les travaux de restauration des bosquets et des allées des jardins se poursuivent en tendant le plus souvent possible vers l’état Le Nôtre. Bien que ce principe souffre quelques exceptions, il est en particulier prévu de créer un jardin contemporain au bosquet du Rond-vert, il présidera par exemple à la restauration du bosquet de l’Etoile programmée pour 2013.

Dans le Jardin Champêtre de Trianon, les travaux du Belvédère et du Rocher engagés en 2011 se poursuivent en 2012.