Château de Versailles

Les Guerres de Napoléon

L'essentiel

Du 14 février au 13 mai 2012, le château de Versailles présente l'exposition Les Guerres de Napoléon. Louis François Lejeune, général et peintre dans les salles d'Afrique et de Crimée.

Tout à la fois soldat, espion, peintre, diplomate à ses heures, Louis François Lejeune (1775 - 1848) est un cas unique dans l’histoire de son temps : militaire, il participe à toutes les guerres de la Révolution et de l’Empire, avant d’atteindre le grade de général de brigade. Mais cela ne lui suffit pas : au fur et à mesure des combats, il représente les principales batailles dans une douzaine de peintures, puis décrit longuement les campagnes napoléoniennes dans ses Souvenirs.

L'exposition se propose de mettre en valeur cette personnalité haute en couleur. Elle présente à la fois ses dessins et ses tableaux, confrontés à ceux d’artistes de son temps, mais aussi des souvenirs personnels de sa vie militaire et de sa vie civile sous l’Empire, la Restauration et la monarchie de Juillet.

Six sections présentent l’élaboration des peintures de batailles, depuis l’observation du théâtre des opérations jusqu’à l’exposition aux Salons parisiens. A travers la vie et les œuvres de Louis François Lejeune, le visiteur découvre un récit des guerres de Napoléon.

 

Cette exposition est organisée Napoléon Ier L'oeil Histoire.fr Renault Trucks Exponaute

Le commissariat de cette exposition est assuré par Valérie Bajou, Conservateur au château de Versailles.

Biographie de Louis François Lejeune

Du 14 février au 13 mai 2012, le château de Versailles présente l'exposition Les Guerres de Napoléon. Louis François Lejeune, général et peintre dans les salles d'Afrique et de Crimée.

Stéphane Baron (1830-1921)
d’après Jean Urbain Guérin (1760-1836)
Portrait de Louis François Lejeune
Huile sur toile. H. 1,16 m ; L. 0,70 m
Château de Versailles, MV 6536
© J.-M. Manaï
Au cours de sa vie, Louis François Lejeune (1775-1848), général et peintre, a alterné des missions militaires et des périodes consacrées à la peinture.

Lejeune étudie auprès du paysagiste Pierre-Henri de Valenciennes (1750-1819), dans son atelier privé et à l’Académie royale de Peinture, où il entre en 1789. En 1792, à l’âge de dix-sept ans, il interrompt brutalement ses études et s’enrôle dans la Compagnie des Arts.

Il connaît une ascension rapide au sein de l’armée : incorporé dans le Génie, il devient l’un des aides de camp du maréchal Alexandre Berthier dès 1800. Pendant vingt ans, il participe à la plupart des campagnes militaires, notamment le siège de Charleroi (1794), le passage du Rhin (1795), la deuxième campagne d’Italie (1800), la première campagne d’Allemagne (1805), la guerre en Espagne (1808-1812) et la campagne de Russie (1812).

S'il embrasse la carrière militaire avec enthousiasme, Lejeune n'en oublie pour autant pas sa vocation de peintre. En 1798, il expose pour la première fois au Salon La Mort du général Marceau. Le succès de La Bataille de Marengo, exposée au Salon en 1801, le conduit ensuite à entreprendre un cycle de tableaux de batailles, où les marches triomphales des armées cohabitent avec les heures lentes des bivouacs et des sièges.

La Bataille d’Aboukir et La Bataille du pont de Lodi sont exposées en 1804. Le Bivouac de Napoléon à la veille d’Austerlitz est la seule commande qu’il a reçue. Cet ensemble montre un souci encyclopédique, puisque Lejeune représente aussi des batailles auxquelles il n’a pas participé. Tout en menant de front sa carrière militaire, il parvient, jusqu’en 1845, à être présent à presque tous les Salons du Consulat, de l’Empire et de la Restauration.

En 1835, la monarchie de Juillet met fin aux fonctions de Lejeune dans l’armée. Il commence alors une carrière de notable : il devient directeur de l’école des Beaux-Arts de Toulouse. Il est nommé provisoirement maire de cette ville en 1841. Dans le même temps, il rédige ses Souvenirs, dans lesquels il présente sa vision des guerres de Napoléon. Il meurt en 1843 à Toulouse, à l’âge de soixante-treize ans.

Quelques œuvres de Lejeune

Du 14 février au 13 mai 2012, le château de Versailles présente l'exposition Les Guerres de Napoléon. Louis François Lejeune, général et peintre dans les salles d'Afrique et de Crimée.

Esquisse de la bataille de Lodi, Salon de 1804

Napoléon Bonaparte franchit le Pô à Plaisance le 7 mai 1796. Il poursuit les troupes autrichiennes jusqu’à Lodi où la victoire, le 10 mai, lui ouvre la voie de Milan.

Lejeune ne participe pas au passage du pont de Lodi. Ce jour-là, il est à Paris, attaché au dépôt des fortifications. Pour représenter cette bataille, il doit donc consulter les rapports rédigés par les officiers historiographes. Il utilise aussi le matériel de cartographie et les dessins des autres militaires, en particulier les croquis de l’ingénieur géographe Guiseppe Bagetti. Lejeune copie presque littéralement la peinture à la gouache de Guislain Bacler d’Albe, un autre ingénieur géographe du dépôt de la guerre. Sa composition est à la fois un document d’archive, un instrument pédagogique et une œuvre de propagande.

Lejeune représente la charge des carabiniers sur le pont de bois qui mesurait près de deux cents mètres de long. Le point de vue en biais donne de la profondeur, tout en mettant en valeur Bonaparte et son état-major au premier plan à gauche. Le général en chef chevauche un cheval blanc. Il est tourné vers la droite. Son attitude indique le sens de lecture du tableau.

La composition donne une place importante au paysage et rappelle que Lejeune a d’abord été un élève du paysagiste Pierre-Henri de Valenciennes. Le tableau joue sur des effets de lumière dans le ciel et dans la rivière. Le départ de la colonne sur le pont se devine plutôt qu’il ne se voit à travers la fumée des combats.

 

Vue d’un bivouac de l’Empereur dans les plaines de Moravie, l’un des jours qui ont précédé la bataille d’Austerlitz, en décembre 1805, Salon de 1808



 

Austerlitz est pour Napoléon la bataille par excellence. Pour la célébrer, le directeur des Musées, Dominique-Vivant Denon commande plus d’une douzaine de tableaux. A Lejeune, il demande les préparatifs du combat.

La scène du bivouac est vue d’en haut. Au centre, Napoléon est entouré des maréchaux Berthier et Bessières. Il interroge des paysans moraves et des déserteurs de l’armée russe que Lejeune lui a amenés. L’artiste s’est représenté de dos, vêtu de l’uniforme rouge et bleu des aides de camp de Berthier, le major général, ou chef de l’état-major de l’Empereur. Roustan, le mameluck attaché à la personne de Napoléon, replie une couverture en fourrure, tandis que l’écuyer de service, enveloppé dans son manteau blanc, attend à la portière du landau.

Au premier plan, les gens du maréchal Berthier distribuent un repas aux officiers d’état-major ; d’autres débitent du bois ou pourchassent des volailles.

Sa formation militaire permet à Lejeune d’insister sur les préparatifs de la bataille d’Austerlitz, qu’il décrit minutieusement, laissant aux peintres d’histoire, comme Gérard, la représentation allégorique de la victoire.

Combat de Guisando au col d’Avis, Salon de 1817

Lejeune a consacré plusieurs tableaux à la guerre d’Indépendance espagnole. Comme tous les témoins et combattants de ces événements, il a en particulier été impressionné par le harcèlement permanent des troupes par la population locale, menant une forme de guérilla, par opposition aux grandes batailles livrées dans les plaines du nord de l’Europe.

Lejeune est fait prisonnier, près d’Illiescas en 1811, au cours d'une attaque conduite par don Juan Padalea, dit El Medico, un médecin qui a pris la tête de la résistance. Quelques jours plus tard, le convoi passe à Guisando, près de Talavera de la Rena. C’est là que Lejeune situe son tableau en mélangeant plusieurs lieux dans une seule scène.

La composition dramatique est centrée sur Lejeune. Son escorte est massacrée par les paysans espagnols. Au premier plan, Guillaume Bariol a le corps transpercé par une épée. Plus à gauche, des vautours et des chiens vagabonds dévorent les cadavres de Français tués quelques jours plus tôt. Au milieu des personnages, Lejeune, subit les coups redoublés des piques, sans être atteint. Devant un tel miracle, El Medico prend sa défense.

Le tableau a été réalisé sous la Restauration et exposé anonymement au Salon de 1817 sous le titre Vue du Monastère et des Taureaux antiques de Guisando, sur les bords de l’Alberge en Castille, car l’époque ne permettait plus d’exposer des sujets des guerres impériales. L’artiste recouvre sa prédilection pour le paysage : il détaille avec virtuosité les roches des sommets, le pont rompu sur le torrent, l’arc en ciel ou les grands arbres du premier plan. Dans l’ombre de l’attaque, trois sculptures monumentales de taureaux font référence aux taureaux de Guisando, des sculptures de l’époque celtibère.

 

Quelques œuvres de l'exposition

Du 14 février au 13 mai 2012, le château de Versailles présente l'exposition Les Guerres de Napoléon. Louis François Lejeune, général et peintre dans les salles d'Afrique et de Crimée.

La Bataille d'Austerlitz de François Gérard, 1808

 

Dans ce tableau de François Gérard, le général Rapp présente à Napoléon le prince Repnin, les prisonniers et les drapeaux pris à l’ennemi. Le face à face des deux principaux protagonistes s’inspire directement de Lejeune, mais Gérard s’est emparé d’un motif isolé pour en faire l’articulation de sa toile.

L'esquisse de cette œuvre est présentée dans l'exposition. Le tableau définitif a été commandé en 1806 pour la salle du Conseil d’Etat au palais des Tuileries. Il a été agrandi et placé par Louis-Philippe au château de Versailles, dans la galerie des Batailles où il est toujours conservé.

Lunette du général Lejeune de Noël-Jean Lerebours (collection particulière)

L’exposition met en valeur le travail topographique et cartographique réalisé par certains corps des armées, officiers du génie et ingénieurs géographes, au moyen de traités de cartographie et d’instruments scientifiques. Une toise, un décamètre, un graphomètre, des lunettes et des longues-vues de Bonaparte sont présentés.

Parmi ces instruments, la lunette du général Lejeune a été réalisée par Noël-Jean Lerebours, opticien célèbre pour avoir fabriqué la lunette que Napoléon projetait d’utiliser pour l’invasion de l’Angleterre. Gainée de galuchat, cette lunette en argent est un objet précieux qui sert plus à la ville qu'à la guerre.

 

La bataille d'Eylau, par Giuseppe Bagetti

 

Un des plus célèbres dessinateurs recruté comme ingénieur géographe par Napoléon Bonaparte pour représenter ses batailles a été le Piémontais Giuseppe Bagetti. Ses dessins élaborés sur le terrain peu après la bataille lui ont permis de réaliser de petites peintures à la gouache et à l'aquarelle dont plusieurs sont présentées dans l'exposition. Ces oeuvres avaient un but didactique. Elles ont bien sûr servi de propagande à la politique impériale.

Pour approfondir votre visite

Du 14 février au 13 mai 2012, le château de Versailles présente l'exposition Les Guerres de Napoléon. Louis François Lejeune, général et peintre dans les salles d'Afrique et de Crimée.


Catalogue de l'exposition


Les Guerres de Napoléon. Louis François Lejeune, général et peintre
sous la direction de Valérie Bajou
avec Hazan, 2012
28 x 24 cm, 280 p., 39 €

Sur les cent vingt œuvres –  tableaux, dessins, cartes et instruments scientifiques – présentées dans ce catalogue, treize tableaux de batailles réalisés par Louis François Lejeune (1775-1848) sont conservés au château de Versailles et révèlent une figure unique du XIXe siècle, qui mena de front plusieurs carrières : artistique, militaire et politique.

Après un apprentissage auprès du peintre Pierre-Henri de Valenciennes, Lejeune participe à dix-sept campagnes militaires, parcourant l’Europe comme aide de camp infatigable, en tant qu’officier de génie servi par la précision mathématique, puis officier de reconnaissance doué d’un œil qui en fait un parfait espion.

Pendant 20 ans, Louis François Lejeune va combattre et peindre, devenant ainsi le reporter de l’épopée napoléonienne. Ses œuvres sont à la fois des documents historiques des guerres de la Révolution et de l’Empire et des instruments de propagande en faveur de l’Empereur.
Le catalogue de l’exposition montre également comment, à l’aide des relevés topographiques, s’élabore un tableau de batailles.

Pour la première fois enfin, des tableaux conservés par les descendants de l’artiste sont ici dévoilés, portraits et paysages qui proposent une vision plus intime de cet artiste hors du commun.

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Visites thématiques


Pour approfondir votre visite de l'exposition, plusieurs dates de visites thématiques vous sont proposées. Ces visites débutent à 10h et sont prévues pour une durée d'1h30.

Samedi 24 mars 2012
Samedi 7 avril 2012
Samedi 14 avril 2012
Mercredi 18 avril 2012
Mercredi 25 avril 2012
Vendredi 4 mai 2012

En savoir plus sur les visites thématiques


Parcours dans les salles Premier Empire


A l’occasion de l’exposition, le château de Versailles vous propose une visite exceptionnelle des salles Premier Empire situées dans l’aile du Midi.

Ces visites sont comprises dans le prix du billet (inscriptions obligatoires) et durent 45 minutes.
Elles ont lieu le vendredi uniquement. Trois départs sont prévus dans la journée, à 10h30, 11h30 et 14h.

Renseignements aux points information

Activité organisée avec le soutien du Conseil général des Yvelines

Document de visite


Un document de visite réalisé en partenariat avec Historia est disponible dans l'exposition.


Parcours-jeu


Un parcours-jeu réalisé avec le Petit Léonard est disponible dans l'exposition.

Il est également disponible en téléchargement.

 

 

Informations pratiques

Du 14 février au 13 mai 2012, le château de Versailles présente l'exposition Les Guerres de Napoléon. Louis François Lejeune, général et peintre dans les salles d'Afrique et de Crimée.

Horaires d'ouverture


L'exposition est ouverte tous les jours, sauf le lundi.

Du 14 février au 31 mars 2012, ouverture de 9h à 17h30 (dernière admission à 17h).
Du 1er avril au 13 mai 2012, ouverture de 9h à 18h30 (dernière admission à 18h).


Tarifs


L'exposition est accessible avec un billet Passeport ou un billet Château. L'audioguide est inclus dans le billet.

Pour consulter la liste détaillée des bénéficiaires de la gratuité, cliquez ici.

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Accès


L'accès se fait par l'entrée principale du Château.