Madame de Polignac La confidente de la reine Marie-Antoinette (1749-1793)

Dotée d’un physique charmant et de l’esprit « le plus attrayant et le plus solide », Yolande de Polastron est mariée en 1767 au comte Jules de Polignac, neveu de « Madame Étiquette ». Elle rencontre pour la première fois la dauphine Marie-Antoinette à Versailles, en 1770, à l’occasion de son mariage.

De nature vive et joyeuse, Madame de Polignac séduit Marie-Antoinette qui conçoit pour elle une profonde amitié à partir de 1774. Elle entre dans le cercle des intimes de la reine avec qui celle-ci délaisse le protocole de l’Étiquette et s’isole volontiers de la Cour dans son château du Petit Trianon. Un tableau de la portraitiste officielle de la reine, Élisabeth Vigée Le Brun, représente Madame de Polignac vêtue d’une chemise de gaulle, tissu léger et aérien, et coiffée d’un chapeau fleuri, témoignage de la vie insouciante et simple adoptée à Trianon.

Madame de Polignac reçoit le titre de duchesse en 1780 et, à l’étonnement de la Cour, la charge de gouvernante des Enfants de France en 1782, jusqu’alors tenue de mère en fille par une grande famille. Elle quitte alors son appartement, considéré comme le « plus beau logement de Versailles » parmi ceux mis à la disposition de la Cour, pour rejoindre l’appartement des gouvernantes où elle fait entreprendre des travaux d’aménagement.

La Révolution de 1789 la contraint à l’exil. Victime des libelles qui reprochent notamment à la reine et son cercle d’importantes dépenses, elle quitte Marie-Antoinette avec un profond chagrin, mais continue à correspondre avec elle depuis la Suisse, l’Italie puis l’Autriche. Marie-Antoinette souffre également de l’absence de sa grande amie : « Adieu la plus tendre des amies ; le mot est affreux, mais il le faut ; je n’ai que la force de vous embrasser », lui écrit-elle. La duchesse de Polignac meurt à Vienne le 5 décembre 1793, cinquante jours après la reine.