Frans Xaver Winterhalter Allemagne, 1805 – Francfort, 1873

© Château de Versailles, Dist. RMN / © Jean-Marc Manaï

Plus qu’ailleurs, c’est à Versailles que l’on peut voir la première production parisienne du peintre Frans Xaver Winterhalter, sous la monarchie de Juillet, avec l’ensemble des portraits du roi Louis-Philippe et de sa famille, réalisés entre 1839 et 1848. On y trouve également quelques beaux portraits offerts au roi des Français : celui du roi Léopold des Belges, de 1840, et ceux de la reine Victoria et du prince Albert, de 1842.

Formation

Originaire de la Forêt-Noire, dans le Grand-Duché de Bade, Winterhalter se forme dès 1818 à Fribourg, au dessin et la gravure, avant de gagner en 1823 Munich où il est l’élève du portraitiste Joseph Karl Stieler (1781-1858). Il bénéficie de la protection et du soutien des grands-ducs de Bade pour ses études, ainsi que pour un séjour en Italie en 1832-1834.

Louis-Philippe Ier, roi des Français et la Charte de 1830
Winterhalter, Franz-Xaver
1839

© Château de Versailles, Dist. RMN / © Christophe Fouin


Portraitiste

Rentré à Karlsruhe à l’été 1834, il part dès décembre pour Paris, où il doit résider jusqu’à la chute du Second Empire, en 1870, avec une interruption au moment de la révolution de 1848.

Découvert par la famille royale en 1838, il devient le portraitiste qu’elle attend, successeur de Gérard, Gros, Lefèvre, Hersent, etc. La consécration lui vient en 1839 avec la commande du portrait officiel de Louis-Philippe 1er, et ceux de toute sa famille dans les années suivantes. Mis en relation avec la famille royale britannique, par l’intermédiaire de la fille aînée du roi des Français, Louise d’Orléans, reine des Belges, il devient aussi le portraitiste préféré de la reine Victoria, auprès de laquelle il séjourne chaque année, pendant une vingtaine d’années.

Eugénie-Adélaïde-Louise d'Orléans, Mademoiselle de Chartres dite Madame Adélaïde
Winterhalter, Franz-Xaver
1842

© Château de Versailles, Dist. RMN / © Christophe Fouin

Ayant quitté Paris au moment de la révolution de 1848, il y revient très vite et devient aussi l’un des portraitistes favoris du Second Empire, peignant à de nombreuses reprises l’impératrice Eugénie, dont il fait un célèbre portrait, avec ses dames, en 1855 (château de Compiègne).

Au cours de sa longue et riche carrière, il peint également le roi et la reine des Belges, Léopold Ier et Louise, la reine d’Espagne, Isabelle II, les souverains autrichiens, François-Joseph et Elisabeth – Sissi – en 1865, et de nombreuses personnalités de l’Europe royale, princière, aristocratique et bourgeoise fortunée. Après la chute du Second Empire, il regagne l’Allemagne et s’installe à Francfort, où il s’éteint en 1873.

Victoria Ière, reine de Grande Bretagne
Winterhalter, Franz-Xaver
1842

© RMN (Château de Versailles) / © Gérard Blot


 Hermann et albert Grâfle

Pour répondre à une clientèle très vaste et exigeante, Winterhalter disposait d’un atelier important où il travaillait en étroite collaboration avec son frère cadet, Hermann (1806-1891), et son ami Albert Gräfle (1807-1889).

Les œuvres de l'artiste